‹ Les Essais de Michel de MontaigneChapitre 373 sur 449 · DE LA DIVERSION · texte numérisé non relu

DE LA DIVERSION

P. 56, TITRE. On remarquera combien la méthode morale exposée dans cet essai en vue de purger les passions diffère de celle que Montaigne semble s'être d'abord proposée. Gf. les essais I, xiv, I, xx, etc. En lisant les Tiisculancs, III, xxxi, et III, xxxii, on verra que cette méthode est très voisine de celle d'Epicure, et que Montaigne, en la prêchant, se sépare non seulement de la méthode des stoïciens, mais même de celle des péripatéticiens que préconise Cicéron.

P. 56, 1. 3. Uherihus semper). «Une femme tient toujours en réserve des larmes abondantes toujours prêtes à couler, et -qui n'attendent qu'un signal de sa part. » (Juvénal, vi, 272.)

P. 57, 1. 8. Corne Cleanthcs). Cf. Cicéron, Tiisculancs : « Sunt qui unum officium consolantis putent, malum illud omnino non esse, ut Cleanthi placet. Sunt qui non magnum malum, ut Peripatetici. Sunt qui abducunt à malis ad bona, ut Epicurus. Sunt qui satis putant ostendere nihil inopinati accidisse, nihil mali. Chr3'sippus autem caput esse censet in consolando detrahere illam opinionem mœrenti, se oflîcio fungi pulet justo atque debito. Sunt etiam qui haec omnia gênera consolandi colligunt : alius enim alio modo movetur, ut ferè nos omnia in consolationem unam conjecimus. » (III, xxxi; t. W, p. 152.)

P. 57, 1. 19. AiUeurs). Allusion à l'essai II, xxxiii. Voir en particulier la fin de cet essai.

P. 57, 1. 20. L'usage des viiliteres). Il y a peut-être ici chez Montaigne, qui ne semble pas lire Plutarque entre 1588 et 1592, une réminiscence imprécise du

passage de la Vie de Pcn'clès que voici : « Et pourtant Pericles relaschant encore plus alors la bride au peuple, faisoit toutes choses pour luy aggreer & complaire, donnant ordre qu'il y eust tousjours en la ville quelques jeux, quelques festes, banquets &: passetemps publiques, pour entretenir la commune de telz plaisirs honnestes : &; oultre cela, il envoyoit tous les ans à la guerre une armée de soixante galères, sur lesquelles y avoir bon nombre de pauvres citoiens, qui neuf mois de l'an durant prenoient soude du public, & quand & quand s'apprenoient & s'exercitoient à l'expérience de la marine. D'avantage il envoya au pais de la Cherronese mille bourgeois pour y habiter, & departer les terres entre eulx, cinq cents en l'isle de Naxe, en celle d'Andros deux cents cinquante, en la Thrace mille, pour habiter avec les Bisaltes, & d'autres en Italie quand la cité de Sybaris fut rebastie, qui depuis fut surnommée la ville des Thuriens : ce qu'il faisoit pour descharger la ville d'une multitude oisive, qui pour son oisiveté estoit curieuse & désireuse de choses nouvelles, & aussi pour prouveoir à la nécessité des pauvres bourgeois qui n'avoient rien, avec ce que en logeant ainsi des naturelz citoiens d'Athènes auprès de leurs subjects ou alliez, ce leur estoit comme une garnison qui les tenoit en bride, «Se les gardoit d'attenter aucune nouvelleté. » (xxii, f" 108 r°.)

P. 57, 1. 23. Le Sieur de Hiinbercourl). Cf. Commines. Mémoires, II, m.

P. 58, 1. 31. Obstupuil virgo). «La jeune fille est saisie d'étonnement, et, séduite par le fruit brillant, elle se détourne de sa course et ramasse l'or qui

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