‹ Les Essais, Volume 7Chapitre 36 sur 317 · IJ y en a tantost un autre · texte numérisé non relu

IJ y en a tantost un autre

Ss LIVRE TROISIESME

pour donner pris et faire espaule à la vertu, nous pouvons dire, avec meilleur raison et conjecture moins hardie, que nature nous a fourni * la douleur pour l'honneur et service de la volupté et indolence. Lors que Socrates, après qu'on l'eut deschargé de ses fers, sentit la friandise de cette demangeson que leur pesanteur avoit causé en ses jambes, il se résjouyt à considérer l'estroitte alliance de la douleur à la volupté, comme elles sont associées d'une liaison nécessaire, si qu'à tours elles se suyvent et s' entr' engendrent»; et s'escrioit au bon Esope qu'il deust avoir pris de cette considération un corps propre à une belle fable. Le pis que je vôye aux autres maladies, c'est qu'elles ne sont pas sigriefves en leur effect comme elles sont en leur yssue : on est un an à se ravoir, tousjours plein de foiblesse et de crainte; il y a tant de hazard et tant de degrez à se reconduire à^auveté que ce n'est jamais faict. Avant qu'on vous aye deffublé d'un couvrechef et puis d'une calote, avant qu'on vous aye rendu Tusage de l'air, et du vin, et de vostre femme, et des melons, c'est grand cas si vous n'estes recbeu en quelque nouvelle misère. Cette-cy a ce privilège qu'elle s'emporte tout net, là où les autres laissent tousjours quelque impression et altération qui rend le corps susceptible de nouveau mal, et se prestent la main les uns aux autres. Ceux là sont

Nous a preste.

Et entr'engendrent.

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