‹ Les Essais de Montaigne: réimprimés sur l'édition originale de 1588, avecChapitre 269 sur 270 · IT · texte numérisé non relu

IT

« Ne te prens point àmoy, lecteur, dit-il, des fautes qui se coulent icy par la fantasie ou inadvertance d'autruy; chaque main, chaque ouTrier y apporte les siennes. Je ne me mesie ny d*orlografe et ordonne seulement qu'ils suivent l'ancienne, ny de la punctuation : je suis peu expert en l'un et en l'autre » (IV, 5o). Ailleurs (l, 304), il se défend d'être grammairien. Il pouvait s*en défendre : il était mieux que cela, il créait ; et, lorsqu'on crée %lans la langue, ce ne sont pas quelques négligences qui enlèvent rien à la précision et à l'énergie du style, elles seraient bien plutôt comme les scories obligées du rude «t précieux métal natif.

Abrier, dérivé de abri. Le barbarisme abriter, moins harmonieux, a fini par prévaloir.

Abdter (S'), viser, tendre à un but. « Il faut tousjours luy fournir d'object où elle (l'âme) s'abutte et agisse » : I, 17.

Accessoire, conjoncture, accident, malencontre, danger. Était pris encore en ce sens au XVII^ siècle :

Et tout ce qu'elle a pu, dans un tel accessoire. C'est de me renfermer dans une grande armoire.

(Molière, École des Femmes.)

AccouER, lier, attacher à la queue l'un de l'autre comme des cheTaux qu'on mène à la file. « Nous n'avons pas fait marché, en nous mariant, de nous tenir continuellement accouez, comme je ne sçay plus quels petits animaux que nous voyons t : IV, 63.

AccousTUMANCE, action de s'accoutumer. Les mots habitude, coutume, ne sont pas des termes absolument synonymes d* accoutumance; ils marquent l'habitude formée, prise, tandis qu* accoutumance exprime l'action de s'accoutumer. Le mot a vieilli , mais il n'est pas hors d'usage , et il serait bon de le conserver.

AccousTCMER. Se conjuguait le plus ordinairement avec l'auxiliaire avoir dans le sens de s'accoutumer, prendre une coutume : « Les parties qu'on a accoustumé de tenir cachées » : I, 14. Montaigne l'emploie dans la même acception avec l'auxiliaire être : « Ce qui nous fait souffrir aTec tant d'impatience la douleur, c'est de n'estre pas accoustumez de prendre nostre contentement en l'ame » : I, 49.

Adresser, redresser. « N'adresse elle pas (la fortune) nos conseils et les corrige? » I, 2 3^.

Afeadt, languissant, dégoûté. « Je suis si affady après la liberté que qui me deffenderoit l'accez de quelque coin des^ndes, j'en Tiyroys aucunement plus mal à mon aise » : IV, 169.

-Affermer, forme ancienne du verbe affirmer, de l'ital. affermare,

Affrerer (S'), s'unir d'un lien fraternel. « Il (l'esprit) s'est si estroitement affreré au corps qu'il m'abandonne à tous coups pour le suyvre en

GLOSSAIRE 33l

sa nécessité » : III» 278. On trouve affrété, au lieu de affreri, dans l'édition de iSçS. Cotgrave attribue à peu près le même sens au mot ainsi orthographié.

Affûter, aiguiser, ajuster, disposer. « Il (le médecin) a besoing de trop de pièces pour affûter justement son dessein » : III, 196.

Agubt (D'), de parti pris, de propos délibéré, ex prœparato, dedita opéra (Nicot). « Il la (l*&me) fant tendre et roidir d'aguet » : II, 1 10.

Aban, Ahaner, onomatopées exprimant l'effort, Pextrème fatigue du corps et de Tesprit; très usitées autrefois, tombées en désuétude aujourd'hui et employées seulement dans quelques locutions familières , comme suer d'ahan. Depuis quelque temps, toutefois, nous remarquons avec plaisir une certaine tendance à remettre en honneur ces vieilles et vigoureuses locutions populaires.

AiMs, mais. La forme mais figure concurremment.

AiMsiN, autre forme de ainsi. — Par ainsin ou ainsit par là, par cette raison, en conséquence.

AiSNAGE, ainesse.

Amsrrons, pour Aiiiergns : I, a 10. Vieille forme du mot aimer, qu'on écrivait d'abord amer,

Amette, petite ftme. (Cotgrave.)

Ammitoné, autre orthographe à'emmitonni.

Ancienneté (f), l'antiquité.

Apparoir, apparaître. « Us ne nous en font rien apparoir • : III, 244.

Appiur (S'), se ramasser, se resserrer sur soi. « Vous vous escoulez, vous vous respandez; appilez vous, soustenez vous » : IV, 93.

Appréhender^ comprendre. « Nostre parole le dict, mais nostre intelligence ne l'appréhende point » : II, aa5.

Argolbt^ harquebusier à cheval, espèce de soldat d'avant-garde qu'on employait pour les découvertes et les escarmouches. « Et comme ils n'estoient point considérables en comparaison des autres cavaliers, on a dit un argoulet pour un homme de néant. » (Ménage.)

Arondelle, hirondelle. Le vieux mot qui servait à désigner l'hirondelle était aronde,

Arrousa, pour Arrosa : III, 16S.

Ars, se, part. pas. du vieux verbe ardre ou arder, brûler, forme du latin ardere, être en feu. , *

AsNE. « Brider l'asne par la queue » : I, 73, s'y prendre gauchement, faire une chose tout de travers.

Assagir (S'), devenir sage. « J'estudiay, jeune, pour Tostentation, depuis, un peu pour m'assagir » : III, 26a.

Astheure ou Asture, à cette heure.

. Astrolabe, instrument autrefois employé pour mesurer la hauteur des astres au-dessus de l'horizon.

Atarazie, tranquillité parfaite, absolue indifférence ; du grec àrdpa^ii

Atout, avec.

Attemdu, tendre à, s'appliquer. « Je m'y attens trop ambitientement » : IV, 39.

Atthempamce, modération, réserve, du lat. temptrantia.

Aucun, Aucunement. Ces mots, qui aujourd'hui ont presque toujours le sens négatif et sont comme des termes synonymes de nul et de nulU' mtntj s'employaient le plus souvent autrefois sans la négation et signifiaient quelque, quelqu'un, en quelque manière.

Avalée (Bride), bride abattue. « Cheval dressé k se manier à toutes mains avec une baguette, la bride avalée sur ses oreilles » : I, 3 08.

AvANTCouREUs, avaut-coureurs : III, 109.

Aveindre, atteindre, du lat. ad ventre.

Avenir (S'), se joindre, se rencontrer, s'allier. « Aux actions des hommes insansez, nous voyons combien proprement s'avient la folie avec les plus vigoureuses opérations de nostre ame s : II, 188.

AvERTAMCE, surveillauce, attention, d'où le composé inadvertance,

AvoYER (S'), EsTRE Avovi, se mettre en chemin, être en route, in via esse, (Nicot.) « Je suis malaisé i esbranler; mais, estant avoyé, je vay tant qu'on veut > : IV, 60.

Baisse, terrain afiFaissé, vallée.

Bausvre, lèvre d'en bas.

Baller, danser. (Cotgr.) « Ce qu'on appeioit danser, on l'appelle maintenant baler, » (H. Estienne.)

Balote , petite balle servant à exprimer des suffrages. On dit boule è. présent.

Bardellb, terme de manège encore en usage pour désigner une sorte de bit, de selle grossière faite de toile et de bourre.

Barguignage ou Barquignage, action de marchander, d'où hésitation à prendre un parti; du lat. barca, barque, considérée comme servant à porter les marchandises.

Baste, il suffit, c'est assez; de l'ital. dosfa. « Baste que je me suis meshuy promis de ne prendre plus la charge de parler en lieu de respect B : IV, 49.

Basteler, bateler, faire le bateleur. « Voilà comment ils vont bastelant et baguenaudant en tous leurs discours » : III, 200.

Bavasser, bavarder. Rad. baver.

BÉER, ouvrir la bouche, s'étonner, être surpris et, par extension, soupiier, désirer, aspirer, du celt. bea, trou, ouverture. « Qui ne bée poinct après la faveur des]*princes... » : IV, 109. De ce verbe, qu'on a écrit plus tard bayer, nous avons conservé le participe présent béant et tiré l'adjectif bée dans l'expression gueule bée.

Belistresse, fém. de belutre : gueuse, mendiante. On disait autrefois belistrer pour mendier ; il y avait quatre ordres de mendiants connus sous le nom d'ordres des bélîtres.

