‹ Les Essais de Montaigne: réimprimés sur l'édition originale de 1588, avecChapitre 247 sur 270 · II, I · texte numérisé non relu

II, I

219. En ce peu que j'ay eu à negotier entre nos princes, en ces divisions et subdivisions qui nous deschirent aujourd'hui. On lit dans les Mémoires de de Thou que Montaigne est intervenu entre le duc de Guise et le roi de Navarre. Mais ce ne doit pas être à cette intervention déjà ancienne que s'applique ce passage des Essais : il figure au troisième livre, publié seulement en 1 588, et se réfère très vraisemblablement à des événements récents, à ceux qu'amena la reprise des hostilités après la rupture de la paix de Fleix, alors que la guerre était engagée à outrance entre la Ligue et Henri de Bourbon, et que la perte de toute chance de rapprochement avait amené un rengrègement de mal, d'où ces divisions et subdivisions qui desehiroient réellement la France à cette époque. Connu et estimé du roi de Navarre, qui lui avait fait visite à son château, et en relation ofiBcielle, comme maire de Bordeaux, avec le maréchal de Matignon, lieutenant général du roi de France en Guyenne, Montaigne fut l'intermédiaire tout désigné entre les deux princes pour les différends qui pouvaient s'arranger à l'amiable ou qui comportaient des préliminaires de conciliation. Voy. à ce sujet VÉtude biographique sur Montaigne, par A. Grun.

2 20. Et qu'elle a, — Et en ce qu'elle a (1595).

— Porte s'il peut. C'est-à-dire, a que le coup porte s'il peut » . 224. Et il suceedoit : si m'en desprins-je de belle heure. C'est-à-dire :

« Cela eut de la suite, cela se prolongeait; toutefois je m'en défis de bonne heure. »

P. SS7. Un trabtrt y trahit Vautre,,, tesmoing la po'uantt expérience que nous venons d'en sentir. II y «Qt tant de traîtres et de trahisons sons les dernien Valois qu'il serait difficile de mettre ici les noms propres et de dire au juste à quel trait de perfidie il est fait allusion. Mais nous croyons pouvoir affirmer restrictivement que, moins par respect de la royauté que du roi, Montaigne n'a entendu désigner aucun des actes directs de Charles IX, de Henri III ou de Catherine.

228. laropelc,,, Voy. Martin Cromer, De Kehus Polon,, livre V.

2)0. J'ay autrefois logé Epanûnondas, Au liv. Il, ch. 36.

a3i. Et où l'un (Pompée)... l'autre (César)... le tiers (Marins).

2S2. Et nulla.,. Il n'y a pas de puissance pour nous faire enfreindre les dèvoin de l'amitié. (Ovids, De Ponto, I, mu S;.)

— Dum.„ Tant que l'épée sera hors du fourreau (s'écrie Jules César en guerre contre sa patrie), chassez toute pitié de vos cœun; que la vue mftme de vos pères dans le camp opposé ne tous arrête pas, frappez du fer ces têtes vénérables. (Lucain, VU, 3 20.)

234. Les autres forment P homme. Allusion au passage latin de Cicéron : Alii fingunt Aomi/iem...

2 38. Auquel toucher nos actions, C'est-à dire : « qui serve de pierre de touche à nos actions > .

— Qus mens... Que n'avais-]e autrefois l'expérience que j'ai aujourd'hui, on que mes joues n'ont-elles conservé le duvet de la jeunesse !

.{HoR., Od„ IV, X, 7.)

240. Sic... Ainsi, lorsque les bêtes sauvages, déshabituées de leurs forêts, semblent s'être adoucies en captivité, et que, quittant leur mine menaçante, elles souffrent enfin l'empire de l'homme ; si elles viennent à goûter d'un peu de sang, toute leur fureur se réveille aussitôt avec leurs appétits sanguinaires ; leur gosier altéré se gonfle ; elles brûlent de s'assouvir, et c'est à peine si, dans leur rage, elles se retiennent de déchirer leur maître p&le de frayeur. (Lucain, IV, 237.)

246. Celuy quidisoit anciennement. Sophocle. Voyez CiciRON, DeSeneetute.

2 5o. Vitia... C'est le travail qui fait que nous échappons aux vices de l'oisiveté. (SéNiQUE, Epist.j 56.)

2 52. Cet antien. Cet antien ou ancien est Plutarque. Voy. De la Pluralité d'amis, c. II de la version d'Amyot.

2 53. Narras... Vous me dénombrez la race d'Eacus et tous les combats livrés sous les murs sacrés de Troie, mais vous ne me dites pas combien me coûtera le vin de Chio, quel esclave chauffera mon vin, ni dans quelle maison et i quelle heure je me mettrai à l'abri du froid des Pélignes. (HoR., Od„ III, SIX, 3.)

— FaveUar „ Parler sur la pointe d'une fourchette.

254. Ifoc... C'est dans ce style qu'elles expriment leur crainte, leur colère, leur joie, leur chagrin et jusqu'à leurs plus secrètes pensées. Que dirai-]e encore? elles se pftment doctement. (Juv., VI, 189.)

2 58. Qttictt/iftte... Quiconque de la flotte grecque s'est sauvé d*entre

Page 1