Et iroigne magistrale
me menassant tantost de grandes douleurs, tanlost de mort prochaine. Je n'en estois abbatu ny deslogé de ma place, mais j'en estois heurté et poussé : si mon jugement n'en est ny changé ny troublé, au moins il en estoit empesché; c'est lousjours agitation et combat.
Or je trete mon imagination le plus doucement que je puis et la deschargerois, si je pouvois, de toute peine et contestation; il la faut secourir et flatter, et piper qui peut. Mon esprit est propre à ce service ', il n'a point faute d'apparences par tout. S'il persuadoit comme il presche, il me secourroit heureusement.
Vous en plaict il un exemple ? Il dict que c'est pour mon mieux que j'ay la gravele; que les bastimens de mon aage ont naturellement à souffrir quelque goutiere (il est temps qu'ils commencent à se lascher et desmentir, c'est une commune nécessité, et n'eust on pas faict pour moy un nou'veau miracle : je paye par là le loyer deu à la vieillesse, et ne sçaurois en avoir meilleur compte); que la compaignie me doibt consoler, estant tombé en l'accident le plus ordinaire des hommes de mon temps (j'en vois par tout d'afBigez de mesme na^ ture de mal, et m'en est la société honorable, d'autant qu'il se prend plus volontiers aux grands : son essence a de la noblesse et de la dignité); que des hommes qui en sont frapez il en est peu de quittes à meilleure raison; et si, il leur couste la