‹ Les Essais de Montaigne: réimprimés sur l'édition originale de 1588, avecChapitre 19 sur 270 · NOTICE SUR MONTAIGNE XVII · texte numérisé non relu

NOTICE SUR MONTAIGNE XVII

et soit par intervalk tt à mon poînctK » Mais, nonobstant cette confidence, dont la fin du reste restreint singulièrement l'affirmation du début, il est difficile d'admettre que, ne poursuivant à la Cour ni le profit ni les emplois', et ayant eu d'autre part à compter toujours quelque peu avec sa bourse? et aussi avec les exigences, d'abord de son siège au Parlement de Bordeaux, ensuite de ses fonctions de maire élu par deux fois de cette même ville, il ait été un hôte aussi assidu des cours qu'il yeut bien le dire. La contemplation pure des hommes et la seule curiosité spéculative, quelque prise qu'elles eussent sur sa nature de chercheur, étaient contrebalancées par une passion au moin& égale du repos et de la solitude et surtout par une haine mortelle de toute contrainte ; et celle que n'aurait pas manqué de lui imposer une fréquentation trop étroite des grands eût été la pire et la moins supportée, en tant que servitude volontaire dont il n'aurait eu à se prendre qu'à luimême, et à laquelle il se fût certainement dérobé dès les premières pointes. On doit donc faire ici la part d'une légère exagération gasconne, fruit de terroir, plus inconsciente que préméditée, mais qui, acceptée à la lettre, pourrait avoir pour conséquence de tromper sur le côté indépendant du caractère de notre philosophe.

Quoi qu'il en soit, il est probable qu'il se rendit à la G>ur, au mois de juin i559, pour les fêtes données à l'occasion du double mariage de Mesdames Elisabeth et Marguerite de France avec le roi d'Espagne et le duc de Savoie, et alors il aurait assisté au pas d'arme^ des Tournelles qui se termina si tragi-

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