‹ Les estampes, images et affiches de la guerreChapitre 14 sur 35 · I. A P R R M I K R R VICTIME · texte numérisé non relu

I. A P R R M I K R R VICTIME

DAPRKS I, A I. ITIlOtJRA l'HIE O R I fV I N A L 8 DE M. (H. L K A N D R E

pour des (envres de guerre, mais ne représentant nullement des sujets de guerre. Klles sont incontestablement de notre domaine par leur insjtiralion, jiar leur destination et par leur procédé. Telles les simples figures, dessinées d'un trait d'eau-forte, d'une pureté de contour (|ui fait tour à tour songer à des calques d'Ingres et à des dessins de Uodin, que M. Henri Matisse a tirées à quinze épreuves, au profil des prisonniers de Bohain-en-Vermandois. M. Henri Matisse, dont il est souvent difficile d'accepter la formule d'abréviation picturale, est, au contraire, dans ses eaux-fortes et dans ses croquis lithographiques, entièrement digne d'approbation, je dirai même d'admiration.

Je signale, enfin, un petit recueil de neuf bois, avec texte xylogra})hié, Le Livre de ceux qui sont restés, de M. Louis Bouquet, hommage de piété fervente « h ceux qui nous défendent, à ceux qui sont devenus malades, à ceux qui sont morts », délinéations expressives et justes, qui se rattachent à l'art de M. Maurice Denis, et un album désenchanté de bois dus à la main encore douloureuse de M. Jean- Paul Dubray. Les Heures noires expriment l'âpre philosophie du pessimiste qui se dit que son sacrifice ne changera rien à rien, qu'il y. aura toujours de l'injustice et de la souffrance dans le monde et seulement un peu plus d'ivrognerie et de lubricité. La seule paix réelle, c'est la mort. Le métier de brancardier est pénible, dangereux et sans gloire; M. J.-P. Dubray qui fui grièvement blessé, comme M. Claudius Denis, y puise l'inspiration de son album. Il met a la bouche l'amertume du laurier. On y respire l'odeur de ce que Hamlet appelait « les noces de mylady Vermine » et contre quoi proteste l'humanité.

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