II, LXXXIII
P. 2, 1. 4. Il fit responce). Id., ibid. : «Non fraude, neque occultis, sed palam et armatum, populum romanum hostes suos ulcisci. » (II, LXXXiii.)
P. 2, 1. 21. Suave, mari magno). «Il est doux, pendant la tempête, quand les vents bouleversent les flots, d'assister du rivage aux rudes épreuves d'autrui.» (Lucrèce, II, i.)
P. 3, 1. 17. Que j'ay eu à négocier). Peut-être Montaigne fait-il allusion ici à des négociations entre le duc de Guise et le roi de Navarre dont il fut chargé vers 1572, au temps où Henri de Navarre était à la cour du roi de France (voir ci-dessus le passage des Mémoires de De Thou, cité p. 214, col. 2, note de la page 14e, 1. 20); mais peut-être s'agit-il aussi de négociations plus récentes qui lui auraient été confiées vers 1584 ou 1585, au temps où après la rupture de la paix de Fleix, les hostilités venaient de reprendre entre la Ligue et le parti protestant. Les biographes de Montaigne, A. Gmn et
M. Paul Bonnefon (^Montaigne, Vhomnie et l'œuvre, p. 438), donnent la préférence à cette seconde hypothèse. La correspondance que Montaigne entretenait en 1585 avec le maréchal de Matignon, lieutenant général du roi en Guyenne, est en effet de nature à la rendre très vraisemblable. On sait que dans le même temps Montaigne correspondait avec Duplessis- Mornay, et que le roi de Navarre était venu le visiter dans son château à la fin de l'année 1584.
P. 4, 1. 3. La responce de Hippcridcs). Cf. Plutarque, Comment on pourra discerner le flatteur d'avec l'amy : « Car ainsi comme Hyperides l'orateur disoit aux Athéniens, qui se plaignoient de luy qu'il estoit trop aspre & trop rude, qu'ils considérassent non seulement s'il estoit aspre, mais s'il l'estoit sans rien prendre. » (xxvi, f" 5 1 r°.)
P. 4, 1. 26. Jnsques au feu). Cf. Rabelais qui fut dire à Panurge : «Je le maintiens jusques au feu exclusivement. » (III, m.) 0n trouvera encore le même mot chez Rabelais, III, vu, et dans les Prologues des livres II et IV. Sur sdn interprétation, voir un article de G.-H. Monod, « La lâcheté de Montaigne» (Revue de la Renaissance, 19 10, p. 87).
P. 5, 1. 4. Atticus). Cf. Cornélius Népos, Vie d'Alticus, VI.
P. 5, 1. 13. Ea non média). «Cela, ce n'est pas
ESSAIS DE MONTAIGNE
prendre un chemin mitoyen, c'est n'en prendre aucun; c'est attendre l'événement pour passer du côté de la fortune. » (Tite-Llve, XXXII, xxi.) Montaigne généralise la pensée de Tite-Live et transforme en conséquence la phrase que voici : « Ea non média, sed nulla via est : etenim prœterquam quôd aut accipienda, aut aspernanda vobis Romana societas est : quid aliud quàm nusquam gratia stabili, velut qui eventum expectaverimus, ut fortuna; applicaremus nostra consilia ? »
P. 5. 1. 15. Gehn). Cf. Hérodote, VII, clxiii; t. II, f" 107 v°.
P. é, 1. I. Sieitr de Morvilliers). Jean de Morviiliers, évêque d'Orléans, garde des sceaux en 1568, évêque ambassadeur à Venise, né à Blois en 1506, mort en 1577, prit part au traité de Cateau-Cambraisis et au concile de Trente. Catholique, il semble avoir montré beaucoup de modération envers les protestants. On peut voir ce que de Thou dit de son caractère indécis (^Histoire de son temps, VI, 359).
