Scène de toilette, 6 figures, oblongue
La rue Suruga à Yedo, le jour de l’an, 1780, blanc et noir, faite pour être coloriée à la main, probablement la plus grande planche jamais produite par un graveur japonais.
Des séries :
Les douze mois de l’année, représentés par des femmes;
Huit paysages de Yedo, en forme horizontale.
Et d'autres de la même espèce.
Des reproductions de ses œuvres sont données
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L’APOGÉE. KIYONAGA
par Strange, et plus spécialement par H.-E. Field dans le Burlington Magazine (Cf. plus haut), où des œuvres typiques de chaque étape du développement de Kiyonaga sont réunies. Les compositions suivantes, en forme de triptyques, sont particulièrement remarquables :
Trois acteurs : vers 1779 (Fenollosa, n° 229), de ses débuts, au moment où il imite Shunsho , une rareté en ce genre ;
La célèbre partie de bateau sur la Sumida, la rivière qui court à travers Yedo (reprod. dans le Catalogue Bing, d’après son Japon artistique) ;
Femmes sortant d’un bateau, une de ses plus belles œuvres ;
Femmes sur une véranda regardant la rivière ;
Femmes dans un jardin teignant des étoffes ;
Pluie torrentielle ;
Intérieur de bains de femmes ;
Joueur de flûte devant des femmes ;
Jeune prince avec un faucon, entouré de femmes avec le Fuji dans le fond ;
Groupe dans un bateau s’amusant des tours d'un singe.
Ses rares livres illustrés sont traités d' “ incomparables ” par Fenollosa; le Catalogue Hayashi (nos 1577 et suiv.) énumère ses livres de 1777 à 1791; Duret cite un autre livre de 1798 (3 vol., Yedo), puis le Kugai junen îrojigoku (dix années de tourments dans l’enfer de l’amour), 1791. Burty (Catalogue, n° 181) lui attribue, sans doute avec raison, un livre charmant, le Yehon monomigaoka (excursions d’après la saison) (Yedo, 1785), 2 petits volumes, avec illustrations en blanc et noir, signé Seki Kiyonaga.
Les trois élèves de Shunsho nommés dans le chapitre précédent, et qui adoptèrent complètement le style de Kiyonaga, sont les suivants :
Kubo haibo Summan (Shunman), qui fut à l’origine élève de Shighemasa et passa alors chez Shunsho; Shxm À Pu*s’ l°rsclue Kiyonaga devint le maître suprême, un’ il lui prit sa méthode de composition et de forme, >-3^ sans toutefois se soumettre aveuglément à son mau influence (i). Sa période d’activité commença vers
1789 et dura jusqu’en 1820 environ. D’après le Catalogue Hayashi (n° 5 10), son nom d’artiste était Yasubei ; sa nature le préserva toujours de l’imitation servile, et, bien que ses estampes soient très proches de celles de Kiyonaga, il imprime pourtant sa personnalité sur chaque détail.
Son œuvre fut très inégale même durant sa meilleure période; vers 1790, elle était alternativement d’expression raffinée et de dessin délicat, puis, tout à coup, pleine de maniérismes arbi- * traires. C’est à lui que l’on doit les tentatives
de faire le fond des grands triptyques dans un principal ton de gris, avec une économe mais intelligente addition d’autres couleurs. Des livres illustrés par lui parurent à Yedo de 1 79 5 à 1815; un très bel ouvrage polychrome, appelé goju nirishu (les 5 1 poètes), 1801, est aussi son ouvrage (Gillot). On suppose également qu’il s’occupa d’illustrer des vers humoristiques ; une visite de nouvel an dans la neige aux environs de Yedo est reproduite par Gonse (p. 218). De ses triptyques, Fenollosa estime tout particulièrement celui qui représente une femme dans un paysage (n° 281), ainsi que les porteurs d’eau; les sansonnets volant devant un soleil rouge, 1815
(1) Fenollosa, Catal., nos 279-283 ; Anderson, Catal., p. 344; Strange, p. 36; Bing, Catal., n° 3ig.
Ouxamaro (1753-1806). — Femmes Se promenant sous des cerisiers en fleurs. Impression polychrome.
Collection H. Vever, Paris.
L’APOGÉE. KIYONAGA
(reprod. dans Gonse, p. 266); papillons, etc.
Katsukawa Shuntcho fut probablement au début un élève de Shunsho, mais il s’attacha plus étroitement, à partir de 1780 (1), à Kiyonaga, dont il devint un très fidèle imitateur. Il produisit jusqu’à la fin du siècle, puis se retira, dit-on, de la carrière artistique, mais vécut au moins jusqu’en 1821. Le changement qui eut lieu dans son style dut être le résultat de la conviction, car, bien que plus doux de nature que Shunsho, il ne manquait nullement de personnalité; pour le dessin, toujours clair et net, il ne put se défaire entièrement de l’influence de son premier maître et de sa tendance à donner à ses contours un certain caractère calligraphique et décoratif. D’un autre côté, il créa lui-même, par le traitement despaysages animés défigurés, un moyen d’expression très particulier, et même parfois tout à fait impressionniste. Lorsque, au cours de sa carrière, il dessina près d’Outamaro au début de sa gloire, il put encore le faire sans imitation directe.
