‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 368 sur 449 · LIVRE m, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE I

mort de Marie Stuart (février 1587). Mais, outre qu'en ce qui concerne Henri de Guise les dates font J-ificulté — car il est probable qu'en décembre 1588, l'impression des Essais était terminée, — je ne vois pas que la phrase de Montaigne puisse être interprétée comme faisant allusion à aucun de ces deux événements. Il parle en effet manifestement d'une tentative de trahison, entreprise contre un traître et qui a échoué au grand détriment des intérêts publics.

P. II, 1. 2. Les Laccdcinoiiiens). Cf. Plutarque, Comment on pourra discerner h flatteur d'avec l'aniy : « Tout ainsi doncques comme les Laceda^moniens aians esté deffaicts en bataille par Antipater, & traittans de paix avec luy, le prioient de leur commander tant qu'il voudroit de charges dommageables, mais de honteuses nulle. » (xxi, f° 49 r°.)

P. II, 1. 6. Chacun doit avoir). Id., Les dicts notables des anciens Roys : «Les roys d'./Egypte suivant une anciene ordonnance de leur païs, faisoient jurer les juges, quand ils les installoient en leurs offices, que quand bien le Roy leur commanderoit de juger injustement, ils ne le feroient pas pourtant. »

P. II, 1. 20. La sentence de Fabritius). Entre autres, cf. Plutarque, Les dicts notables des anciens Roys, f° 201 v°.

P. II, 1. 25. Jaropcïc). Cf. Herburt Fulslin, Histoire des roys de Pologne : «Jaropelc... désirant avoir sa revanche sollicita un certain gentilhomme Hongre, homme caut & fin, qui faignant s'enfuir à Boleslaus pour avoir soustenu le party des enfans d'Estienne, devoir adviser l'occasion ou de tuer Boleslaus, ou de faire quelque notable dommage aux Polonois. Cet Hongre feit si bien en peu de temps, par son industrie, beau parler & feincts services, & gaigna tellement l'amitié du duc assez facile de soy-mesme & croyant de légier, qu'il estoit appelé aux conseils des affaires d'Estat, & luy fut donné le gouvernement de Vislicie. Iceluy voyant Boleslaus absent du Royaume... trouvant cette opportunité propre pour exécuter sa trahison : en advertit en diligence Jaropelc & lui mande qu'il ne faille de se trouver le VIII jour de Février devant Vislicie, avec gens bien équipez. L'Hongre adverti de la venue des

Russiens, fait retirer dans la ville tous ceux qui estoyent aux champs es environs avec leurs femmes, enfants, & biens, tant la noblesse que menu peuple, ce qu'ils fièrent volontiers pour estre plus a-ssurez. Les Russiens ne faillirent pas de s'y trouver au jour assigné : ils feurent reçeus de nuict, dans la ville, mirent à mon tout ce qu'ils trouvèrent sans espargner ni aage ni sexe & ayant mis le feu à la ville s'en retournèrent avec le reste du butin, en leurs maisons, emmenant prisonniers tous les plus riches. Jaropelc fit coupner la langue & les parties génitales, & crever les yeux au traistre pour toute sa recompense : & ainsi fut ce traître desloyal justement puni de sa trahison. » (F° 43 r°.)

P. 12, 1. 14. Antigonus persuada). Cf. Plutarque, Vie d'Eunienes : « Antigonus feit responce, que non seulement il rendroit les biens aux Argyraspides, mais que encore en toute autre chose il les traitteroit le plus gracieusement qu'il pourroit, moiennant qu'ilz luy rendissent Eumenes entre ses mains : & alors ces Argj'raspides prirent une très malheureuse & meschante resolution de le livrer vif entre les mains de ses mortelz ennemis... Quoy entendant Antigonus, y envoya Nicanor pour le prendre d'entre leurs mains, & le luy amener... Finablement quand Antigonus eut arresté de le faire mourir, il ordonna que Ion ne luy baillast plus à manger : & fut ainsi deux ou trois jours que Ion le menoit à sa fin, en luy ostant le boire & le manger : mais il survint quelques nouvelles pour lesquelles il fallut que le camp deslogeast soudainement, à l'occasion dequoy avant que partir on envoya un homme qui l'acheva de tuer... Ayant Eumenes finy ses jours en ceste maniera, les Dieux n'establirent autres commissaires pour venger la desloyaullé des Argyraspides & de leurs capitaines qui l'avoient trahy, que Antigonus mesme, lequel les abominant comme cruelz meurtriers, desloyaux &. perjures aux hommes & aux Dieux, les consigna à Ibyrtius gouverneur de la province de Arachosie, luy donnant très exprès mandement de les perdre & mettre tous à maie fin en quelque manière que ce fust, tellement que nul d'eulx ne retournas! jamais en la Macédoine, ny ne veist la mer de la Grèce. » (ix, f° 416 v°.)