Benivolence ou Benevolence, bienveillance.

Bergamasque (Le), de Bergame, ville du nord de l'Italie, dont les

habitants parlaient un langage grossier. « Qy! a en l'esprit une vive imagination et claire, il la produira, soit en bergamasque, soit par mines, s'il est muet b : I, i6o.

BiCLE, louche, bigle.

BizNVEiGNEa, saluer, accueillir avec bienveillance, comiier txcipere aliquem (Nicot). « Sa femme le bienveignant de ses criailleries accoustumées » : III, io8.

Biffe , trompeuse apparence. « Il voit que ce n'est que biffe et piperie > : I, 276. Ce mot veut dire proprement une pierre fausse, selon Nicot, de Pital. beffa, attrape, tromperie.

Bois (Rompre un), synonjrme de rompre une lance, par métonymie.

BoLus, composé pharmaceutique, sorte de pilule, du grec jSfiAoç, motte de terre.

Bon di (Être), être le propre de, appartenir à. « Il fut bon d'un Octavius à Romme » (III, 3o3), id t$t. C'est ce qui arriva à Octavius, c'est ce qu'Octavius devait justifier. Nous disons encore aujourd'hui : Cela est bon de vous, Il était bien de lui de faire telle chose.

BoNMETADE, salutatiou à coups de bonnet.

Boucler, bouclier.

Boule vue (A), avec certitude, en connaissance de cause, au va de la boule. « Discourir à boule veue » : II, a 3 5.

BouQiTEa (Faire), faire embrasser par force, du subs. boucht prononcé bouque, et au figuré, faire enrager quelqu'un, l'obliger à céder.

BouTE-HORS, action de mettre ou d'être mis dehors. « Au don de l'éloquence, les uns ont le boute-hors si aisé (le parler si prompt) » : I, 3a. « Ils ne sont non plus exempts du boute-hors (d'être déboutés, mis dehors) qu'estoient leun devanciers » : U, 274.

Boutée, poussée, jet. « Boutées d'un courage eslancé hors de son giste A : II, 16.

Brevet, billet ayant la vertu d'un talisman, I, 199; talisman, III, 2 1 3. — Brevet à cachetés, billet doux, III, 139.

Brocadel, brocart, brocatelle.

Broche (Couper), empêcher, arrêter, comme on interrompt le cours du vin en coupant la broche ou cheville qui sert à boucher le tonneau. « La mort peut mettre fin et coupper broche à tous autres inconvénients » : II, 72.

Bute , cible. « Ce sont nos exercices qae la chasse , la paume , la bute > : II, 297.

Caignart ou Cagnard, coin où les chiens se rassemblent» chenil, du vieux français cagnt, venant de l'ital. cagna, chienne.

Caler, rabattre de ses prétentions, céder, du grec x^^'t abaisser.

Came (Faire la), faire un plongeon ou se jeter à plat ventre.

Capette, diminutif de cape. Terme de mépris par lequel on désignait, à cause de leurs petits manteaux ou capeB, les écoliers élevés par charité au collège de Montaigu à Paris.

Capirotadi, capilotade, espèce de macédoine de viandes. Les Espagnols disent capirotada ; Rabelais a dit cabirotade.

Capuou, cabriole. La première orthographe est plus conforme à Pëtymologte latine eapra, d'où le diminutif capriota,

Catze, pénis, de l'ital. cozzo.

Cips, liens, chaînes. « On le (Pamour) met aux ceps quand on le guide par art et par sagesse » : III, 338.

CncBiR et CHERCHxa, employés concurremment. Nicot renvoie de chercher à cercher,

Cbrtis (a), tout de bon, sérieusement. « Il ne pouvoit croire qu'ils eussent parlé à certes » : II, a 06. « Soit par gausserie, soit à certes • : IV, a 16.

CHAroxiRni, défiguré, barbouillé. (Nicot et Cotgrave.)

Chaille (Ne vous), n'en ayez souci, que vous importe? du vieux verbe chaloir, dont nous n'avons conservé que la 3^ pers. du prés, de Pind. dans cette expression : i7 ne m'en chaut.

Cbaihx, chaise, qui est la corruption de chaire. Aujourd'hui, nous donnons à chacun de ces mots une acception différente; mais, au XVI« siècle, ils étaient employés indifféremment l'un pour l'autre, par suite d'un zézayement que la mode avait introduit.

Chamailler, dans le sens actif, se ruer sur quelqu'un, le frapper. « Plusieurs Macédoniens qui le chamailloient de toutes parts a : I, 6.

Cbamfi, isse, au fig., malin, goguenard. « Ces champisses contenances de nos laquais » : I, 3 16.

Chaude (Sur la), au moment même : I, 3oa.

Chaut, voy. Chaille.

Chef, cap, promontoire. « Xantippus fit enterrer son chien sur un chef » : II, 116. — Au chef de, au bout de : « Au chef de chaque journée t : III, 36 1. Voy. Nicot.

Chemevieri (Espouvantail de), mannequin pour éloigner les oiseaux.

Cheute, fém. de cheut ou cheu, chu, du verbe cheoir, qu'on écrit aujourd'hui choir. Nous n'avons conservé de ce verbe que le présent de l'infinitif et le participe passé, alors que nous conjuguons presque & tous les temps son composé échoir,

Cheyanci, le bien qu'on a, dont on est le chef.

Chevir, venir i chef, à bout : « Si les choses se rendent à nostre mercy et dévotion, pourquoy n'en chevironsnous? v : I, 43.

Chèvre (Prendre la), prendre de l'humeur. — Emporter à la chèvre morte, c'est-à-dire, sur son dos.

CicuE, pour CiGUE, rv, 129, du lat. cicuta.

Cuusx, proposition. (Meigret.) « On nous tient quatre on cinq ans à entendre les mots et les coudre en clauses kl, 1 58.

Clerc, lettré, savant : I, 88.

Coches, éclisses servant à comprimer la taille ; c'est le corset rudimentaire. « Qgelle geine ne souffrent elles (les femmes), guindées et sanglées à tout de grosses coches sur les costez! » I, 5i.

Cogitation, pensée, réflexion, du Ut. cogitatio.

CoGNoissANSy gens de connaissance.

Collège, pris dans le sens de congrégation, couvent : « Nous avons mille et mille collèges qui la (la vie) passent commodéement » : I, 55.

CoLUGENCE ou CoLLiGANCE, selott Cotgrave, liaison, connexion, du iat. coUigare, lier ensemble.

CoLODVMNE, coulevrine, du Iat. colubra, couleuvre.

Commencer (Se), pour Commencer, I, 291. Il j a plusieun exemples du se explétif dans les Essais.

CoNDiGNE, très digne.

CoNDOLU, part, passé du verbe condouloir, participer à la douleur de quelqu'un, se lamenter de compagnie.

CoNDONNER, coucéder. « Toutes choses me semblent pouvoir estre condonnées • : III, 173.

CoNFABULATiON, entretien familier.

CoNNiLLER, se CRcher dans des trous comme des connils ou lapins.

CoNNiLUERE, terrier, garenne; au fig., subterfuge, faux-fuyant, échappatoire.

Consent, témoin, du Iat. cum et sensus.

Conte, histoire. « Le conte dit que Psamnienitus... t : I, 7.

Contrebas, dans une direction vers le bas.

Contrecarre, opposition, résistance en face (Nicot et Cotgrave), du lai. con/ra, contre, et cara, mine. « Se faire teste et contrecarre > : IV, 197.

Contremont, vers le haut.

Controverse, controversée. « Il ne se void aucune proposition qui ne soit debatue et controverse > : II, 263.

Convive, repas, festin, du Iat. convivium,

Convoiement, reconduite. Convoyer quelqu'un qui s'en va, prosequi proficiscentem, deducert aliquem, (Nicot.)

CoRNETER, appliquer des ventouses à l'aide d'un cornet. « Se faire corneter et vantouser avec scarification » : III, 20a.

Cornichon va devant, selon le dictionnaire de Trévoux, jeu à qui ira le plus vite à ramasser quelque chose en courant.

Corselet, piquier dans les régiments des gardes, portant une légère cuirasse ou corselet. *

CosTii ou CpsTiER, qui est à côté. « De la harquebouse, il en tire à l'adventure et se paye de ce que ses gens luy disent qu'il est ou haut ou costié (qu'il, a tiré haut ou i côté du but) t : II, 297.

CouLPE, faute, du Iat. culpa.

