‹ Les Essais, Volume 7Chapitre 53 sur 317 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

mes morfordements le plus souvent sans offence du poulmon et sans toux.

L'aspreté de Testé m*est plus ennemie que celle de rhyver : car, outre l'incommodité de la chaleur, moins remediable que celle du froid, et outre le coup que les rayons du soleil donnent à la leste, mes yeux s'offencent de toute lueur esclatante; je ne sçaurois à cette heure disner assiz vis à vis d'un feu ardent et lumineux. Pour amortir la blancheur du papier, au temps que j'avois plus accoustumé de lire, je couchois sur mon livre une pièce de verre et m'en trouvois fort soulagé. J'ignore jusques à présent, à cinquante quattre ans^, Tusage des lunettes et vois aussi loing que je fis onques et que tout autre : il est vray que, sur le déclin du jour, je commence à sentir du trouble et de la foiblesse à lire, de quoy l'exercice a tousjours travaillé mes yeux, mais sur tout nocturne *.

Mon marcher est prompt et ferme; et ne sçay lequel des deux, ou l'esprit ou le corps, j'arresteî plus malaiséement en mesme point. Le prescheur

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