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Encore un autre effel de
la gnerro : la renaissance
(le l'image irE})inai! Cette
image n'était pas complète-
i|^ i''^'^''^w\\ r^ nitMil iH(»r(e, mais elle se
^C r^^ y\ fl W^ 'V^ snrvivait, diminuée (le carac-
'^ ^ / ï 4 W 11 Vt 1ère, alVadie, inditîérente.
Comme sa force de persuasion est grande, on l'ntilisail pour la publicité commerciale ^Willette, Steinlen s'y employèrent), pour la politique (alVaire lioulanger, alVaiic Dreyfus), autniil (pie pour amuser les enfants. Même, en 18!)r{, il se fonda un journal éphémère, " polilirjuc, lillé'raire et linancicr » sous ce titre Vlmarje iVEirnial i\ A<)\\\ uur couiposition satirique, en couleurs et com|);irtimenlée, uc( ii|(ail l.i première page. L'Iioniuic du [)euple, lui, pr<'férait les suppléments en couleurs du Pelil Journal et du Petit Parisien, qu'il piquait h. la paroi de sa chambre, croyant la décorer. L'enfant ? Il avait ses journaux propres, qui ne valent pas cher, au réel comme au figuré, mais qui lui donnaient une illustration abondante et médiocre, avec un texte de même qualité, dans une typographie lamentable. Ni le graveur Ceorgin, prince des imagiers, dont M. Lucien Descaves vient d'écrire l'histoire romanesque avec son beau talent et sa haute conscience, ni Pinot, son successeur et son émule, n'avaient eu d'héritiers. L'intluence des images religieuses et archaïques de M. Emile Bernard, parues au Caire dans la décade qui commence en 1889, avait été nulle. Ces images étaient tirées.
pour la plupart, à 25 exemplaires et ne pouvaient toucher les enfants, ni le peuple, qui veulent des images de leur temps et ne s'inie'ressent point aux reconstitutions '.
L'image suivait la voie que lui avait montre'e Ch. Pinot vers 1850 : celle de l'élégance, si proche de la fadeur. L'imagerie anglaise et les charmantes compositions de Kate Greena\vay, dont la maison Hachette publiait desalmanachs en éditions Irançaises, contribuaient à la maintenir dans cette direction. Elle perdit vite ses qualités originelles de sobriété et de vigueur. En dernier lieu, elle avait emprunté l'humour américain et imité le tableau historique à la Détaille. Elle ne manquait ni d'esprit, ni d'une certaine correction; par contre, elle ('tait le plus souvent froide et mal « tachée », en son trait maigre et en son coloris délav('.
L'image vient donc de reparaître. Elle était (( dans l'air », depuis que M. Lucien Descaves avait prononcé son panégyrique, en 1899 -. Le remarquable ouvrage de M. René Perroul, Les Images d'Éjmml (Nancy, 1912), avait marqu*' l'intérêt que les amateurs portaient à ces naïves enluminures. Elles étaient devenues <( vieux papier » et pièces de curiosité; elles allaient bientôt susciter de nouveaux partisans.
M. Guy Arnoux ouvrait la marche, en 1913, par l'illustration du Dernier des Rochehaut et par un calendrier pour Paul Dupont. Ce ne fut pas lui, pourtant, qui fit la première image de guerre : il était mobilisé. Ce fut un Espagnol, M. Benito. Elle parut le 14 août 1914, et célébrait L'Entrée des Français à Mnl/ioase. Elle s'envolait par toute la France, à 50 000 exemplaires, au prix de 0 fr. 10. C'était bien l'image populaire. Au jour le jour, avec quelques aides, M. Benito illustra excellemment les événements, dans la formule traditionnelle. Ce furent des lithographies, puis des dessins reproduits au trait et coloriés au patron. Simultanément, un autre artiste, M. Ferd. Besnier, lançait quelques images en « gillottage » colorié, à 0 fr. 20 (L' Héroïque défense de Liège, Prise d' Allkirch, Combat de Saint-Biaise, etc.); M. Besnier semble s'être arrêté plus tôt que M. Benito \ La maison de cartonnages Tolmer, où ce dernier était ornemaniste, alla jusqu'aux événements de fin mars 1915. A cette
1. Ces images sont au nombre de dix-neuf, dont l'une, La Vierge aux Saints, fut publiée par la revue L'Ymagier, a Paris. Il en existe 93 épreuves numérotées, en plus de celles publiées dans ce recueil.