Courre, infinitif ancien du verbe courir.

Court, orthographe primitive de cour, du bas latin curtis, cortis.

Craindre (Se), pour Craindre. Encore un exemple du se explétif.

Cretense, de Crète, du Iat. Creteruis, Cretois. « Les republiques comme la Cretense ou Lacedemonienne » : I, 3 20.

Crotesqus, grotesque.

CuiDER, croire, penser.

CuiDS, Cusuz ou Quiuz, pierre à aigaiser» et, par aaiimilation de forme, lingot. « Les cueus de plomb se fondent » : I» 3 s 8. CotgraTe écrit ce mot qutttu et le fait féminin.

Cul sur pointe, sens dessus dessous. Cal sur teste, topsj'turvj. (Cotg.)

Cthioiueiikes (Ténèbres), du grec Kcyx/mé/scoc, ténèbres profondes que les Grecs plaçaient à TOccident, chez les Cimmériens, peuple mythologique dont le pays passait pour toucher au séjour des morts.

■ Dea, forme ancienne de da; la première forme était diva, composée des deux impératifs dis et va^d'où, par contraction, dea, puis da. (Diez.) Interjection quelquefois employée isolément, mais se joignant d'ordinaire aux adverbes oui, non, nenni pour leur donner plus de force, et aussi à votre, comme nous en trouvons Texemple chez Montaigne : « Votre dea • : IV, 126.

De la en hors, depuis Ion.

Délivra, libre, dégagé de soins.

Deneantise, néant. « L'inanité, la vanité et deneantise de l'homme » : II, laç. On trouve neanteté dans ïtsCent Nouvelles, Ces expressions, que l'usage n'a pas consacrées, témoignent des efforts faits pour doter la langue d'un mot qui manque et dont niant n'est pas l'exact synonyme.

Desaccoutumance, action de se désaccoutumer.

Desduit. Cette expression, qui est aujourd'hui hon d'usage, signifiait autrefois divertissement, occupation, plaisir de l'amour, du lat. dedueert, deductum, tirer, faire sortir, divertir, et au fig. amuser, divertir.

Desferre, défroque, dépouille, par analogie avec les vieux fers de cheval. « Employant sa desferre à ses continuelles liberalitez » : I, 240.

Desfuite, défaite, faux-fuyant, réponse évasive.

Desgosillbr, égorger.

Desjsuner (Se), se nourrir, se repaître, se régaler. « La plus quereleuse et espineuse reformation theologique de quoy le monde se soit desjeuné il y a longtemps : » IV, 79.

DESifARCHER, reculer, pedem referre. (Nicot.)

Desmouvoir, déplacer.

DÉS LORS EN avant OU D'oREs EN AVANT, d*(ù uous Rvous fait par contraction dorénavant. •

Despartir, partager^ de despart, partage. « Il despartoit la nuict à trois ou à quatre pièces (parties) , dont la moindre estoit celle qu'il donnoit au sommeil » : III, 74. — Se despartir, se disperser : « Et se despartit rassemblée » : I, 6.

Despendre, dépenser (Cotg.), du lat. dependere, payer et au fig. dépenser.

Despit, ite, dépité, ée.

DssprrsR, maudire, c Je despitois les dieux et encore ma dame » : I, 199.

Desquine, voy. Esquinb.

Dissneim, avoir dessein, entreprendre.

DESTROussiiMENT, brutalement, à la manière des Toleurs de grand chemin qui détroussent le voyageur. « Ils vous diront tout destroussëement... » : II, it^.

Destourbisr, obstacle, empêchement, embarras, trouble, du lat. disturbare, disperser.

Destioict, ancien terme de palais et d'administration : ressort, rayon, étendue d'une juridiction et, par extension, localité, endroit.

Det, dé à jouer, qui s'écrivait aussi dez, du lat. dart, datum, pris dans le sens de jeter, de ce qui est jeté sur la table (Ménage).

DsTRAcnoN^ médisance, diffamation, du lat. detractio,

Dbult, 3® pers. du sing. du prés, de l'ind. du verbe doutoir, êtra douloureux, être pénible, éprouver du mal, qui n'est plus employé aujourd'hui qu'à l'infinitif avec la forme réfléchie.

DxxTRZ, droite, main droite.

Dextrement, avec dextérité.

DiLBCTioN, amour, affection. « C'est à la vérité un beau nom et plein de dilection que le nom de frère » : I, 178.

Dire (A), de moins. « Eunuques qui ont le nez et lèvres à dire n : I, loi. — Avoir à dire, manquer : III, a6a.

Discours. Ce mot est pris par Montaigne dans les acceptions les plus variées. Outre son sens ordinaire d'expression de la pensée, entretien, conversation, il signifie encore, au cours des Essait :

Raison, intelligence, entendement : « Le démon de Socrates estoit, à mon advis, certaine impulsion de volonté qui se presentoit à luy sans le conseil de son discours • : I, $7. Voy. aussi II, 47, 148, i53; IV, 67, 121, 194.

Raisonnement, jugement : « J'ay veu quelqu'un de mes intimes amis courre la mort à force, d'une vraye afiFection et enracinée en son cueur par divers visages de discours a : I, 45. Voy. aussi I, 70.

Opinion : « Il m'a cuidé imprimer non tant son discours que son sentiment » : IV, 186.

Sagesse : « Gallus Vibius se pouvoit vanter d'estre devenu fol p«r discours » : I, 89. L'édition de 159 S porte « par sagesse ».

Volonté : « Il y a plusieun mouvemens en nous qui ne partent pas de aostre discours » : II, 45. « De nostre ordonnance » (1595).

Supériorité : « Il y a encore plus de discours à instruire autruy qu'à estre instruit » : II, 149.

Dessein : « Je m'abandonne à la nayfveté et à tousjours dire ce que je pense, et par complexion et par discours » : III, So. « Et par desseing » (1595).

Art, artifice, ingéniosité, parti pris : « Est ce pas un misérable animal que Thomme? A peine est il en son pouvoir, par sa condition naturelle, de gouster un seul plaisir entier et pur, encore se met il en peine de le retrancher par discours » : I, 207.

DiscRETAMCE, désRccord, du lat. dlicrtpantia,

DisPATHii OQ Dtspathib, aTertîon, du grec ixtç, mtlaiiément, et ««tfiTv, souffrir.

Disramn a (Se), m permettre de, te laisser aller à : & Il 7 en a qui conseillent de se dispenser quelque fois à boire et de s'enyyrer pour relascher rame » : II, la.

DoiMT, 3® pers. sing. da prés, dusubj. du verbe donner.

Doii, poli, construit : « Reoger quelque pièce de bastiment mal dolë » : IV, 35.

DoMiriCATioN^ en astrologie judiciaire, action de partager le ciel en douze parties appelées maisons, pour dresser nn horoscope ; da lat. domm et factft,

DoNiorr, contraction de donnerait.

Doit, m, dressé, façonné, du vieux verbe duire.

ErriAT, effroi. La langue aurait dû garder la forme «ffraj, puisqu'elle a consacré son dérivé effraytr,

Eloisi, éclair, du lat. tluetrt. Le mot iloûe est encore anjonrd'hui du langage courant dans les campagnes de Touest de la France.

Emboiu, imboire, se pénétrer : « Il faut qu'il emboive leurs homeurs, non qu'il apprenne leurs préceptes » : I, 14}.

Emmt, au milieu, du lat. in medio. On a écrit d'abord en mi de deux mots, puis tnmi et par attraction emmi d'un seul mot.

EiiFENNi, I, 143, et ai^i Empamni, I, 234, probablement d'après une prononciation locale. — Tout empenné, tout d'une pièce, comme la flèche garnie de ses plumes.

Empxueu, impératrice. On disait avant Montaigne emptriere pour empereur : « L'emperiere de Rome est mort a. (Froiss., II, 3, Sa.)

Empiscbir, embarrasser. « Ils ne debvroient souhaiter d'empescher de leur misère une grande famille » : IV, 69. — S'empeicher^ se lier, s'engager, ce Nous aimons, sans nous empescher, deux choses » : III, 189.

Emploitx, emplette, achat, du lat. implicUa,

EifpLOiTxa, employer, débiter.

EraroDiiiiR (A 1'), au début, an commencement.

Emgraveuu, gravure. « L'engraveure d'un cachet 1 : IV, iio.

EMHoanMBMT, exhortation.

ENHOKTia, exhorter.

EmAcim, mettre dans un sac et, par extension , entasser, enfoncer. « Vous ensachez le mal en le remuant » : I, a 5o.

