‹ Les Essais, Volume 7Chapitre 39 sur 317 · CHAPITRE XIII S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII S

mais je cède * en gênerai autant que toat autre à la nécessité. Le dormir a occupé une grande partie de ma vie ; et le continué encores en cet aage, huict ou neuf heures, d'une halaine. Je me retire avec utilité de cette propension paresseuse, et en vauls évidemment mieux ; je sens un peu le coup de la mutation, mais c'est faict en trois jours. £( n'en voy guieres qui vive à moins quand il est besoin, et qui s'exerce plus constamment, ny à qui les corvées poisent moins. Mon corps est capable d'une agitation ferme, mais non pas véhémente et soudaine. Je fuis meshuy les exercices violents et qui me meinent à la sueur : mes membres se lassent avant qu'ils s'eschaufTent. Je me tiens debout tout le long d'un jour, et ne m'ennuye poinct à me promener; mais, sur le pavé, je ne puis aller qu'à cheval 3; à pied, je me crotte jusques aux fesses, et les petites gens sont subjets par ces rués à estrc choquez, à faute d^apparence. J'ayme à me reposer l soit couché , soit assis , les jambes autant ou plus hautes que le siège.

Il n'est occupation plaisante comme la mihtaire : occupation et noble en exécution, car la plus forte, généreuse et superbe de toutes les vertus est la vaillance; et noble en sa cause : il n'est

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