CHAPITRE XIII
peine d'un fascheux régime et la prise ennuieuse et quotidienne des drogues médicinales, là où je le àoy purement à ma bonne fortune : car quelques bouillons communs de Teringîum et herbe du turc, que deux ou trois fois j*ay avalé en faveur des dames qui, plus gratieusement que mon mal n'est aigre, m'en offroyent la moitié du leur, m'ont semblé également faciles à prendre et inutiles en opération. Ils ont à payer mille veux à Esculape et autant d'escus à leur médecin de la profluvion de sable aysée et abondante que je reçoy souvent par le bénéfice de naturel « La crainte de ce mal, faict-il*, t'effraioit autresfois quand il t'estoit incogneu; les cris et le desespoir de ceux qui l'aigrissent par leur impatience t'en engendroient l'horreur. C'est un mal qui te bat les membres par lesquels tu as le plus failly..Tu es homme de conscience,
Quœ vtnit indigne pana doltnda vtnit :
regarde ce chastiement, il est bien doux au pris d'autres, et d'une faveur paternelle; regarde sa lardifveté, il n'incommode et occupe que la saison de ta vie qui, ainsi comme ainsin, est mes-huy perdue et stérile, ayant faict place à la licence et plaisirs de ta jeunesse comme par composition. La
1. La décence mesme de ma contenance en compagnie /)*en est pas troublée; et porte mon eau dix heures et aussi long temps qu'un sain.