‹ Les Essais, Volume 7Chapitre 3 sur 317 · Ut olim flagitiis, sic nunc Ugibus laboramus · texte numérisé non relu

Ut olim flagitiis, sic nunc Ugibus laboramus

sont les plus rares, plus simples et générales; et encore crois-je qu'il vaudroit mieux n'en avoir point du tout que de les avoir en tel nombre que nous avons.

Nature les donne tousjours plus heureuses que ne sont celles que nous nous donnons , tesmoing la peinture de Taage doré des poêles et Testât où nous voyons vivre les nations qui n'en ont point d'autres. En voylà qui, pour tous juges, emploient en leurs causes le premier passant qui voyage le long de leurs monlaignes; et ces autres eslisent, le jour du marché, quelqu'un d'entre eux qui sur le champ décide tous leurs procès. Quel danger y auroit-il que les plus sages vuidassent ainsi les nostres selon les occurrences et à l'œil , et • sans obligation d'exemple et de conséquence? A chaque pied son soulier. Le roy Ferdinand, envoyant des colonies aux Indes , prouvent sagement qu'on n'y menast aucuns escholiers de la jurisprudence , de crainte que les procès ne peuplassent en ce nouveau monde, comme estant science, de sa nature, génératrice d'altercation et division : jugeant avec Platon que c'est une mauvaise provision de pays que jurisconsultes et médecins.

Pourquoy est-ce que nostre langage commun, si aisé à tout autre usage, devient obscur et non intelligible en un contract et testament; et que celuy qui s'exprime si clairement, quoy qu'il die et escrive, ne trouve en cela aucune manière de

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