LES PAYSAGISTES
(Je 21 lithographies : Dessins fails aux arnirr.s. .hi ne croyais pas que l'exécution cubiste appartint au carnet de poche; mais l'artiste affirme qu'il a fait ses dessins « aux armées », nous devons le croire. La province aussi a vu d'intéressantes manifestations. Troyes, Toulouse ont organisé des expositions de guerre. La ville de Rouen, devenue Gosmopolis, a fait (euvre plus originale : elle a consigné dans ses Cahiers de guerre son mouvement artistique, et dans un album, Roupti ppudant la guerre, illustré par divers artistes de 2lj estampes et croquis', elle a reproduit les scènes de la vie militaire qui se déroulaient dans ses rues pittoresques. Ces deux publications ont été éditées |>ar un homme de goût, M. Lucien ^^'olf. M. I\-E. Cernt'Z égalemml s'est fait lédilcur d'un album de 14 dessins dûs aux écoliers d'Ilonlleiir, gravés sur bois pai- l'un des leurs et a(iuar('llés il la main : Croquis de col/ègr, IHJf-IHJj. (Test de la vraie iniiéniiilé, de l'ingénuib'- Ifllr quelle, — ri r\-<\ ( liarniaiil -.
LES I> A Y s \ ( . I s T E s
Les paysagistes se r;ing<'nl ;i ci'ib' des ditciimcnlaircs cl situent les grands faits de la guerre : Liège, Y|irrs, Kcinis. Arras, Soissons, etc. Ce sont trop soiisml des caux-rorlcs m coiilnirs, (rnicragc monotone, cl ;i |»cinc jdus inlt'rc.ssanles (|iic des caries |ioslalcs. il y a donc ;i choisir. MM. II. iMipont, Chailes L. l'btwer, (ilaf, La|dace, Sénéchal, Mansarl. requièienl ralteiiti<in à des litres divei-s.
M. AcJiaiM a d(''|ieiiil Lti Cour df l' llnlrl de ville d'Arrus après le lionibardonenl, dans une grande eau-forle ii la lirangwyn, lequel a également iniluencé M. Crandgé-rard dans son Eglise d' Eccrdiiiglie el M. (îilsoul dans le Sac de Louvain. On doit encore ii M. (îi'andgérard un alJMini de dix eaux-l'orles en iioii-, Dr l'Y^erau Vieil-Armand , j)aysages el \ lies de mon il liieiits, el ;i M. (iilsoill de calmes <'oins «les Flamlrcs. Les douze petites planches de M. (ieo Doiis {IJalloiicliàtel, Les Hurlas, elo aui'aienl gagné' ;i n'être |)oiiit apprèb'es a\ec le « fond de cuisine » des imprimeurs chromistes. .M. I''iank Uoggs a gravé ;> l'eau-forle dix \ lies de moiiiimeiils (h'-liiiils, r(''iinies en un album : huas les rai/ies. M. haiipliiii nous monlre le laineux Mnulni
1. i'ar MM. Alluaud. ilo BcMgeviii, de Biay, E. Dclabane, R. Deudeville, G. I.uir. Klisc Maiiesse, Millii-re, Minait/., Muiel : fiontispice de P. Baudouin, texte de G. Dubosc. Recueil intéressant, et initiative que l'on aurait souhaité voir suivie ailleurs.
2. Auteurs : MM, llouppeil-Cantcleu, Gohier. Lonioniiier, Régnier, llarel, Frigot, Marest, Gas, Grand, Lutz, Lebas. Baudry, gravure sur bois de M. Letrécbé.
LKS ESTAMPES
de Ramscappelle et VÉr/lise fie Lampernisae , tels que les ont dentelés les obus allemands; M. Gh. Pinet, La Porte de Verdun avec La Cathédrale, eau-forte; M. Mayeur, La Chapelle de Notre-Danie-de-Lorette; M. Guinier a fait de L Église d'Albert effondrée une lithographie désolée et éloquente; ^I. Lucien Gautier, chantre grandiose des cathédrales, ne pouvait rester indifférent à la mutilation de leur reine, la cathédrale de Reims; l'eau-forte que ce vandalisme a inspirée s'accompagne d'un sonnet d'Edmond Rostand. M. L.Gautier a repris la tradition du Piranèse ; il était bien le seul artiste qui put se permettre d'agrandir sa gravure à la dimension d'un tableau, parce qu'il a la science de la mise en place et de la répartition des taches. Dans un format plus petit, nous devons mentionner encore un triptyque sur Notre-Dame de Paris, r(,'haussé de tons légers et un hicendie de Verdun. M. Lucien Gautier voit en peintre, et exécute en graveur.
Le regretté Maxime Maufra, dont l'œil est particulièrement sensible à la couleur, et qui a publié des eaux-fortes d'une rare qualité, n'en a fait qu'une sur les événements présents : La Tombe de Péguy. La planche est en noir; seul le drapeau, qui désigne l'emplacement funèbre, claironne son bleu, blanc, rouge, comme un appel strident. Maufra a })ublié, en outre, un album de lithographies : Pa? iges de guerre, Senlis, Nieuport, l'Yser, Dunkerque, Calais, Paris, le Paris de 1914, avec les grilles de ses portes aveuglées de planches, etc. : paysages bien dessinés, pleins d'atmosphère, de fluidité, de gravité et de grandeur.
De même, M. Victor Prouvé est allé relever, dès le désastre accompli, l'aspect de Gerbéviller détruit. Ses huit lithograptiies ont l'éloquence des choses vues et sa grande science a parfaitement servi son émotion. A Senlis incendié s'est attaché M. Maurice Bompard dans son Moulin des Carmes, eau-forte tragique d'où le souvenir de Brangwyn n'est pas absent. M. Luigini, délaissant la résine, illustre d'une pointe sensible et qui fait une belle part au papier, lumière de l'estampe, le dernier livre d'Emile Verhaeren, Paysages disparus. Ce titre du puissant poète dont M. A. de Sous-Lopès a gravé à l'eauforte un remarquable portrait pourrait être aussi celui des 14 eauxfortes de l'excellent peintre des petites villes flamandes, M. Albert Lechat, sur Ypres, Dixmude et Nieuport. Il a intitulé son album Avant la rafale, et c'est la même idée sous une autre expression. M. Léopold Poiré, dans de petites planches, trait et grain, s'est inspiré, lui aussi, de Flirey, Gerbéviller, Reims, Léomont, etc., et il