‹ Les Essais, Volume 7Chapitre 22 sur 317 · Je les souïlU · texte numérisé non relu

Je les souïlU

2. 11 devint délicat en son boire, et ne le prenoit qo^en une sienne couppe particulière.

3 . Les tasses me desplaisent, etc. [Variante] : Moy, je me laisse aller de mesme à certaine forme de verres, et ne boy pas volontiers en verre commun, non plus que d*une main commune : tout métal m'y desplaist au prix d'une matière

mollesses à Tusage. Nature m'a aussi, d'autre part, apporté les siennes : comme de ne soustenir plus deux plains repas en un jour sans surcharger mon estomac, ny l'abstinence pure de l'un des repas sans me remplir de vents, assécher ma bouche, estonner mon appétit; de m'offenser d'un long serain, car, depuis quelques années, aux courvées de la guerre, quand toute la nuict y court, comme il advient communément, après cinq ou six heures l'estomac me commence à troubler avec véhémente douleur de teste, et n'arrive poinct au jour sans vomir. Comme les autres s'en vont desjeuner, je m'en vay dormir, et, au partir de là, aussi gay qu'au paravant. J'avois tousjours appris que le serain ne s'espandoit qu'à la naissance de la nuict; mais, hantant, ces années passées, familièrement et long temps un seigneur imbu de cette créance, que le serain est plus aspre et dangereux sur l'inclination du soleil une heure ou deux avant son coucher, lequel il évite soingneusement, et mesprise celuy de la nuict, il m'a cuidé imprimer > non tant son discours que son sentiment.

Quoy ! que le doubte mesme et inquisition de l'imagination nous frappe^ et nous change? Ceux qui cèdent tout à coup à ces pantes attirent l'en-

claire et transparante : que mes yeux y tastent aussi selon leur capacité.

j. 11 a cuidé m'imprimer.

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