KNsnCMiun, le doigt indicateur, en chiromancie.

EmoEin, envelopper d'un suaire.

Enscivix, suivre. Nous avons conservé la forme réfléchie t'ensucFre.

Emtugit ou Emtmjet, proposition, ouverture, du lat. interjeetas. — « Entrejets d'accord » : I, 19, propositions de paix.

ENTtmMT ou Entugint, civilité, politesse, art de se ponsaer dans le monde.

Envis ou Envt, involontairement, à contre-cœor, dn lat. inwitm.

« Je le fois maigrement et envis » : III, S04. — A l'tmrf, malgré la Tolonté de et aussi à qui mieux mieux, en rivalisant avec, ce qui est encore un« lutte contre une volonté contraire.

Epechistb, sceptique.

Equabiuts, équité, justice, du lat. KquabiUiat,

EQUANiMiTi, égalité d'âme, du lat. gquanlmiiat»

EuNGixnc ou Ertmgium, un des noms du chardon à cent tètes.

Es ou Ez, AUX, en les, par contraction de la prép. en et de l'art, pluriel /es.

EsBoinifiMT, boitement, claudication.

EscACHiR, écraser en aplatissant.

EscHAFFAirr (En 1*], sur le théâtre, en public. « Chacun peut avoir part au . battelage et représenter un honneste rolle en TeschafFaut s : III, a38.

EscHARSXMiNT, chlchemeut, de l'îtal. scarso,

EscHZVEa, échapper à, esquiver, de l'ital. Khifërc, d'où le mot esquif,

EscoHiuRER, conjurer, détourner, éloigner. « Tendant seulement les mains au devant, je les (les tentations) esconjure » : III, 347.

EscoRGiB, escourgée, fouet à plusieun lanières de cuir.

EscoT, escharde, piquant de chardon ou de bois. (Cotg.)

EsGRAnoNiURS, égratiguure, du radical graf ou grif, crochet. « L'esgrafigneure d'un peigne » : I, 7 5.

EsLOCHXMEMT, dislocatiou. On trouve eilocher dans Nicot, qui le fait venir du latin fictif exlocare, déplacer.

EsMou (S'), s'émeut.

EsPAGMoii ou EsPAiGMOii, à la mode espagnole. • Un corps bien espaignolé » : I, 5 1 .

EsPKRONS (Chausser les), poursuivre de près.

EsPRSiNDU, exprimer, du lat. exprimere.

EsQuiNX (Bois d'), racine d'un certain jonc des Indes employé en médecine. (Cotg.)

Esaxni, éreinté, du lat. renés, reins.

Essayer, éprouver, essuyer. « J'essayois toute sorte d'injures militaires à la fois » : IV, i38.

Estacadi (Combattre en), se battre en duel, en champ clos. (Cotg.)

EsTANÇON, étançon, étai, de l'anc. fr. estante,

Estamçonmir, étayer, soutenir.

EsTAUssERy écourter, essimer.

EsTXUF, ancienne orthographe d*éteuf, balle pour le jeu de paume.

Estimation, appréciation, prix, valeur, et aussi estime.

EsTouPER, boucher, clore, arrêter. (Cotg.)

EsTRENUER, pour EsTERNUER, étemuer, par un déplacement de Vr assez fréquent au XVP siècle.

Estrud, anciennne orthographe d'ei^rier^ étrier. Les deux formes figurent concurremment.

340 GLOSSAIKE

Eimr, débtt, et Avid peiae. « Heiasi en eest estrif combien aj je enduré! B : I, aoi.

EsTUYDL, quereller, dispvter, combattre, se défendre, résister à. « Si le condamné estrivoit à leur ordonnance, ils menoient des gens propres à Teiecuter > : III, 161.

EsntoiCT et Esnticr, étréci , de étroit ou étreit suivant la pronondatioD normande.

Ethique, ancien terme d'école, qui serrait à désigner la science de la morale, d*après les Éthiqua d'Aristote.

ExiRCiTATioN, exercice. « lÀ, c'estoit une continuelle exercitation de la laogue, ici une continuelle exercitation de Tame » : I, i35. — Résultat de l'exercice, préparation. « A mourir, qui est la plus grande besotgne que nous ayons à faire, Texercitation ne nous y peut de rien ajder » : II, 38.

EzFECTATiOM, curiosité , attente qu'on excite, du lat. extpecttUio. « On s'estonne du lieu, de l'assistance, de l'expectation, lors mesme qu'il n'ji va que de l'ambition de bien dire » : IV, 48.

ExpiLUB., pousser hors de, rejeter, du lat. txptlUrc,

fiif part, passé du vieux verbe faer on fier, douer de propriétés magiques. « Armes faées (enchantées) > ! III, 565.

Failloit, pour Falloit en mouillant les //. Nous distinguons aujourd'hui entre faillir et falloir; mais ces deux verbes, qui ont une étymologie commune, fallert, se prenaient autrefois dans le même sens et s'écrivaient l'un pour l'autre.

Faihtisb ou Feintise, dissimulation, tromperie.

Fairje (Se), pour Faire : I, 96.

Faitardisi, paresse, fainéantise, du fr. faitard, composé de fait et de tard,

Faucxe on Fattu^e, choc, charge, incursion, irruption. (Cotg.) « Faire une plus vive faucée dans la trouppe » : I, 259.

Faucer ou Faulser, rendre faux, et aussi fendre, percer tout outre. (Nicot.)

Faudra, faillira, manquera. « Et ne faudra quelqu'un dédire» :

Fausit, fallut. « Il se trouva pressé d'un si profond sommeil qu'il fansit que ses amis l'esveillassent » : I, 287. — Faillit. « Il (le malade en voie de guérison) fausit revenir à sa première façon » : I, 93.

Faut, 3^ pers. sing. du prés, de l'ind. des verbes failUr et falloir, — Faut à, manque à.

Faux du corps, milieu du corps, partie où le corps faut, c'est-à-dire s*amincit.

Favorir, employé neutralement : « Favorir aux gens d'entendement » :

III, 29. Ce mot ne se trouve ni dans Cotgrave ni dans Nicot, et semble avoir été fabriqué par Montaigne, qui, d'ailleun, se sert concurremment de la forme régulière favoritu.

Femoil, fenoBil, plante aromatique.

Feuhr, affermir.

Ftnu, blessé, frappé, part, passé du verbe firir.

Fiance, confiance.

Fient, subs. masc, fiente, ordure, excrément,

Fuax, 3^ pers. sing. du prés, de Tind. du verbe firir, frapper.

Figue (Faire la), mépriser, braver, se moquer. Cette locution vient de la vengeance que Frédéric Barberousse tira des Milanais, qui avaient promené ignominieusement sa femme sur une mule ; une figue fut mise dans les parties de la mule, et chaque captif dut, sous peine de mort, retirer la figue avec les dents; rappeler par moquerie cette aventure aux Milanais fut dit : leur faire la figue, dont le geste était et est encore de montrer le bout du pouce entre Tindex et le médius (Littré).

FiuEEE. En terme de fauconnerie, on appelle filière une ficelle d'environ dix toises que Ton tient attachée aux pieds de Toiseau pendant qu'on le réclame, jusqu'à ce qu'il soit assuré (Laveaux).

FiNER,. proprement, venir à fin, à bout et, par extension, trouver, disposer.

Fluiuis, menstrues.

FoARRE, feurre, paille de toutes sortes de blés. — Faire barbe de foarre, c'est, proprement, payer la dhne en gerbes qui n'ont que de la paille et, au figuré, traiter avec irrévérence, se moquer. Barbe est ici une locution vicieuse et est pris pour garbe, gerbe (H. Estienne). On trouve dans Nicot : faire à Dieu gerbe de foarre, et dans Rabelais : faire gerbe de feurre,

FoaczNia, que, conformément à son étymologie latine, forit, dehors , on devrait écrire forsener : aller au delà, perdre la raison, être hors de soi. « Je veux que l'avantage soit pour nous, mais je ne forcené point s'il ne Test » : IV, 106.

FouTEAD, diminutif de fou, nom du hêtre en vieux français.

Fratesqus, monacal, de l'ital. fraiesco, dérivé de fratre, moine.

GALiii, ancien nom des bAtiments de mer, nommés plus tard galères. Montaigne emploie les deux mots.

Galler, dérivé de galle, gratter, égratigner, et aussi caresser : « Galler le bon temps » : I, 148.

