CHAPITRE XIII 5i
OU deux. Mes reins ont duré quarante ans > sans altération; il y en a tantost quatorze ^ qu*ils ont changé d'estat. Les maux ont leur période conime les biens. A Tavanture est cet accident à sa fin. L'aage affoiblit la chaleur de mon estomac ; sa digestion en estant moins parfaicte, il renvoyé cette matière crue à mes reiqs : pourquoy ne pourra estre, à certaine révolution, afToiblie pareillement la chaleur de mes reins, si qu'ils ne puissent plus pétrifier mon flegme, et nature s'acheminer à prendre quelque autre voye de purgation ? Les ans m'ont évidemment faict tarir aucuns reumes : pourquoy non ces excremens qui fournissent de matière à la grave ?
Mais est-il rien doux au prix de cette soudaine mutation, quand d'une douleur extrême je viens, par le vuidange de ma pierre, à recouvrer, comme d'un esclair la belle lumière de la santé, si libre et si pleine, comme il advient en nos soudaines et plus aspres choliques? Y a il rien en cette douleur soufferte qu'on puisse contrepoiser au plaisir d'un si pronipt amandement? De combien U santé me semble plus belle après la maladie, si voisine et si contigue que je les puis recognoistre en présence l'une de l'autre, en leur plus haut appareil, où elles se mettent à l'envy comme pour. se. faire teste et contrecarre! Tout aiqsi que les stoyciens disent que les vices sont utilement întrodui^ts