LIVRE III, CHAPITRE IV
roule à ses pieds. » (Ovide, Mctaiiwrpboses, X, 666.') C'est sans doute d'Ovide que Montaigne a pris tout ce conte.
P. 59, I. 7. Ahdiicendus). «Il faut même parfois détourner l'âme vers d'autres goûts, d'autres préoccupations, d'autres soins, d'autres travaux; souvent même on doit essayer de la guérir par le changement de lieu, comme les malades qui ne sauraient autrement recouvrer la santé. » (Cicéron, Tusculanes, IV, XXXV.) Le texte est celui de l'édition de Paris 1538.
P. 59, 1. 18. Les disciples de Hegesias). Cf. Cicéron, Tusculanes : « Hoc quidem à Cyrenaico Hegesia sic copiose disputatur, ut is à Rege Ptolemœo prohibitus esse dicatur illa in scholis dicere, quo multi his auditis mortem sibiipsi consciscerent. » (I, xxxiv; t. I\', p. 121.) Cf. aussi Valère Maxime, VIII, ix, ext. 3.
P. éo, 1. 7. Siibrius Flavius). Cf. Tacite, Annales : « Is proximo in agro scrobem eftbdi jussit, quem Flavius ut humilem & angustum increpans, circumstantibus militibus : Ne hoc quidem, inquit, ex disciplina; admonitus fortiter protenderc cervicem : Utinam, ait, tu tam fortiter ferias. Et ille multuni tremens, cùni vix duobus ictihus caput amputavisset... » (XV, Lxvii, 313.)
P. éo, 1. 25. Pour L. Syllanus). Id., ibid. : « A centurione ad cxdem misso corripitur. Suadentique venas abrumpere, animum quidem morti destinatum ait, sed non permittere percussori gloriam ministerii. At centurio quanivis inermem, prievalidum tamen & ira; quàm timori propiorem cernens, premi à militibus jubet. Nec omisir Silanus obniti, <Sc intendere ictus quantum manibus nudis valebat, donec à centurione vulneribus adversis tanquam in pugna caderet.» (XVI, IX, 321.)
P. 61, 1. 8. Spcro). «J'espère, pour moi, que, si les dieux justes ont quelque pouvoir, tu trouveras ton supplice parmi les écueils et qu'en expirant tu invoqueras le nom de Didon... Je le saurai : le bruit en viendra jusqu'à moi dans le séjour des mânes. » (Virgile, Enéide, IV, 382, 387.)
P. éi, 1. 12. Xenophon). Cf. Diogène Laërce, Vie de Xénoplion : « Porrô Grj-llus... dimicans (erat autem ea pugna circa Mantineam) honesta morte
defungitur... Fertur Xenophon tune coronatus sacrificasse, & cùm filium cormisse didicisset coronam deposuisse : ubi verô acriter pugnantem oppetisse comperit, eam rursus capiti imposuisse. » (II, liv, 129.) Cf. aussi Valère Maxime, IV, x, ext. 2; Stobée, sermo 7, et sermo 106.
P. 61, 1. 16. Epicurus). Cf. Diogène Laërce, Vie d'Epicurc, X, xxii, et Cicéron, De finibus, II, xxx. En 1580, Montaigne avait cité d'après Cicéron la lettre à Hermachus à laquelle il fait ici allusion. Cf l'essai II, xvi.
P. éi, 1. 17. Oniues clari). «Tous les travaux accompagnés de gloire et de réputation sont faciles à supporter. » (Cicéron, Tusculanes, II, xxiv.)
P. 61, 1. 17. Et la inesme plaie). Id., ibid. : « Semper Aphricanus Socraticum Xenophontem in manibus habehat, cujus in primis laudabat illud quod diceret, eosdem labores non esse ceque graves Imperatori & militi, quod ipse honos laborem leviorem faceret imperatorium. » (II, xxvi; t. IV, p. 138.)
P. 61, 1. 19. Epaniinondas). Id., ibid. : «Num tum ingemuisse Epaminondam putas, cum una cum sanguine vitam effluere sentiret? Imperantem enim patriam Laceda;moniis relinquebat, quam acceperat servientem. » (II, xxiv.)
P. éi, 1. 20. Hœc sunt solatia). «Voilà les consolations, voilà les calmants des plus grandes douleurs. » (Id. ibid., II, XXIV.)
P. 62, 1. I. Nul mal). Cf. Sénèque, Épîtres : «Libet... ridere ineptias Graecas. Zeno noster hac collectione utitur. Nullum malum gloriosum est, mors autem gloriosa est, mors ergo non est malum.» (Ép. 82, p. 188.)
P. 62, 1. 2. Nul ne fie). Id., ibid. : « Vult nos ab ebrietate deterrere Zenon, vir maximus, hujus sectje fortissimo ac sanctissima: conditor. Audi ergo quemadmodum coUigit, virum bonum non futurum ebrium. Ebrio secretum sermonem nemo committit, viro autem bono committit : ergo vir bonus ebrius non erit. » (Ép. 83, p. 192.)
