Les estampes japonaises
Le premier essaî sur la gravure japonaise , la monographie d’Anderson : u Japanese Wood Engraving ”, parut en i8g5 dans le Portfolio. La première tentative d’histoire de cet art fut la l< Japanese Illustration ”, de Strange , en i8gy , malheureusement incomplète , et publiée par Strange avant d'avoir pu utiliser la nouvelle lumière jetée sur ce sujet par Fenollosa dans son Catalogue <c The Masters of Ukiyoye ”, de i8g6.
Les seules autres sources de renseignements étaient alors , pour celui qui cherchait à étudier cet art , un certain nombre d’articles , de monographies , de catalogues d'expositions et de ventes , et il me sembla utile de récolter et de réunir tous ces travaux éparpillés.
L’art japonais est devenu un élément de notre culture européenne , car il répond à des goûts de notre époque; mais il faut connaître les états successifs du développement de la gravure japonaise et les rapports entre les divers artistes pour pouvoir apprécier les efforts de chacun d'entre eux , de façon a ne pas nous contenter déœuvres mauvaises ou d’imitations, alors que nous pouvons en obtenir de meilleures.
PRÉFACE
J’ai cherché a réunir un ensemble de vues sur la gravure japonaise qui pû t résumer tout cela.
Toute appréciation de l’art japonais dépend naturellement du point de vue où l’on se place. Si, comme dans la majorité des cas , on prend le point de vue européen , nous serons conduits à considérer les artistes impressionnistes du XIXe siècle , et surtout Hokusai, comme les plus grands maîtres de la gravure japonaise ; car nous sommes naturellement touchés par les affinités que nous discernons entre notre propre idéal et celui de ces artistes dans lesquels le levain européen avait déjà commencé à fermenter. Si toutefois nous essayons , comme Fenollosa, de nous placer au point de vue japonais , nous reconnaîtrons que la véritable grandeur dHokusai est dans les éléments de son art qui nous sont le plus étrangers et que , de plus , parmi les innombrables maîtres du XVIIIe siècle, il y en eût beaucoup qui lui furent très supérieurs.
On a donné à l’art du XIXe siècle , le seul avec lequel le grand public soit à peu près familier , une importance beaucoup trop considérable. Ce ne fut , après tout , qu’un regain, et même, par quelques côtés, une décadence. Je ne m’en suis donc occupé que sommairement, tandis que j’ai tracé, avec tous les soins possibles, les développements de T art du XVIIIe siècle, qui présente une évolution continue, intéressante et variée.
Mon livre est un essai provisoire. Il résumé ce qu’on sait actuellement des gravures japonaises. Il est un guide pour ceux qui ont besoin d’être dirigés dans cette étude encore peu familière. Je n’ai cherché en aucun cas à être complet et définitif : un tel but