‹ Les Essais, Volume 7Chapitre 40 sur 317 · Et m'accommode · texte numérisé non relu

Et m'accommode

2. Mais sur le pav^, dtpuis mon premier aage, je n'ay aymé <f 'aller qu^à cheval.

3. A estre choquez et coudoyez, à faute d'apparence; et ay aymé à me reposer.

point d'utilité, ny plus juste, ny plus universelle, que la protection du repos et grandeur de son pays. La compaignie de tant d'hommes vous plaist, nobles, jeunes, actifs; la veue ordinaire de tant de spectacles tragiques; la liberté de cette conversation sans art, et une façon de vie masle et sans cérémonie; la variété de mille actions diverses; cette courageuse harmonie de la musique guerrière qui vous entretient et eschauffe et les oreilles et l'ame; l'honneur et noblesse ' de cet exercice, son aspreté mesme et sa difficulté '. Vous vous conviez aux rolles et hazards particuliers selon que vous jugez de leur esclat et de leur importance^, et voyez quand la vie mesme y est excusablement employée,

Pulchrumque mori succurrit in armis.

De craindre les hazards communs qui regardent une si grande presse, de n'oser ce que tant de sortes d'ames osent 4, c'est à faire à un cœur vile ( et bas outre mesure. La compagnie asseure jusques aux enfans. Si d'autres vous surpassent en science, en grâce, en force, en fortune, vous avez des causes tierces à qui vous en prendre ; mais de leur céder en fermeté d'ame, vous n'avez à vous

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