‹ Les Essais, Volume 7Chapitre 42 sur 317 · J'ay outrepassé Paage auquel des nations · texte numérisé non relu

J'ay outrepassé Paage auquel des nations

4* Mon visage et mes yeux me descouvrent incontinent.

6o LIVRE TROISIESME

changemens commencent par là, et un peu plus aigres qu'ils ne sont en effect. Je fais souvent pitié à mes amis avant que j'en sente la cause. Moa miroir ne m'estonne pas : car, en la jeunesse mesme, il m'est advenu plus d'une fois de chaus* ser ainsin un teinct et un port trouble et de mauvais prognostique sans grand accident; en manière que les médecins, qui ne trouvoient au dedans cause qui respondist à cette altération externe, l'attribuoient à l'esprit et à quelque passion secrète qui me rongeast au dedans : ils se trompoient. Si le corps se gouvernoit autant selon moy que faict l'ame, nous marcherions un peu plus à nostre aise. Je Tavois lors, non seulement exempte de trouble» mais encore plaine de satisfaction et de feste» comme elle est le plus ordinairement, mojtié de sa complexion, moytié de son dessein :

Nec vitiant artus «grx contacta mentis.

Je tiens que cette sienne température a relevé maintesfois le corps de ses cheutes : il est souvent abbatu ; que si elle n'est enjouée , elle est au moins en estât tranquille et reposé. J'eus la fièvre quarte, quatre ou cinq mois, qui m'avoit tout desvisage; l'esprit alla tousjours non paisiblement seulement I, mais plaisamment. Si la douleur est hors de moy, l'affoiblissement et langueur ne m'attristent guiere. Je vois plusieurs défaillances corporelles, qui font horreur seulement à nommer»

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