LIVRE PREMIER
à-dire : « Cet évèque voulait bien encore assommer, d'une pareille subtilité de conscience à cette autre subtilité qui lui faisait livrer à un tiers, pour les égorger, les ennemis qu'il avait pris. »
Le texte porte cet autre au masculin. Nous avons respecté ce solécisme, qui se reproduit plusieurs fois dans les Essais. Voy. notamment page 270.
P. 206. Hem ! Wr... Ah ! qu'un homme peut être supérieur à un autre homme !(Térence, Eunuque, act. Il, se. m, v. 1.)
207. Regibus... Les rois ont cette coutume, lorsqu'ils achètent des chevaux, de les examiner couverts, de peur que, si le cheval a la tête belle et le pied mou, comme il arrive souvent, l'acheteur ne se laisse séduire par Paspect d'une croupe arrondie, d'une tête fine ou d'une fière encolure. (Horace, Sat.y I, 11, 86.)
— Comme dit tres'plaisamment un ancien. Voy. Sénèque, Epist. 76.
208. Sapiens sibique.,. Est-il sage et maître de lui? ne craint-il ni la pauvreté, ni la mort, ni l'esclavage? sait-il résister à ses passions et mépriser les honneurs? renfermé tout entier en lui-même, rond et poli comme la boule que rien n'empêche de rouler, ne laisse-t-il aucune prise à la fortune? (Horace, Sat., II, vu, 83.)
— Nonne... Ne voyons-nous pas que la nature n'exige de nous rien de plus qu'un corps sain et une âme sereine, exempte de soucis et de crainte? (Lucrèce, II, 16.)
— Sapiens, poil.,. Par Pollux! le sage est le propre artisan de son bonheur. (Plaute, Trinummus, act. II, se. 11, y. 84.)
209. SciUcet.., Parce que brillent sur lui, enchâssées dans l'or, de grosses émeraudes de la plus belle eau, et parce qu'il est paVé de magnifiques habits couleur vert de mer, lesquels il a bientôt fait de souiller dans les orgies et dans de honteux plaisirs. (Lucrèce, IV, 11 23.)
— En Thrace, Voy. Hérodote, V, 7.
P. 210. Non en/m... Ni les trésors, ni les faisceaux consulaires ne chassent les inquiétudes et les soucis qui voltigent sous les lambris dorés. (Horac£> Od., II, xvi, 9.)
— Re veraque... A la vérité, les craintes et les soucis, mséparables de Phomme, ne s'effrayent point du fracas des armes; ils fréquentent hardiment à la cour des rois et n*ont aucun respect pour Téclat qui environne le trône. (Lucrèce, II,
— Nec... La fièvre brûlante ne vous quittera pas plus tôt si vous êtes étendu dans la pourpre et parmi les broderies que si vous gisez sur le grabat du plébéien. (Id., II, 34.)
— Les fiateurs du grand Alexandre. Voy. Plut arque, ApophthegmeSf à l'art. Alexandre.
— Ille beatus... Le bonheur du sage est en lui-même; tout autre bonheur est superficiel. (Sénèque, Epist, 11 5.)
211. Hermodorus, Voy. Plutarque, Apophthegmes , à l'art. Antigonus.
— Puellx.., Que les jeunes filles se l'arrachent, que partout les roses naissent sous ses pas! (Perse, Sat,, II, 38.)
—^ Hsec... Les choses valent selon le possesseur : bonnes à qui sait s'en servir, mauvaises à qui en mésuse. (Térence, Heautont.f act. I, se. m, v. 21.)
— Non domus... Ce ne sont pas ces terres, ce palais, ces monceaux d'or et d'argent, qui guériront de la fièvre celui qui les possède, ou qui purgeront son âme de toute inquiétude ; la jouissance exige la santé de l'âme et du corps. Pour qui désire ou qui craint, toutes ces richesses sont comme des tableaux à un chassieux ou des onguents à un podagre : quand le vase est impur, tout ce qu'on y verse s'aigrit. (Horace, Epist., I, 11, 47.)