XIV PRÉFACE
Bottin, sajis profit réel pour V amateur y qui ne recherche, en réalité, que ce qui concerne les pièces de choix.
A ce propos, est-il rien de plus étonnant que devoir avec quelle soudaineté des œuvres, complètement délaissées pendant près d'un demi-siècle, sont brusquement remises en lumière et portées, presque sans transition, à des-cotes fabuleuses ? de voir, par exemple^ des Debucourt, qui se vendaient couramment, il n'y a pas plus de trente ou quarante ans, cinq francs, monter facilement aujourd'hui jusqu'à trois mille francs 7
Par quelle raison expliquer encore que la vogue qui s'attacha si longtemps aux belles épreuves avant la lettre, soit allée, il y a dix ou quinze ans, aux eaux-fortes dont le lâché et le prime-saut écartaient les anciens amateurs, pour revenir maintenant aux œuvres véritablement parfaites, achevées, finies, c'est-à-dire aux pièces léchées et brillantées par le burin ?
N'y a-t-il pas là de quoi dérouter les gens peu au courant des dessous de la question, et qui ne comprennent guère comment ce qui est beau aujourd'hui pouvait ne pas l'être cinquante ans plus tôt? Et ne seront-ils pas tentés d'en conclure que le mot art est quelquefois synonyme du mot engouement ?
Quoi qu'il en soit, grâce à votre présent ouvrage, la besogne, si laborieuse, jusqu'à ce jour, des amateurs, sera singulièrement facilitée.
PREFACE XV
Ils trouveront, en effet, rassemblés, condensés, sous une forme commode et raisonnée, les renseignements qu'il leur fallait aller chercher un à un, en dépouillant les catalogues des pri?icipales ventes {dont quelques-uns, comme ceux des ventes Behaguc et Mulbacher, sont devenus rarissimes et se vendent aujourd'hui vingt et trente fraiics), en compulsant les nombreux ouvrages écrits sur la matière, qui n embrassent souvent que V œuvre d'un seul maître ; véritable travail de bénédictin, de nature à décourager les plus ardents.
Désormais, rien ne sera plus simple et plus facile que de rassembler, en vous prenant pour guide, une collection à la fois complète et irréprochable.
Avant de terminer, il me reste à remercier de votre part, comme vous me l'avez demandé, les nombreux amateurs et marchands d'estampes qui vous ont si gracieusement ouvert leurs portefeuilles, et vous ont aidé si libéralement de leurs conseils et de leur expérience. N' étaient-ils pas, il est vrai, mieux que personne, en situation de comprendre et d'apprécier V intérêt capital que devait offrir votre précieuse publication à tous les collectionneurs fervents ?
Vous me demandez également de plaider ici les circo?istances atténuantes en faveur des erreurs qui ont pu se glisser dans une œuvre d'aussi longue haleine, en priant les lecteurs qui s'en apercevraient, de vouloir bien vous les