ESSAIS DE MONTAIGNE

P. 12, 1. 24. Ueschva). Cf. !"£/)// t)wr du XXVIMivre de Tite-Live par Florus {Epilonie que Montaigne trouvait certainement dans son édition de Tite-Live) : « P. Sulpiciis quum in quadam villa lateret, indicio servi sui retractus, & occisus est, servus, ut prcemium promissi indicii haberet, manumissus est, & obscelus domini proditi de saxo dejectus est.» Le même fait est relaté chez Valère Ma.xime, \I, \, 7, mais certainement ce n'est pas par l'intermédiaire de A'alère Maxime que Montaigne l'a connu.

P. 12, 1. 28. Makmiet second). Cf. Lavardin, Histoire de Scanderherg : « Deux enfans se trouvèrent, l'un appelé Tursines, aagé de dix-huict mois; l'autre Calepin. Le premier fut par le Bassa Moïse suffoqué à force d'eau, par l'exprès commandement de Mahomet : lequel sans fléchir des yeux, assista à si exécrable spectacle. Et ainsi que la mère de l'enfant, détestant avec urlemens et cris horribles, entremeslez de continuelles pleurs, cest acte inhumain, donnoit mille malédictions à l'autheur là présent : le Tyran, pour appaiser sa belle mère, luy livra entre mains, en expiation du parricide, celuy qui l'avoit commis : auquel, de rage, elle transperça d'un couteau, le cueur devant Mahomet, et luy fouillant dedans le corps ouvert, le luy arracha, et le jetta aux chiens. » (F° 253 v°.) Rapprocher aussi Chalcondyle : «Il fit estouffer son frère avec de l'eau qu'on luy versa tout à coup et en quantité dans la gorge. » (VH, xi, 495.)

P. 13, 1. 7. Nostre Roy Clms). Cf. Du Raillant^ Histoire des rois de France : « Ledit Cannacare, et ses frères et enfiins furent livrez entre les mains de Clovis, par trois de leurs scn-iteurs, qui luy avoient promis de luy livrer Cannacare, et ses frères et enfans, à la charge que Clovis leur donneroit à chacun un corcellet d'or : ce que Clovis leur promit, mais ayant receu le fruict de leur trahison, il leur envoya des corcellets de cuivre ou d'airain un peu dorez. Eux se plaignans de n'estre recompensez de leur juste sallaire, Clovis les fit pendre, pour donner exemple à tous autres de ne trahir leurs Princes... » (F" 42.)

P. i},\. 2^. La fiUe à Seyanus). Cf. Tacite, /^hha/m : «Quia triumvirali supplicio affici virginem inauditum habebatur, a carnifice, laqueum juxta, compressam.» (V, IX.)

P. 14, 1. I. Onant le premier Amnraî). Cf. Chalcondyle : « Il commanda aux pères des Grecs qui s'estoient rebellez contre luy, & en défaut d'eux, aux autres parens les plus proches, de les massacrer en sa présence de leur propre main : à quoy ils obtempérèrent tous, hormis deux tant seulement lesquels abhominans l'horreur de ce parricide, eurent plus cher mourir eux-mesmes, que de se souiller les mains en leur propre sang; aussi furent ils sur le champ mis à mort avec leurs enfans. » (I, x, 59.)

P. 14, 1. 9. On dict que Viiitolde). Coste indique comme source de ce passage : Cromer, de Rebiis Polon., lib. XVI; mais je ne crois pas que l'allusion de Montaigne renvoie à cet ouvrage.

P. 14, 1. 20. Sed vident). «Mais qu'il se garde bien de chercher des prétextes à son parjure. » (Cicéron, De ojjiciis, III, xxix.)

P. 15, 1. 17. Tinioleon). Cf. une allusion au même fait dans l'essai I, xxxviii, p. 308, 1. 25.

P. 15, I. 26. Il y députa). Cf. Diodore de Sicile : « Le sénat fut d'advis d'envoyer Timoleon à Syracuse, et... luy proposèrent de bien estranges et bien nouvelles conditions : car ilz luv déclarèrent, que s'il se portoit bien au gouvernement des S5Tacusains, ilz prononceoient des Ihors par leur arrest qu'il avoit tué un tyran : et au contraire s'il s'y portoit avaricieusement, ilz le jugeoient et condamnoient comme parricide ayant occis son propre frère. » (XVI, XXIX, f" 245 r°.)

P. 16, 1. II. Certeines cites s'estoint). Cf. Cicéron, De officiis : « Non igitur utilis illa L. Philippi Q. F. sententia, quas civitates L. Sylla pecunia accepta S. C. liberavisset, ut ère rursus vectigales essent : neque his pecuniam, quam pro libeilate dederant, redderemus ei Senatus est assensus turpe imperio. » (III, xxii; t. IV, p. 388.) ■

P. 16, 1. 24. On a tort). C'est probablement Cicéron que Montaigne critique ici. Voir deux passages du De officiis, I, x, et III, xxix, où il soutient l'opinion contraire à celle de Montaigne. Il faut rappeler en outre les théories de Machiavel sur ce sujet {Le Prince, xviii), que Montaigne a déjà combattues longuement dans l'essai II, xvii. Le concile de Constance avait proclamé qu'on n'était pas tenu de

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