LIVRE ni, CHAPITRE VIII
peu voir, tant elle estoit offusquée de langage. » (vu, ê 26 v°).
P. 193, I. 6. Antislhcnes). Cf. Diogène Laërce, Vie d'Autisthène : « Atheniensihus consulebat, asinos ut equos diligerent. Quod cum illi ab aratione alienum dicerent, at, inquit, apud vos duces emnt qui nihil didicerunt, solùmque designati sunt. » (^'I, VIII, 550.)
P. 193, 1. 16. Ceux de Mexico). Cf. Lopez de Gomara. Histoire générale des Indes : « Peu regardoient le Roy au visage depuis son sacre... Le grand prestre s'approchant de lui le conjuroit, & lui faisoit faire serment qu'il garderoit la religion de leurs Dieux, qu'il ohserveroit, & feroit observer les loix & ordonnances de ses prédécesseurs : qu'il maintiendroit par justice qu'aucun de ses vassaux ou amis ne fui outragé : qu'il se monstreroit vaillant à la guerre, qu'il feroit que le Soleil tousjours chemineroit avec sa clarté et lueur, qu'il feroit que les nues pleuveroient selon la nécessité, & qu'il feroit que la terre fmctifieroit abondamment. » (II, lxxvii, f° 160 v°.)
P. 194, 1. 29. Ces jiigemens universels). Cf. PIutarque. De l'esprit familier de Socrates : « J'ay souvenance, d'avoir ouy un propos qui n'est pas mauvais d'un peintre qui faisoit comparaison de ceulx qui venoient regarder les tableaux qu'il avoit peint : car il disoit que les ignorants spectateurs, & qui n'entendent rien en l'art de la peinture, ressembloient à ceulx qui saluent en trouppe tout un peuple : & que les sçavans & bien entendus en l'art, ressembloient à ceulx qui saluent par nom & par surnom chascun de ceub: qu'ils rencontrent : par ce que ceulx là n'ont pas une cognoissance exquise, ains superficielle & grossière des ouvrages, & au contraire ceulx cy faisans jugement à part de chascune des parties de l'œuvre l'une après l'autre, ne laissent rien à considérer, à remarquer & nommer, de ce qui y est bien ou mal fait. » (i, f° 636 r°.)
P. 195, 1. 12. Videnduin). «Il ne faut pas seulement examiner les propos des hommes, mais encore leurs opinions et même les fondements de ces opinions. » (Cicéron, De officiis, I, XLi.)
P. 19e, 1. 4. Le dogme de Hegesias). Cf. Diogène Laërce, Vie d'Aristippc : « Eorum peccata veniam
dicebant promereri, ... non odio quenquam habiturum, sed potius eruditurum. » (II, xcv, 153.)
P. 196, 1. II. Ce que Cyriis respont). Cf. Xénophon, Cyropédie : « At ignaris omnino virtutis mirarer equideuT Chr^'santa si quid plus apposita oratio prodesset ad probitatem, quàm musicK indoctis pulclire cantatum carmen ad musicam. » (III, m, éd. de 1545, p. 58.)
P. 197, 1. 17. Corne il sambloit a Lycurgits). Cf. Plutarque, Vie de Lycurgue, xv, f° 36 r°.
P. 198, 1. 6. Deux Princes). Montaigne fait peutêtre allusion à la mort du duc d'Enghien, tué dans un jeu le 23 février 1546 à Laroche-Guyon (il fut tué par un coffre lancé d'une fenêtre; cf. de Thou, fin du livre II, traduction française de 173 1, tome I, p. 153), et à la mort de Henri II qui fut mortellement blessé dans un tournoi (juillet 1559).
P. 198, 1. II. Ablatum mediis). «Cet ouvrage a été arraché, encore imparfait, du métier. » (Ovide, Tristes, I, vu, 29.) Le texte d'Ovide porte illnd au lieu de istiid.
P. 199, 1. 9. Qu'il se faut bien garder). Cf. Commines, III, xii. Commines ne s'attribue pas ce mot, car il déclare «qu'il le tient de son maistre (Louis XI) qui lui en allégua son auteur, et de qui il le tenait».
P. 199, 1. 12. Bénéficia). «Les bienfaits sont agréables tant qu'on sait pouvoir s'acquitter; mais s'ils dépassent de beaucoup nos moyens de reconnaissance, ils nous deviennent odieux. » (Tacite, Annales, IV, XVIII.)
P. 199, 1. 14. Kajn qui putal). «Car celui qui trouve honteux de ne pas rendre voudrait ne trouver personne à qui il fût obligé. » (Sénèque, ép. 81.) Montaigne généralise le sens de la phrase en substituant qui à quia.