Garbe, galbe, de l'ital. garbo,

Garber, donner de la grâce : « Garber (des noms) à la grecque ou à la romaine » : I, 293.

Garde a (Je me prends), pour Je prends garde d : I, 118.

Gast et aussi degast. Gast est l'ancien mot français auquel on a ajouté plus tard le préfix di, dans le sens augmentatif.

GAtJDissEDR, railleur, de gaudir, se moquer par jeu et en riknt. (Nicot.)

Gatac, arbre d'Amérique, de la famille des rutacées, ajant des propriétés sndorifiques.

GLOS8AI11B

GiBiMB et Gzna, peine, sooci, chagrin et anni tortnre, question. « C'est une dangereuse invention que celle de gehenes » : D» 36.

Gdiouil, ancienne orthographe de genou,

GsNnLrnoa, femme de gentilhomme.

GtsTis, hauts faits, actions.

Gbt, on Jbt^ Ject^ du lat. jactut, calcul à Taide de jetons: « Le jet à la plume est plus sûr que celui des jetons ». (Richelet.)

GoBiAU, gobelet, coupe à boire, du celt. gob, bouche.

GoaciASia (Se), se pavaner, s'enorgueillir, dérivé de gorgia*, espèce de collet dont les femmes couvraient leur gorge.

Gossiua ou GAUssEUit> syn. de gaudisHur. c D'une nature débonnaire comme sont volontiers les hommes gras et gosseurs » : II, 9 1 .

Gourd, perclus par le froid, engourdi^ du lat. gurdus, lent^ paresseux.

GouRMAMDEa, dévorer avec avidité, au propre et au figuré.

GaATima a, rendre grâces, être agréable. « Penser gratifier au ciel et à la nature par nostre massacre et homicide > : I, a 08.

GtAVi, gravier, gravelle.

GuGUES et Greguksquis, haut de chausses; proprement, chausses à la grecque. « Si nous fussions nez avec condition de cotillons et de greguesqnes » : I, a 38.

Grevsuu, hernie ; dérivé de grepe, du bas latin greva, qui a signifié jambe et partie de l'armure qui couvrait la jambe.

GaoïssB, grossesse.

Grossemb, ftnerie, bêtise.

GuADf. « En guain cessant et en dommage émergeant » : (IV, Si), c'est-à-dire, sans profit ni perte, Uicro cessante, émergente damno,

GuxRDOM, récompense, de l'ital. guiderdone,

Gtmmosophistis , philosophes indiens, nommés ainsi par les Grecs parce que la plupart vivaient nus; du grec yvfiifàç, nu, et iroftrr^ç, sage.

HALLBBRENi, se dit, en fauconnerie, d'un oiseau de proie qui a les plumes rompues; d'où, au figuré, fatigué^ harassé, a Le crocheteur et savetier tout harassez et hallebrenez qu'ils sont de travail et de faim» : III, 198.

Harper (Se), s'attacher fortement, se saisir l'un l'autre.

HADTAiNExi, terme vieilli, dérivé de hautain « L'orgueil et hantaineté de nos bastimens » : I, 69.

Hautessb, hauteur, élévation; n'est plus employé qu'au figuré.

Herbe du Turc, nom vulgaire de la hemiole, hernaria glabra,

Hergne ou Hargne, humeur chagrine; d'où hargneux.

Heur, syn. de bonheur, employé concurremment avec son composé;

HoMMEMET ou HoMMELET> hommeau, petit homme.

Hormais, apocope de désormais, qu'on écrivait aussi des or ou hor (de hora, heure), mais (de magis, davantage, en avant).

IcELUi, icsLLB, celul. Celle dont on a parlé auparavant.

IcHMEAUMOM, îchneumou, nommé aussi mangouste et rat de Pharaon,

mammifère carnauier digitigrade, de la grosseur d'un chat et de la forme de la martre , très friand de serpents et d'œufs de crocodile.

looTNB, propre à, du lat. idoneus.

Importable, insupportable. « Les maladies importables » : IV, 94.

Improuveu, imprévu. — A Vimprouvtu, à l'improviste.

Incdlcation, action d'inculquer, de faire entrer dans l'esprit en répétant souvent la même chose ; du lat. inculcatio, fait de in, dans, et eulcare, fouler, presser. « Je me desplait de Tinculcation, voire aux choses utiles » : IV, 47.

Imf&asqubr (S'), s'embarrasser, s'embrouiller, de l'ital. infrascare, qui signifie couvrir de feuillage.

Ihjursr (S'), s'injurier, III, 71.

Uz, courroux, colère, du lat. ira.

I&Eux, courroucé, t Selon que l'eau est ireuse ou bonasse » : II, 4.

Ja, déjà.

Laiulat, laimuons, etc., contractions de laisserais, laisserionsj etc.

LECTEua, professeur, lecteur public. (Nicot.)

Léger (De), légèrement, aisément.

Luisons des biariages, nouements d'éguillettes. « Ces plaisantes liaisons des mariages dont le monde se voit si plein » : I, 90.

Librairie, bibliothèque. « Ma librairie» : ill, 262.

LiTDRE, rature, surcharge, du lat. iitura.

Loisi, 3^ pers. sing. du subj. du vieux verbe loisir, être permis. « Les ordonnances de 2^1eucus estoient telles que, sauf les ruffîens, à l'homme ne loise porter en son doigt anneau d'or » : I, 383.

Lot, prescription émanant de l'autorité souveraine, et aussi :

— Liberté : « Il y a prou (beaucoup de) lojr de parler » : I, 396.

— Moyen, faculté : a II est bien mal aisé de borner les efforts des facultez de l'ame, là où des forces corporelles nous avons plus de loy de les limiter et cognoistre » : III, 128.

— Loisir : « Je seray des derniers sur qui il faudra mettre la main ; ce pendant qu'on pourvoira aux plus pressans, j'auray loy de m'amender » : IV, 3o.

— Droit : « Nous avons loy de nous appuyer, non pas de nous coucher si lourdement sur autruy » : IV, 70.

Lutte ou luictSj Lditer ou luicter^ vieille orthographe de lutte, lutter.

Lut (Boke à), bien boire, boire d'autant, pergrxcari. (Nicot.) Le Duchat, dans son commentaire de Rabelais, croit que l'expression boire allus, dont on a fait ensuite à lut par corruption, vient de l'allemand aWaûs, tout au fond, jusqu'au bout.

Magistère, sdence magistrale, du lat. magisterium, fonction, dignité de chef. « Les sçavans chopent volontiers à cette pierre; ils font tousjours parade de leur magistère et sèment leurs livres par tout » : III, a 5 3 .

GLOSSAIRB

Magistrat, le ditait aa XVI^ siècle pour magUtratun, dont l'expression ne paraît s'être introduite qu'an commencement da siècle suiyant.

Mail, dont maillet est le diminutif. « A bons coups de mail >• : IV, .4..

Main (Avant ou Avant la), d'avance.

Maltalent, dépit, animosité ; formé de mal et de talent dans le sens, attribué primitivement à ce mot, de vouloir, intention.

Malvoulu, baï, détesté, à qui l'on veut du mal.

Maniaclk, maniaque. « Maniacle confiance » : III, 1 5 1 .

Manqui, manqué, défectueux. « Je n'ay rien que moy, et si en est la possession manque et empruntée » : IV, 55.

Maxc, pris dans son sens étymologique probable de pulpe, comme venant de l'allemand marck et signifiant, au figuré, le fond par opposition à la surface : « Je ne conseille non plus aux dames d'appeler honneur leur debvoir; leur debvoir est le marc, leur honneur n'est que l'escorce » : III, 3o. c Ils inventent marc et tout » : I, 29.

Maunx, mer. « Le long de la marine » : IV, s 16.

Marchande (Mettre, Tirer en place), développer, faire valoir. « Ils les faut (les discours de Plutarque) tirer de là et mettre en place marchande » : I, 147. « J'oys encore, sans rider le front, les subomemens qu'on me faict pour me tirer en place marchande (pour me tirer de ma retraite) » : IV, 14a.

Martin (Faire le prestre), jouer plusieurs rôles. Expression proverbiale fondée sur le conte d'un prêtre nommé Martin, qui faisait les fonctions de prêtre et de clerc en disant la messe.

MaugrI, forme ancienne de malgré, dont nous avons conservé quelques dérivés : maugréer, maugréeur.

Médiane, veine du pli du coude. « La veine qui est faite des deux (cephalique et basilique) est appellée vulgairement médiane, à raison qu'elle est faite de deux rameaux et située entre iceux » : (Paré, IV, ai).

