Et communément je ne bois
reigle de Democritus, qui deffendoit de s'arrester à quattre comme à un nombre mal fortuné, je coule, à un besoing, jusques à cinq, trois demysetiers environ ; car les petis verres sont les miens favoris et me plaict de les vuider, ce que d'autres évitent comme chose mal séante. Je trempe mon vin plus souvent à moitié, par fois au tiers d'eau ; et quand je suis en ma maison, d'un antien usage que son médecin ordonnoit à mon père et à soy, on mesie celuy qu'il me faut dés la somelerie, deux ou trois heures avant qu'on serve'. La forme de vivre plus usitée et commune est la plus belle : toute particularité m'y semble à éviter, et haïrois autant un Aleman qui mist de l'eau au vin qu'un François qui le boiroit^ pur. L'usage publiq donne loy à telles choses.
Je crains un air empesché et fuys mortellement la fumée (la première réparation où je courus chez moy, ce fut aux cheminées et aux retrets, vice commun des vieux bastimens et insupportable); et, entre les aspretésJ de la guerre, compte ces espaisses poussières dans lesquelles on nous tient enterrez en esté4 tout le long d'une journée. J'ay la respiration libre et aisée; et se passent
1 . Ils disent que Cranaus, roy des Athéniens, fut inventeur de cet usage de tremper le vjp : utilement ou non, j*en ay veu débattre. J 'estime plus décent et plus sain que les enfans n*en usent qu'après seize ou dix-huict ans.