P. 62, 1. 22. Cum niorosa). « Lorsque vous serez tourmenté par les plus violents désirs. » (Perse, Satires, vi, 73.)
P. 62, 1. 23. Ccnjicito). « Déchargez votre humeur
ESSAIS DE MONTAIGNE
sur le premier objet qui se rencontre. » (Lucrèce, IV, 1062.) Le texte de Lucrèce est :
« Et jdcerc humorem conlectum in corpora quœque. »
P. 62, \. 26. Si non prima). « Si vous ne mêlez à ses premiers coups de nouvelles blessures, et que vous n'effaciez ses premières impressions, en laissant errer vos caprices. » (Lucrèce, IV, 1063.)
P. 63, 1. 20. // n'attrihnoit). Cf. Cicéron, Tnsculaïu's : « Nam neque vetustate minui mala, nec fieri prœmeditata leviora, stultàmque etiam esse meditationem futuri mali, aut fortasse ne futur! quidem. » (III, xv; t. IV, p. 144.)
P. 63, 1. 23. Alcibiadcs). Cf. Plutarque, Vie d'Alcibiade : « Il avoit un chien beau & grand à merveilles, qui luy avoit cousté 700 escus, il luy couppa la cueuë, qui estoit la plus belle partie qu'il eust : dequoy ses familiers le tenserent fort, disans qu'il avoit donné à parler à tout le monde. & que chascun le blasmoit fort d'avoir ainsi diffamé un si beau chien. II ne s'en feit que rire & leur dit. C'est tout ce que je demande : car je veux que les Athéniens aillent cacquetant de cela, à fin qu'ilz ne dient rien pis de moy. » (xiv, f" 133 r°.)
P. 64, 1. 12. FoHicuJos). «Comme ces enveloppes légères dont les cigales se dépouillent en été. >> (Lucrèce, V, 801.)
P. 64, 1. 14. Plutarque viesme). Dans la Consolation envoyée à sa femme sur la mort de sa fille : « Oultre l'amour paternelle que Ion a communément envers ses petits enfans, encore y avoit il en elle une pointe particulière qui me la faisoit plus chèrement aimer, c'est qu'elle me donnoit du plaisir sans que j'aperceusse jamais en elle aucune cholere, ny aucune mignardise : car elle avoit une doulceur & bonté naturelle merveilleuse : & ce qu'elle s'efforçoit de monstrer qu'elle aimoit ceulx qui l'aimoient, & s'estudioit de leur complaire, me donnoit du plaisir, & ensemble cognoissance d'une grande debonnaireté que nature avoit mise en elle : car elle prioit sa nourrice de donner la mammelle non seulement aux autres petits enfans qui jouoient avec elle, mais au.ssi aux pouppees & autres jouets d'enfans, dont elle se jouoit, comme faisant part de sa table par humanité,
& communiquant ce qu'elle avoit de plus agréable à ceulx qui luy donnoient plaisir. » (i, f° 256 r°.)
P. 64, 1. 16. La robe de Ciesar). Cf. Plutarque, Vie d'Antonins, iv, î" 634 v°.
P. 64, 1. 27. His se stimulis). « Par ces aiguillons la douleur s'excite elle-même. » (Lucain, II, 42.)
P. 65, 1. 4. Ce bo}i empereur). Tibère. Cf. Suétone, Vie de Tibère, lxii.
P. 65, 1. 20. Polenion). Cf. Diogène Laërce, Vie de Polcmon : « Quin a cane rabioso impeditus dum suram morsu discerperet, ne expalluit quidem... In theatris quoque nulla miseratione movebatur. Nicostrato enim, qui cognominabatur Clytemnestra, poëta quiddam sibi Cratique recitante, illôque in afîectum commiserationis translato, hic ita perseveravit, ac si non audivisset. » (IV, xvii, 25e.)
P. 66, 1. 14. Monsieur de Gramoni). Philibert, comte de Gramont et de Guiche, qui avait épousé en 1567 la belle Corisande d'Andouins, à laquelle Montaigne venait de dédier dans les Essais de 1580 (I, xxix) vingt-neuf sonnets de son ami La Boétie. Le comte de Gramont blessé le 2 août d'une mousquetade mourut quatre jours plus tard.
P. 66, 1. 19. Ouintilian dict). Dans ['Institution oratoire : « Yidi ego scepe histriones atque comœdos, cùm ex aliquo graviore actu personam deposuissent, flentes adhuc egredi... Quibus ipse, quantuscumque su m, aut fui... fréquenter motus sum, ut me non lacrj'maï solùm deprehenderint, sed pallor, & vero similis dolor. » (VI, 11, à la fin.)
P. 66, 1. 24. Font le prestre martin). Expression proverbiale fondée sur le conte d'un prêtre, nommé Martin, qui faisait la fonction de prêtre et de clerc en disant la messe. On lit dans Y Apologie pour Hérodote d'Henri Estienne, XXXIII, i : « Il n'avoit qu'a respondre qu'alors ils estoyent prebstre Martin chantans et respondans. » (Éd. de 1566, p. 477.) Cf. encore Tabourot, Les Touches, 1, i"" pièce, etc.
P. 68, 1. I. Cambises). Cf. Hérodote, III, xxx, et aussi Plutarque, De l'amitié fraternelle : « Cambyses ... pour un songe qu'il avoit songé, craignant que son frère ne vint a estre roy de l'Asie, sans autre raison ne preuve aucune le feit mourir. » (xviii, f° 88 V".)