Memorieux, qui a de la mémoire. (Cotgrave.)

MxNsALX, en chiromancie, ligne qui traverse le milieu de la main.

Mercadencx, commerce.

Mercy a, grâce à. a Riche, mercy à cette trafique » : III, 14).

-» Sa mercy, par sa merci, grâce à lui. ce Nous autres ignorans estions perdus, si ce livre ne nous eust relevez du bourbier. Sa mercy, noas osons, i cette heure, et parler et escrire » : U, 3o.

Merqus, pour Marque.

- Meshuy, ce jourd'hui, aujourd'hui, du lat. magîs et hodie. Mesnagerib, économie, soin du ménage, r Quant à la mesnagerie»

elles (les bêtes) nous surpassent en cette prévoyance d'amasser » : U, i63.

— Conduite, ménagement : « Et me sert cette mesnagerie de quelque consolation >» : IV, 54.

Metonomie, métonymie; du grec furà, indiquant changement, et Svo/tK, nom.

Miurtx, qu'on écrivait aussi myrte.

Mil, pas, du lat. mica, parcelle.

MicaEGEOis, qui est à moitié grec. • Le sçavant amour du migregeois Properce » : I, 195.

MiNEux, EUSB, qui fait des mines, minaudier, minaudière, en bonne et mauvaise part; d'où, par extension, pauvre, misérable, et aussi, discret, Retenu. « L'amour des Espagnols et des Italiens, plus respectueuse et craintifve, plus mineuse et couverte, me plaist » : lU, Saa.

MoiAU, milieu, centre. (Cotg.)

Mole pour Moule, I, iSa.

Moleste, fâcheux, importun, du lat. molestus, « Je me compose h perdre la vie sans regret, mais comme perdable de sa condition, non comme moleste et impoitune > : IV, 118.

Mon, particule affirmative dont l'origine est incertaine. H. Estienne la fait venir de moult, Nicot du mot grec fUv, et Ménage de /ui£>y, certes, assurément. Diez veut que mon réponde à l'adverbe latin munde, proprement, certainement. Furetière suppose que l'expression e*est mon est l'abréviation de c'est mon avis; et la conjecture semble plausible, par exemple dans le passage suivant : « S'ils s'en contenteront? respondit il, vrayment, c'est mon, pour avares qu'ils soient » : I, 399. Quoi qu'on explique, c*at mon, ce a ou ça mon, sçavoir ou asçavoir mon et faire mon ont la plus haute origine, et persistaient encore au XVII<* siècle chez Molière.

Monopole, assemblée factieuse pour faire quelque menée (Nicot), et aussi intrigue. « Les symptômes ordinaires de cette autre maladie amoureuse, ce sont haynes intestines, monopoles, conjurations » : III, 3o3.

Monstre, montre, revue, parade. « Un jour qu'il assistoit aux monstres générales de son armée • : II, 167.

MoaFONDEMENT , maladie causée par un froid subit. On trouve mor^ fondure dans Nicot.

MoRGUANT, hautain, menaçant, méprisant. « Un homme si desdaigneux et si morguant » : IV, 1 1 .

MoRRiON, casque à l'usage de l'infanterie, comme la salade était l'armure de tête de la cavalerie.

Moussi, émoussé. Montaigne a dit également moussé dans le même sens, a L'esprit, je l'avois moussé • : I, 166.

MuANCS, terme de musique : changement d'une note en une autre.

Muer, changer. « Muant de lieu » : III, 369.

Mulctbr, condamner, du lat. mulctare.

Musse, caché, tapi. « Me voyant musse dans un coing » : II, 159.

Nasitort, cresson à feuilles découpées, d'un goût âpre et piquant.

Ne, ni, du lat. nec.

Nez (S'en prendre au), s'en prendre à soi. « C'est à elle à s'en prendre au- nez » : I, 108. — Hocher du nez, dédaigner, repousser. « Alexandre hocha du nez les ambassadeurs corinthiens • : IV, 97. — Rincer le nez, se nettoyer, se gratter le riez. « Cicero avoit accoustumé de rincer le

nez, qui signifie un nttnrel moqueur > : III, S 3. Ménage, citant ce passage dans son Dictionnairt itjmologiqut, fait Tenir rincer de ringere, et lui attribue le sens de froncer, rider; mais cette opinion ne semble pas avoir été partagée.

NouvxLLETB, nouveauté.

Nue (En), en l'air. < C'estoyent des pensemens yains, en nuë ■ 1

Nuisance, tort, dommage, incommodité.

Onc, Onqu£s, Oncquzs, quelquefois, jamais, au sens positif, du lat. unquam,

Orbi (Coup). Un coup orbe, dit Nicot, est un coup qui ne fait que meurtrissure, sans ouverture de plaie.

Ord, sale, dégoûtant, d*où ordure.

Oai, Ores, Or, alors, maintenant; répété, signifie tantftt. — Ores que^ à présent que.

Orer, parler. Nous avons conservé le composé pérorer.

Orra, ouïra, de l'ancien verbe ùTr, entendre.

ORTBOGRAPmB, orthographe : I, a53. — Ailleurs, ortografe :ÏV, 5o.

OsT, armée, du lat. hostis, pris dans le sens de troupe, réunion de soldats.

OuBLUNCE, oubli.

Ouvrer, travailler. — A l'ouvrer, au travail, à l'ouvrage, c J'ay la veue assez claire et réglée, mais à Touvrer elle se trouble » : III, S 5.

OuvROUER, lieu où l'on travaille, ouvroir, atelier. « Megabysus estant allé voir Appelles en son ouvrouer • : IV, 1 3 .

Parangon de (Au), en comparaison de.

Parangonner, comparer.

Parentelle, l'ensemble des parents, toute la famille, du lat. partntela.

Parlement, action de parlementer. « Berteville estant sorty pour parlemanter, pendant le parlement la ville se trouva saisie • : I, a S. — Cour supérieure de judicature. « Nos parlemens renvoyent souvent exécuter les criminels au lieu où le crime est commis » : I, 7a.

Partement, départ. « Il suffit de l'accompagner à son parlement • :

Partir, partager, qui est le sens primitif de partir, du lat. partiri, diviser en parts. « Comme le monde se voit party » : III, 3 a 3. « Nous partons le fruict de nostre chasse avec nos chiens • : II, 14 S. « La raison fend incontinent le temps et le part en futur et en passé » :

Patisser, faire de la pâtisserie. Employé activement au figuré : « Ainsin, à force beaux mots, ils nous vont pâtissant une belle contexture des bruits qu'ils ramassent es carrefoun des villes • : II, 95.

Pauses (A), de temps en temps, par intervalles.

Pauz, ancien pluriel de pal, pieu.

PicuunmiMT, particniiërement , du lat. peculiariur, en pécule, à titre de pécule; au fig., en propre, spécialement.

Pédants, péd%pt, de Tital. pédante.

PsLAUDi, vexé, molesté, misa contribution, dépouillé. « Je fus pelaudé à toutes mains : au Gibelin j'estois Guelphe; au Guelphe, Gibelin m : IV, 140.

Pelugrin, voyageur, étranger, de l'ital. /xr^^rino, dérivé du lat. pèregrinus, « Oyez dire Metonomie, Métaphore, Allégorie et autres tels noms de la grammaire, semble il pas qu'on signifie quelque forme de langage rare et pellegrin? » I, 3 a a.

Pemsement, action de penser, réflexion.

Peeenni, perpétuel. « Le monde n*est qu'une branloire perenne » : m, aS4. — Coulant toujours. « Deux ruisseaux perennes » : Ht, 36 1.

Petalishs. Le pétalisme était à Syracuse ce que Tostracisme était à Athènes. Les Syracusains écrivaient leur sentence sur des feuilles, irirolov ; les Athéniens, sur des tessons ou morceaux de terre cuite, hrpxxoif.

PiconEua, partisan, soldat irrégulier agissant pour son compte et pillant, le plus ordinairement, pour subsister.

PiEÇA, depuis longtemps ; de pièce a , il y a pièce de temps.

PiBCB, morceau, partie et, absolument, temps pour pièce de temps, a Après avoir esté ensemble quelque pièce, ceux cy^en retournèrent » : II, i55.

Pied (Mettre au], rabaisser. « Le plaisir de certain voyage de grande despence ayant mis au pied cette sotte imagination w : I, 5 7.

Pu>Ea, attraper à la pipée, tromper.

PiSTOLE, petite arquebuse, pistolet, de l'ital. pistola, fait de Pistoia, ville d'Italie où cette arme fut inventée. « Le boulet qui eschappe de nostre pistole » : I, 307.

