CHAPITRE XIII S
tiere ruyne sur eux; et plains plusieurs gentilshommes qui, par la sottise de leurs médecins, se sont mis en chartre tous jeunes et entiers. Encores vaudroit-il mieux souffrir un reume que de perdre pour jamais par desacoutumance le commerce de la vie commune, en action de si grand usage'. Estendons nostre possession jusque aux derniers moyens. Le plus souvent on s'y durcit en s'opiniastrant , et corrige Ton sa complexion, comme fit Caesar le haut mal à force de le mespriser et corrompre. On se doit adonner aux meilleures règles, mais non pas s'y asservir , si ce n'est à celles, s*il y en a quelqu'une, ausquelles l'obligation et servitude soit utile.
Et les roys et les philosophes fientent, et les dames aussi : les autres ont pour leur part la discrétion et la suffisance, moy l'ingénuité et la liberté 2; les vies publiques se doivent à la cérémonie, la mienne cachée et privée 3 jouit de toute di$pence naturelle ; soldat et Gascon sont qualitez aussi un peu subjettes à l'indiscrétion. Parquoy je diray cecy de cette action, qu'il est besoing de la renvoyer à certaines heures prescriptes et nocturnes, et s'y forcer par coustume et assubjectir, comme j'ay faict , mais non s'assujectir, comme j'ay faict en vieillissant, au soing de particulière
1. Fascheuse science qui nous descrie les plus douces heures du jour.