‹ Les Essais, Volume 7Chapitre 21 sur 317 · CHAPITRE XUl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUl

ny faire des enfans qu'avant le sommeil, ny les faire debout, ny porter ma sueur, ny m'abreuvcr d'eau pure ou de vin pur, ny me tenir nud teste long temps, ny me faire tondre après disner; et me passerois autant malaiséement de mes gans que de ma chemise, et de me laver à Tissuê de table et à mon lever, et de ciel et rideaux à mon lict, comme de choses bien nécessaires. Je disnerois sans nape; mais à i'alemande, sans serviette blanche, tres-incommodéement; je les barbouille» plus qu'eux et les Italiens ne font, et m'ayde peu de cullier et de fourchete. Je plains qu'on n'aye suyvy un train que j'ay veu commencer à l'exemple des roys : qu'on nous changeast de serviette selon les services, comme d'assiette. Nous tenons de ce laborieux soldat Marins que, vieillissant, il devint si délicat en son boire qu'il ne le pouvoit prendre que dans une sienne couppe particulière*. Les tasses me desplaisent et l'argent au pris du verre, et d'estre servy à boire d'une main inaccoustumée et estrangere et en verre commun; et me laisse aller au choix de certaine forme de verres 5. Je dois plusieurs telles

Page 1