P. 199, 1. 16. Oui se non putat'). «Celui qui ne se croit pas quitte envers vous ne saurait être votre ami. » (Q. Cicéron, De petitione consulatus, ix.)
P. 200, 1. 2. Une heure de suite). Rapprocher II, X, p. 109, 1. 27.
P. 200, 1. 8. Qu'il luy semble a Iny). Cf. Tacite, Annales, XVI, xvi, et surtout ce passage de Jean Bodin, Melhodus ad facilem historiaruni cognitioneni, auquel Montaigne pense peut-être : « Libro quarto
ESSAIS DE MONTAIGNE
profitetur (Tacitus) se nec bella, nec urbiuiii expugnationes, nec fusos exercitus, nec certainina plebis & optimatum narrare, suumque laborem inglorium fore non tamen inutilem », etc. (P. 62.)
P. 200, 1. 20. Si plain de sentences). Bodin avait signalé déjà ce caractère des ouvrages de Tacite dans sa Methodtis ad facilem historiarum cognitionem, et il avait donné comme exemple un certain nombre de ces sentences. Montaigne même lui en avait emprunté une dans l'essai II, xx.
P. 201, 1. 7. L'advis des gens). Montaigne pense surtout à César. Il a remarqué déjà la modération avec laquelle cet auteur a parlé de son adversaire.
P. 201, 1. 8. L'avoir estime). Cf. Tacite, Histoires : « Post quos (Marium et Syllam) Cn. Pompeius occultior, non melior. » (II, xxxvni.)
P. 201, 1. 19. // n'a pas besoing d'excuse). Peut-être souvenir de Jean Bodin qui, dans sa Methodus ad facilem historiarum cognilionem, écrivait : « Budseus acerbe Tacitum scriptorem omnium sceleratissimum appellavit : quod non nihil adversus Christianos scripsit, qua. ratio fecit, opinor, ut cum Tertullianus mendacissimum, Orosius adulatiorem appellaret, sed quemadmodum Marcellus I. C. meretricem turpiter facere respondit, quôd sit meretrix; non tamen turpiter accipere cùm sit meretrix : ita quoque impie fecit Tacitus quôd non fuerit Christianus : sed non impie adversus nos scripsit, cùm gentili superstitione obligaretur, ego verô impium judicarem nisi quamcunque religionem veram judicaret, non eam quoque tueri & contrarias evertere conaretur. » (iv, 64.)
P. 201, 1. 24. Cies mots de la lettre). Cf. Tacite, Annales : « Quid scribam vobis, P. C, aut quomodo scribam, aut quid omnino non scribam hoc tempore, Dii me Dea;que pejus perdant quam pcrire quotidie sentio, si scio. Adeô facinora atque flagitia sua ipsi
quoque in supplicium verterant : — quippe Tiberium non fortuna, non solitudines protegebant, quin tormenta pectoris suasque ipse pœnas fateretur. » (VI, VI, 156.) On peut consulter sur cette lettre Suétone, Vie de Tibère, lxvii.
P. 202, 1. 2. // s'aille excusant). Id., ibid. : « (Domitianus) edidit ludos Sccculares, iisque intentiùs atfui sacerdotio Quindecim, virali prreditus, ac tum. prretor, quod non jactantia refero », etc. (XI, xi, 184.)
P. 202, 1. 20. Un soldat portant). Id., ibid. : « Annotatùsque miles, qui fascem lignorum gestabat, ita prxriguisse manus, ut oneri adhœrentes, truncis brachiis décidèrent. » (XIII, xxxv, 241.)
P. 202, 1. 24. Que Vespasian). Id. Histoires, IV, Lxxxi. Il est bon de se rappeler que, dans le Contreun, La Boétie avait contesté l'autorité de Tacite, précisément à cause des miracles qu'il prête à l'empereur Vespasien (p. 41). Gentillet, dans les Discours sur les moyens de bien gouverner (p. 189), dit que Tacite et Suétone attribuent à Vespasien les miracles qui ont été effectués par le Christ durant sa vie.
P. 203, 1. 4. Equidem plura). « A la vérité, j'en rapporte plus que je n'en crois, car je ne puis ni affirmer ce dont je doute, ni supprimer ce que m'a transmis la tradition. » (Quinte-Curce, IX, i.)
P. 203, 1. 5. Hivc nequc). « ^'oi!à des choses qu'on ne doit se mettre en peine ni d'affirmer ni de réfuter... il faut s'en tenir à la renommée. » (Tite-Live, I, Pra;fat., et VIII, vi.)
P. 203, 1. 8. // dict ne vouloir). « Cœterùm & mihi vetustas res scribenti nescio quo pacto antiquus fit animus : & quxdam religio tenet, quœ illi prudentissimi viri publiée suscipienda censuerint, ea pro dignis habere quK in meos annales referam. » (XLIII, xiii-xv, 920.)