P. G, 1. 8. Querelle particulière) Rapprocher ce que Montaigne dit à ce sujet dans l'essai I, xxxix, p. 314.
P. 7, 1. 2. // vous lient). On trouve la même idée chez Rabelais : « Posez que de la trahison les ennemis se servent à leur profit, si ont ilz tousjours les meschants et traistres en abomination. » (I, xlvii.) Elle est encore chez Plutarque, Vie de Romiilus, etc.
P. 7, 1. 16. Coiiie faict le vin). Cf. l'essai II, 11, p. II, 1. 21, où Montaigne a insisté sur cet effet de l'ivresse.
P. 7, 1. 18. Philippidcs). Cf. Plutarque, De la curiosité : « Philippides le joueur de Comœdies respondit un jour bien sagement au Roy Lysimachus qui luy disoit, Que veulx-tu que je te communique de mes biens, Philippides ? Ce qu'il vous plaira. Sire, dit-il, prouveu que ce ne soit point de voz secrets. » (iv, f" 64 v°.)
P. 8, 1. 3. De la raison). Rapprocher ce que Montaigne dit dans l'essai I, xxvi, p. 201, 1. 15.
P. 8, 1. 15. Aucnnewent de mon (;ibier). Xo'w une semblable déclaration dans l'essai III, ix.
P. 9, 1. II. Asne d'Esope). Cf. Esope; éd. de Lyon 1554, p. 87; éd. de Florence 1809, ftble 293; imitée par La Fontaine, IV, v.
P. 9, 1. 15. /(/ maxime qucnquc). « Ce qui nous sied le mieux c'est ce qui nous est le plus naturel. » (Cicéron, De officiis, I, xxxi.) Le texte est celui de l'édition de Paris 1538.
P. 9, 1. 23. Veri juris geruianœquc). «Nous n'avons point de modèle solide et positif d'un véritable droit et d'une justice parfaite; nous n'en avons qu'une ombre, qu'une image. » (Cicéron, De officiis, III, xvii.)
P. 9, 1. 25. Le sage Dandamys). Cf. Plutarque, Vie d' Alexandre : « Dandamis luv respondit plus gracieusement : & l'aïant ouy compter quelz hommes avoient esté Socrates, Pythagoras & Diogenes, il dit que ces personnages là luy sembloient avoir esté bien nez & de bon entendement, mais qu'ilz avoient trop révéré les loix en leur vie : toutefois les autres escrivent que Dandamis ne dit autre chose, sinon qu'il demanda pour quelle cause Alexandre avoit fait un si long chemin, que d'estre venu jusques aux Indes. » (xx, î" 488 v°.)
P. 10, 1. 2. Ex senatus-consultis). «Il est des crimes autorisés par les sénatus-consultes et les plébiscites. » (Sénèque, ép. 95.) Toutes les éditions que j'ai consultées portent sœva au lieu de scelera.
P. 10, 1. 7. Deux pretendans). Rhescuporis et Cotys : le premier frère de Rhaemétalcès, roi de Thrace, l'autre son fils (Tacite, Annales, II, lxiv). Ce fut Tibère qui les empêcha d'en venir aux armes (W-, ihid., II, LXV).
P. 10, 1. 12. Emprisonner). Id., ibid. : « Rhescuporis sanciendo, ut dictitabat, fœderi convivium adjicit, tractaque in multam noctem Lïtitia per epulas ac vinolentiam. incautum Cotyn et, postquam dolum intellexerat, sacra regni, ejusdem familiœ deos et hospitales mensas obtestantem catenis onerat. » (II, LXV.) La mort de Cotys est rapportée au chapitre lxvi, et la trahison de Pomponius Flaccus au chapitre lxvii.
P. 10, 1. 16. A (]uo\ se trouva propre). Id., ihid., II,
P. 10, 1. 21. La puisante expérience). J'ignore à quel événement Montaigne fait allusion. Quelques-uns des correspondants du docteur Payen ont proposé Je voir dans ces paroles un souvenir de la mort d'Henri de Guise, assassiné à Blois par l'ordre du roi de France (23 décembre 1588), ou encore de la