Planiere, plénière. « Court planiere ». (Cotg.)

Planté, abondance, plénitude, du lat. plenitat, — Aplanie, en abondance.

Pleuyui, garantir^ promettre. (Nicot.) « Je ne pleuvy aucune certitude » : II, 81.

Poindre, piquer. « Les maux d'autruy ne nous doivent pas poindre comme les nostres » : IV, 58.

PoLTRONESQUE, qul rend poltron, qui amollit. « Après qu'il eust gousté les doux fruicts des jardins poltronesques d'£picurus..t » : II, i3o.

Ponant ou Ponent, occident, de l'ital. ponente, couchant.

PoNTiLLE ou PoNCTiLLE, détail infime, circonstance de peu d'importance; du lat. punetum, point.

Poste (A sa) , à sa disposition , à sa convenance , à sa volonté , à sa mode.

PosTPOSSR, subordonner. « J'estime tons les hommes mes compatriotes et embrasse un Polonois comme un François, postposant cette lyaison nationale à l'universelle et commune » : IV, 59. •

PouLUER, poulailler, et, au fig., bicoque, place mal fortifiée.

PouitPEMSER, augmentatif da verbe penser, ajoutant à Tidée de penser celle de Tattention, de la réflexion , de la délibération.

Pourpoint (Estre mis. Se trouver en), être dépouillé ^e tout son bien, n*avoir plus que les habits qu'on porte. On lit dans Nicot : Mis en pourpoint, c'est estre réduit à la besace, bonis omnibus evtntu, ad incitas redactus.

PouaTANT, pour cela, c'est pourquoi, qui est le sens primitif de pour^ tant (pour si grande chose). « C'est le vray avantage des dames que le corps ; les disconn, la prudence et les offices d'amitié se trouvent mieux chez les hommes : pourtant gouvernent ils les affaires du monde » : III, a6o.

Pouvoir (Se), pour Pouvoit, I, 181.

PouRVOYER, pourvoir.

PRECIPITEUSEMXNT, précipitamment.

Predicamkmt , catégorie. On appelle prédicaments en logique les dix catégories d'Aristote.

Préoccuper, occuper, saisir d'avance, prévenir.

Prime, premier, c Estre le prime de Grèce, c'est estre le prime du monde » : III, 17 5.

Primement, premièrement.

Primesautibr, qui fait ses plus grands effons du premier coup. « J'ajr un esprit primesautier » : II, 81.

Principesque, qui appartient aux princes, qui tient des princes. • Ames principesques » : I, 37. « Avantages principesques » : I, 278.

Prindrent, prirent. •

Prinsaut (D'un), d'un premier saut, subitement.

pRivi, subs. masc, intime, a Après s'estre souvent condolu à ses privez... » : I, 36. — Particulier. « La libéralité n'est pas bien en son lustre en mains souveraines; les privez y ont plus de droict >• : III, 345.

Procerité, haute taille, belle stature.

Profluvion, écoulement, flux, du lat. profluvio, « Profluvion de sable » : IV, 194.

Profonder, approfondir.

Profus, du lat. profusus, répandu abondamment. « La libéralité des dames est trop profuse au mariage et esmousse la poincte de l'affection et du désir » : III, 290.

Propre (Mettre au). Mettre quelqu'un au propre de faire une chose, c'est lui en fournir l'occasion, le mettre dans le cas de faire cette chose. <i La mollesse de ses aprets rend plus vray-semblable que le nez luy eust seigné, qui l'en eust mis au propre » : lÛ, 4.

Protocole, souffleur. <« Ce fleuteur protocole de Gracchus qui am<K lissoit, roidissoit et contournoit la voix de son maistre lorsqu'il haranguoit à Rome... » : II, 304. Protocole, dit Nicot, est celuy qui porte le roollet par derrière et à fespaule d'un qui harangue, ou joue en farces et moralitez pour les redresser et remettre au fil de leur harangue ou roollet, quand ils varient ou demeurent court : posticus summonitor.

Prou, assez, beaucoup.

PROUYOïa, pourvoir.

Quand it quand, en même temps, tout de suite. Quant et, ou mieux Quand et, avec.

QuANTES FOIS, combleu de fois.

Quartier (A), de côté, à part.

Quatrain , monnaie qui valait à peu près un liard , selon le Dictionnaire de Trévoux.

QuBSTUERE ou QpESTUAiRE, mercenaire, du lat. quxstuarius.

Racointer, accointer de nouveau, retrouver.

Racotsbr, rapaiser, composé de accoyser, venant de coi, tranquille, paisible.

Raller a terre, s'éteindre modestement, par opposition à mourir avec pompt, d'une manière théâtrale, « En Caton on void bien à clair que c'est une alleure forcée et tendue ; aux nobles exploits de sa vie et en sa mort on le sent tousjours monté sur ses grands chevaux. Cettuy cjr (Socrate) ralle à terre et, d'un pas mol et ordinaire, traicte les plus utiles discours » : IV, 134. Il est des éditions où Ton a mis en note que raller à terre, selon Cotgrave, c'est couri»vite et raser la terre comme certains oiseaux. Nous ne contestons pas cet éclaircissement si Ton considère raller comme étant le réduplicatif de aller; mais ce n'est pas le cas dans notre texte. Nous sommes bien évidemment ici en présence du verbe râler employé à la troisième pers. du sing. du prés, de l'indicatif; autrement, ce n'est pas ralle qu'il faudrait, mais bien rêva,

Ramentevoir, remettre en l'esprit, rappeler.

Ravasser, rêvasser.

R'aviser, réformer, corriger. « Ceux qui ont essaie de r'aviser les meurs du monde > : III, 241.

Rat, rais, rayon.

Realb, monnaie d'aigent d'Espagne.

Reboucher, émousser. « La considération et le respect d'une ti notable vertu reboucha la pointe de sa colère » : I, 4.

Rebours, qui recule en arrière, revêche, intraitable.

Rbbrasser, retrousser, relever, écarter. « Il faut rebrasser ce sot haillon qui couvre nos meurs • : III, 280.

Recordation, souvenir, mémoire, du lat. recordatio,

Recors, témoin, du lat. recordari, se souvenir, se recorder. « De quoy accuserons nous et luy et deux saincts evesques qu'il appelle pour ses recors »? I, 174.

RicoussE et Rescousse, reprise de ce qui a été enlevé par force. « Pendant nos dernières guerres de Milan et tant de prises et récousses » :

Recouvrer, découvrir, rencontrer. « Soigneux, à fort grande des-

35o GLOSSAIRE

pence, de recooTrer des hommes suffisants en font genre de sciences qn'il tenoit continuellement autour de luy » : I, 139.

Recrzu, part, de l'ancien yerbe recroire j formé du bas latin te recredere, se confier, se rendre et, conséquemment, être rendu, e&cédé de fatigue, harassé. « Un chien las et recreu » : I, a 34.

Refport ou RAiFoaT, espèce de grosse rave, du vieux français rah, racine, et fort.

RiFRCscHissEMtNT, on disait aussi rafratchissement.

Regard de (Par ou Pour le). Quant à, par rapport à, en ce qui concerne. — A mon regard, à mes yeux. — Pour leur regard, à leurs yeux.

Reistre , sorte de manteau semblable à celui que portaient les rettres. « Laisser pendre son reistre > : I, i6a.

REITERER, réitérer, mettre de nouveau. « Le roy de la Mexique chaugeoit quatre fois par jour d'accoustremens , jamais ne les reiteroit » I. ^io.

RxNGREGER, augmenter, accroître, aggraver.

REMERQtTER, aiUeurs remarquer.

Réservation, action par laquelle on réserve; réserve. « Il en faut faire de mesme, mais tousjours avec cette réservation de... » : II, m.

Reseu, qu'on écrivait aussi reseul et reseuil, réseau.

RxssEANT, qui a un séjour fixe quelque part, qui est domicilié, résidant, «c S'il y a quelque personne d'honneur, quelque bonne compagnie aux champs, en la ville, en France ou ailleurs, resseante ou voyagere, de qui les humeurs me soient bonnes , il n'est que de siffler en paume , je leur iray fournir des Essays en cher et en os » : III, 178.

RéTRAiN, restreint, resserré, n Cette jalousie nous rend plus rétrains envers nos enfans » : II, 5 7.

RioTTE , plaisanterie aigre-douce , taquinerie , petite dispute. « Il y a naturellement de la brigue et riotte entre les femmes et nous » : III, 190.

