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Chapitre XIII

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P. 371, 1. 16. Pnrcehimtir). «Nous nous éloignons du port, et les terres et les villes reculent. » (Virgile, Hnéidi, III, 72.) La fin de ce vers, «terraeque urbesque rccedunt», est citée chez Sénèque, épître 70, dans un passage où Sénèque compare la vie à une navigation. D'ailleurs la citation n'est que de 1588, et dès 1580 l'image était exprimée en français. Elle est peut-être un souvenir de Lucrèce, IV, 390, qui la mentionne parmi ces illusions des sens auxquelles Montaigne s'intéresse dans l'essai II, xii; au même titre on la retrouve chez Cicéron, Académiques , II, \xv, dans Sextus Empiricus, Hypotyposes, I, xiv (Quatrième moyen de l'époque), etc. Cf. encore Bodin, Mcthodus ad facilem hisiorianiin cognitionein (vu, à la fin), qui l'applique non pas aux illusions des mourants mais à celles des vieillards, et Le Rov, Vicissitudes, f" m V, qui semble copier Bodin ; tous deux l'ont trouvée d'ailleurs dans le Cortegiaiio de Castiglione.

P. 372, 1. 4. Jamqiw). « Secouant la tête, le vieux laboureur soupire; il compare le présent avec le passé, vante sans cesse le bonheur de son père et n'a autre chose à la bouche que la piété des anciens temps.» (Lucrèce, II, 1165.) Le texte est celui de l'édition Lambin, p. 187.

P. 372, 1. II. Tôt dira iininii capitl). «Tant de dieux empressés autour d'un seul homme.» (Sénèque, Siiasmiœ, I, iv.)

P. 372, 1. 21. Italiam si). « Au défaut du ciel, qui te refuse le rivage de l'Italie, vogues-}' sous mes auspices. Si tu as peur, c'est que tu ignores qui tu conduis. Lance-toi sans crainte à travers les tempêtes,

aie confiance en ma protection. » (Lucain, \', 579.) Toutes les éditions du xvi'^ siècle que j'ai consultées portent « tutela secure mea»; sur les autres points elles sont d'accord avec la leçon de Montaigne.

P. 372, 1. 26. Ci'cdit jaiii). «César reconnaît enfin des périls dignes de lui. «Quoi! dit-il, les immortels ont besoin de tant d'efforts pour perdre César! ils attaquent de toute la fureur des mers le frêle esquif où je suis assis.» (/</., V, 653.) Le texte est celui des éditions du wi' siècle.

P. 375, 1. 3. IIlc ctiaiii). «Lui aussi, à la mort de César, ému de compassion pour Rome, couvrit son front brillant d'un voile de deuil. » (Virgile, Géorgiqitcs, I, 466.)

P. 573, 1. 7. Xon tank) avlo). « Il n'y a pas une si grande alliance entre le ciel et nous qu'à notre mort les astres doivent s'éteindre. » (Pline, Histoire natiirdle, II, vin.)

P. 373, 1. 17. Ce cruel Empereur). Comme l'a remarqué Coste, il y a ici une légère confusion. C'est Caligula (Suétone, Vie de CaViguJa, xxx) qui voulait faire sentir la mort à ses condamnés; et c'est Tibère (Suétone, Vie de Tibère, lxi), quand Carvilius se fut tué, qui s'écria : « Carvilius me evasit. » Montaigne cite sans doute de mémoire, car ces faits sont vulgarisés dans toutes les dissertations du temps sur la cruauté et sur la clémence.

P. 373, 1. 22. Vidiiuus). « Xous l'avons vu ce corps, qui, tout couvert de plaies, n'avait pas encore reçu le coup mortel, et dont on ménageait la vie expirante, par un excès inouï de cruauté. » (Lucain, IV, 178.)

ESSAIS DE MONTAIGNE

P. 374, 1. 6. Avoit fait bastir). Cf. Lampride, Vie d'Héliogabale : « Paraverat funes blatà & serico & cocco intortos, quibus, si necesse esset, laqueo vitam iînirct. Paraverat & gladios aureos quibus se occideret. Paraverat & in cerauneis & hj-acinthis & in smaragdis venena quibus se interimeret. — Fecerat & altissimam turrim substratis aureis gemmatisque antè tabulis, ex quà se prscipitaret, dicens, etiam mortem suam pretiosum esse debere. » (xxxiii.)

