Ce sont plaintes ingrates et iniques
m'en agrée et Ten remercie '. On fait tort à ce grand et tout puissant Donneur de mespriser son don, l'altérer et desfigurer 2.
Des opinions de la philosophie, j'embrasse plus volontiers celles qui sont les plus solides, c'est à dire les plus humaines et nostres ; mes discours sont, conforméement à mes meurs, bas et humbles 3. Nature est un doux guide, mais non pas plus doux que prudent et juste4. Jequestepar tout sa piste: nous l'avons confondue de traces bastardes et ar-
1. J'accepte de bon cœur et recognoissant ce que nature a faict pour moy, et m'en aggrée et m'en loue,
2. De refuser son don, Vannuler et desfigurer : Tout bon, il a fait tout bon : omnia quœ secundum naturam sunt xstimatione digna sunt.
3. Elle faict bien Penfant à mon gré quand elle se met sur ses ergots pour nous prescher : Que c'est une farrouche alliance de marier le divin avec le terrestre, le raisonnable avec le desraisonnable, le severe à l'indulgent, l'honneste au des-honneste ; Que la volupté est qualité brutale, indigne que le sage la gouste; le seul plaisir qu'il tire de la jouyssance d'une jeune espouse, Que c'est le plaisir de sa con~ science de faire une action selon l'ordre, comme de chausser «es bottes pour une utile chevauchée. N'eussent ses suyvans non plus de droit et de nerfs et de suc au despucelage de leurs femmes qu'en a sa leçon. Ce n'est pas ce que dict Socrates, son précepteur et le nostre : il prise comme il doit la volupté corporelle, mais il préfère celle de l'esprit, comme ayant plus de force, de constance, de facilité, de variété, de dignité. Cette cy ne va nullement seule selon luy (il n'est pas si fantastique), mais seulement première; pour luy la tempérance est modératrice, non adversaire des voluptez.
4. Intrandum est in rerum naturam et penitus quid ea postulet pervidendum.