RoMMELER, grommeler. (Cotg.)

RotjSR, tourner. (Nicot.) a Nous rouons sans cesse en ce cercle » :

in, 7.

RocET (Mettre au] , déconcerter. « Le roy François premier se vantoit d'avoir mis au rouet par ce moyen Francisque Tavema v : I, 3o. — Eitre au rouet, être à bout de ressources, d'inventions. D'après Cotgrave, cette locution se dit proprement du lièvre qui, épuisé par une longue course, ne fait plus que tourner autour des chiens.

Route, déroute, défaite, du lat. rupta.

Sacraire, sanctuaire, du lat. uicrarium.

Salade, casque à l'usage de la cavalerie dans les XV*, XVI* et XVII* siècles; de l'ital. celata, casque, dont les soldats français firent pendant les guerres d'Italie le mot de salade,

Salseperilu, salsepareille : III, 194.

Samctimonib, sainteté, pureté, du lat. tanttimioma.

GLOSSAIRE 35l

Sarbatamk, forme primitive de sarbacane; de l'espagnol cerbatana, zarbatana^ venant de l'arabe zabatana.

Sauvets, état d*une personne ou d'une chose mise hors de péril. « Il y a tant de hasards et tant de degrez à se reconduire à saaveté que ce n'est jamais faict » : IV, 198. Swrtté tend à absorber sauveti; c'est dommage, car on voit la nuance.

ScA&REBiLLAT OU EscAuiLLAT, couvert, échauffé, comme le petit morceau de charbon ou escarbille qui, ayant échappé à la combustion, reste mêlé avec les cendres; par extension, gai, de bonne humeur^ éveillé. M Je ne sçay qui demandoit à un de nos gueux, qu'il voyoit en chemise en plein hyver, aussi scarrebillat que tel qui se tient ammitonné dans des martes jusques aux oreilles, comme il pouvoit avoir patience » : I, a 38.

ScxLxai, scélérat.

Séjour, repos, oisiveté. « Chacun devoit rendre raison de ses actions, non pas de son séjour » : IV, 29.

Séjourner, donner du repos, amortir. « Affoiblissez le (l'amour), séjournez le en le divisant et divertissant » : III, 269. — Se tejourner, s'abstenir. « On se séjourne volontiers de tout autre bien faire » : III, 141.

Sens (Je me) pour Je sens. « Je me sens bien que je suis hors d'haleine » : I, aoa.

Si, ainsi, autant. « Un tel en mourut. Si ferez vous» : IV, 191. — Si et et ii, pourtant, néanmoins, toutefois. « Ce fruict est plus grand sans comparaison, et si sera plustost meury » : I, 1 5 1 . — S< que, si bien qne, de telle sorte que. « Gallus Vibius emporta son jugement hors de son siège, si qu'onques puis il ne l'y peut remettre » : I, 88. — Si at ce que, toujours est-il, quoi qu'il en soit : I, 19, 3 o a. — Si (employé substantivement), sous cette condition, à ce point. « Le larrecin estoit action de venu à Lacedemone , par tel si qu'il estoit plus vilain qu'entre nous d'y estre surpris > : I, 5o.

SiHPLESSB , naturel sans déguisement , simplicité naturelle. Simplesse est un mot charmant et nécessaire, a dit Nodier; nos meilleurs poètes du genre gracieux lui ont donné le droit de cité. Simplicité n'a pas la même acception au figuré, oà il se prend maintenant pour grossièreté d'esprit et de manières, tant les merveilleux progrès de la politesse ont influé sur la modification des mots.

SoLBNME, solennel, du lat, solemnis.

SouLoiT, troisième pers. sing. de l'imp. de l'ind. du verbe souloir, avoir coutume ; du lat. solere.

SousTiNDRENT, soutinrent.

Splamade, esplanade.

Strette, étreinte, attaque; de l'ital. stretta, formé du lat. stricta, « A la moindre strette que luy donne la goutte » : I, a; 5.

Stropiat, estropié.

Stropier, estropier, de l'ital. stroppiare,

SuADER, persuader.

Sdasion, persuasion, conseil, sollicitation.

SuccsDiR, réussir. « Cela luy ayant un peu mieux succédé qu'il n'esperoit v» : IV, 114.

SuFFRAGANT. humble, subalterne, comme doit être Téfêque suffragant à regard de son métropolitain, r S'il plaist à la doctrine de se mesler à nos devis, elle n'en sera point refusée, non magistrale, impérieuse et importune comme de cou&tume, mais suffragante et docile elle mesme » : m, 257.

SupPLissBNT, suppléassent, de l'ancienne forme $upplir, venant de l'ital. lupplirt. « Affin qu'ils supplissent sa place » : I, 129.

SuapREiGNENT, surprennent.

Sus, dessus, sur. — Sut bout, tout court. « Cette sienne résolution arresta sus bout la furie de son maistre » : I, 4.

Tabuer, table divisée en carrés de différentes couleurs où l'on jouait aux dames, aux échecs, au trictrac. « Nous pelotions nos déclinaisons à la manière de ceux qui, par certains jeux de tablier, apprennent l'arithmétique et la géométrie » : I, i65.

Tabourin, diminutif de tabour, ancienne forme de tambour.

Tabot, querelle, vacarme. — Tabuter, inquittare, molatart (Nicot); d'où la forme extensive tarabuster.

Targue, proprement bouclier, et figurément garde. « Haster son pas et se mettre sur sa targue » : II, 88.

Tect, toit, du lat. tectum,

Testonner, peigner les cheveux. « Un empereur mourut de l'esgrafigneure d'un peigne en setestonnant » : I, 75. Au fig. : « Catulle qui avoit testonné César si rudement sons le nom de Mamurra... » : III, 141.

TiSTRE, tisser.

Toucher, éprouver comme sur la pierre de touche. « La philosophie, à laquelle se doivent toucher les actions humaines comme à leur reigle • : 1, 149.

TouRNEviRER, toumer et virer en tous sens. « Les moindres choses du monde tournevirent nostre jugement » : II, 267.

Tours (A), tour à tour.

Tout (A), et A tout de, avec, a Les plus jeunes vont à la chasse des bestes à tout des arcs » : I, 218. « Il faut retenir à tout nos dents et nos griffes l'usage des plaisirs de la vie » : I, 259. — On écrivait aussi atout d'un seul mot.

Trait, part, passé de traire, nu, tiré du fourreau (Nicot) en pariant des armes. « Elle prit un poignart et le tenaht trait en sa main... » : III, 161. « Si, les yeux ouverts, elle attend les espées traites » : I, 27a.

Tranchant, franchissant. « Les bois, les monts, les baisses (vallées), vois (je vais) tranchant v : I, 196.

Trasseure, coup de plume tracé sur les mots pour les annuler. « J'ay accoustumé les grands qui me connoissent à Supporter dans mes lettres des litures et des trasseures » : I, 266

TusTOUT, Trxtout, augmentatif de tout, « Nous estimant trestous de« mouches et des vessies » : l, 3 1 8.

UsANCi, usage reçu.

Vacation, profession. « Plusieurs vacations, et moindres et plus dignes que la leur (celle des médecins), n'ont fondement et appuy qu'aux abuz publiques » : III, ao6. — État, condition. « La vacation stérile (le mariage sans enfants) a bien aussi ses commoditez » : IV, 90.

Val dz routk (A), en descendant la route, en déroute. « Il ne les peut tourner en fuite à val de route » : I, 290.

Vau u vsnt (a) ou Avau d'un seul mot, en suivant le cours du vent. « Celuy là s'en va avau le vent » : II, 8.

VAUsmofT, valurent. « Les assiégez n'en vausirent pas moins » I, «34.

Veniamce, vengeance, I, 334. Lisez yen/ance.

Vergoignb, vergogne, honte, par corruption du lat. vtrtcundia,

Vesprx, soir, du lat. vtzptr, « Le matin et le vespre » : I, 1 54.

ViLANiE, vilenie.

Vin au bas, vin du fond du tonneau, vin arrivé à la lie.

Virer, aller en tournant, du bas lat. virare.

Visage, aspect, apparence. « Divers visages dediscoun » : I, 45.

VisrrATiON, action de visiter, visite. « Le vieux Caton, estant au gouvernement de Sardaigne, faisoit ses visitations à pied » : I, 324.

Voire, vraiment, en vérité, oui, certes.

Vois pour Vais.

Voyager, qui aime à voyager. « Personne resseante ou vofagere » : in, 278.

nr

Page 1