P. 374, 1. 13. Impiger). «Courageux et vaillant par nécessité. » (Lucain, IV, 798.)

P. 374, 1. 22. Aux guerres civiles de Cxsar). Cf. Plutarque, Vie de César : «Cssar... alla camper devant la ville de Corfinium, dedans laquelle estoit Domitius avec trente enseignes : lequel se voyant assiégé, cuida incontinent estre perdu, & désespérant de son faict, demanda à un sien esclave, que estoit médecin, de poison. Le médecin luy bailla un breuvage, qu'il beut, pensant bien en mourir : mais tantost après ovant racompter comme Cassar usoit d'une mer\-eilleuse clémence &; humanité envers ceulx qu'il prenoit, il se repentit d'avoir beu le breuvage, & commencea à se lamenter, & à regretter le trop téméraire conseil. qu'il avoit pris.» (x, f° 504 r°.) Au lieu de la Prusse il faut lire l'Abruzze. Montaigne écrit Brusse, dans le Journal de voyage, p. 294.

P. 374, 1. 28. Urgnlania). Cf. Tacite, Annales : « Urgulania Silvani avia pugionem nepoti misit... Reus frustra tentato ferro, venas prsbuit exsolvendas. » (IV, XXII, 123.)

P. 374, 1. 30. Alhicilla). Id., ihid., VI, XLVni.

P. 375, 1. i. Le Capitaine Demosthenes). Cf. Plutarque, Vie de Nicias, x, f° 379 v°.

P. 375, 1. 2. C. Fimhria). Cf. Appicn, De Ivllo Mithridafico, p. 21, édition Estienne.

P. 375, 1. 3. Ostorius). Cf. Tacite, Annales : «Hactenus manu servi usus ut immotum pugionem extolleret, adpressit dextram ejus jugulôque occurrit. » (XVI, XV, 324.)

P. 375, 1. 8. L'Empereur Adrianus). Cf. Xiphilin, Vie d'Adrien, vers la fin.

P. 375, 1. 10. Pourquoy Cxsar). Cf. Suétone, Vie de César, lxxxvii, et Plutarque, Les dicts notables des anciens Rovs..., f° 20S V.

P. 375, 1. 14. Dit Pline). Dans son Histoire naturelle : « Mortes repentinœ, hoc est summa vit.-e félicitas. » (MI, LUI.)

P. 375, 1. 21. Emori nolo). « Je ne veux pas mourir, mais être mort me serait indifférent. » (Cicéron, Tusculanes, I, viii.) C'est la traduction d'un vers d'Epicharme.

P. 375, 1. 22. J'ay expérimenté). Cf. l'essai II, vi.

P. 375, 1. 25. Il n'y a rien). Rapprocher Xénophon, Mémorables, IV, viii.

P. 376, 1. 3. Ce Pomponius Atticus). Cornélius Nepos, dans la Vie d' Atticus, xxii.

P. 37e, 1. 22. Du philosofe Cleanthes). Cf. Diogène Laërce, Vie de Cleanthe : « Tumuit illi ac putruit gingiva, medicis autem intercedentibus, biduum totum cibo abstinuit, atque intantum convaluit, ut medici illi omnes consueta permitterent. Ea illum licentia minime usum fuisse, sed & contra sine cibo perstitisse dicentem iter jam sibi confectum esse, atque inedia consumptum exhalasse animam. » (VII, CLxxvi, 50e.)

P- 3773 1- 3- Tullius Marcelliniis). Cf. Sénèque, Épitres : «Tullius Marcellinus... adolescens quietus & cito senex, morbo, & non insanabili correptus, sed longo & molesto & multa imperante, cœpit deliberare de morte : convocavit plures amicos : unusquisque aut quia timidus erat, id illi suadebat, quod sibi suasisset : aut quia adulator & blandus, id consilium dabat, quod delibeianti gratius fore suspicabatur. Amicus noster Stoicus... videtur mihi optime illum cohortatus, sic enim cœpit. Noli, mi Marcelline, torqueri, tanquam de re magna délibères. Non est res magna vivere, omnes ser\i tui vivunt, omnia animalia. Magnum est honeste mori, prudenter, fortiter. Cogita quàm diu jam idem facias. Cibus, somnus, libido. Per hune circulum curritur, mori velle non tantum prudens, & fortis aut miser, sed etiam fastidiosus potest. Non opus erat suasore illi, sed adjutore. Scr\i parère nolebant. Primum detra.xit illis metum, et indicavit tune familiam periculum adiré, cum incertum esset, an mors domini voluntaria fuisset alioquin tam mali exemplo esset prohibere dominum, quàm occidere. Deinde ipsum Marcellini admonuit non esse inhumanum, quemadmodum cœna peracta reliquicE circumstantibus dividuntur, sic peracta vita

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