Une femme en buste dans ce style est reproduite par Strange (p. 56); une de ses œuvres dans le style de Kiyonaga est reproduite par Anderson (2). Il signa aussi Kichizayemon et Churinsha ou Kisado Shuntcho (Catalogue Hayashi, n° 630). Des livres illustrés par lui datent de 1786 et 1790, Yedo (zV/., nos 1 5 ^6 et suiv.) ; un diptyque est daté de 1786 (id.j n° 6^o) ; le livre appelé l 'Herbe qui pousse (Yedo, 1790), 2 volumes, donne une bonne
(1) Fenollosa, Catal., n03 262-274; Anderson, Catal., p. 363; Strange, p. 37; Bing, Catai., n» 282.
(2) Japanese Wood-Engraving, pl. IV.
sérié d’images de la vie de la femme, depuis l’enfance jusqu’à la maternité.
Comme feuilles séparées de Shuntcho, on peut mentionner :
Lutteurs ;
Triptyque (vers 1790, d’après Fenollosa, n° 272), femmes sortant d’un bateau, une de ses plus belles œuvres ;
Petite fille voyageant à cheval ;
Promenades et fêtes ;
Jeune prince faisant un exercice équestre ;
Deux princes tirant à l’arc ;
Estampe en cinq parties : voyageurs, avec le Fuji au fond.
Katsukawa Shunzan fut aussi, au début, un élève de Shunsho et suivit ensuite de près Kiyonaga; il ne manquait pas non plus de force et d’originalité (i) et travailla de 1785 environ jusqu’à la fin du siècle. De ses triptyques, l’un d’eux, qui représente une scène à la porte d’un temple, est célèbre (reprod. dans Strange, p. 80); un autre dans le Catalogue Hayashi (n° 772); Fenollosa reproduit une estampe d’enfiron 1777 ( Outline , pl. XIII).
Torii Kiyohiro (2), dont Bing cite quelques feuilles (Catalogue, n° 72), et Torii Kiyotsune furent les camarades d’école de Kiyonaga. Torii Kiyotsune est à tort cité par Burty (Catalogue, n° 148) comme un élève de Kiyonaga (3); au contraire, il dénote partout sa descendance de Kiyomitsu par la gracieuse formation de ses
(1) Fenollosa, Catal., nos 275-278; Bing, Catal., n° 297; Strange, p. 81. — Dans le Catal. Hayashi (n° 772), il est cité comme élève de Shunsho et Shunyei.
(2) Anderson, Catal., p. 342.
(3) Anderson. Catal., p. 342; Fenollosa, Catal., n° 168; Burty, Catal., n° i5o; Bing, Catal., n° 33; Strange, p. 24.
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OUTAMARO. — Jeunes filles cueillant des feuilles de muriers : Une des 12 feuilles de la
sériciculture.
Brilish Muséum.
L’APOGÉE. KIYONAGA
figures, par leurs très petits pieds et mains, et montre aussi l’influence d’Harunobu. En plus d’acteurs, il fit des illustrations de livres ; un d’entre eux parut, en 2 volumes, à Yedo, en 1774 (Duret).
On mentionne aussi, comme étant de lui :
Vingt-quatre exemples de piété filiale, d’après les Chinois ;
Dozi gamatsu (?), histoire d’un enfant nommé Maruko, petit format, en blanc et noir (reprod. dans Strange, p. 26).
Bing (Catalogue, n° 29) cite aussi quelques feuilles de lui.
Comme contemporains de Kiyonaga, nous pouvons encore mentionner :
Torii Kiyomasa (Catalogue Bing, n° 72), que le Catalogue Hayashi (n° 736 et reprod.) dit être un fils de Kiyonaga; et Utagawa Kunimasa, membre de la famille d’artistes fondée par Shunsho, et élève de Toyokuni, duquel Bing cite les portraits de trois acteurs à mi-corps, et un saint priant devant une cascade.
Avec l’élève de Kiyonaga, Kiyomine, qui s’intitulait le Cinquième des Torii, et aussi Kiyomitsu, la lignée des Torii, cette grande école des représentations d’acteurs, se termina après une existence d’une centaine d’années.
Kiyomine Shonosuke, qui épousa la petite-fille 1 du vieux Kiyomitsu, commença son activité au début du xixe siècle et vivait encore en 1830; il mourut apparemment vers 1840. Il travailla dans un style qui nous rappelle Toyokuni et Outamaro et est parfois très élégant, mais manque souvent d’animation et d’expression. Il fit
aussi des copies, entre autres d’après Kiyonobu et Kiyomasu. Une estampe en cinq divisions, Imayo gonin bayashi , représente cinq musiciennes; Strange reproduit (p. 28) une femme à mi-corps. Une autre estampe est reproduite dans le Catalogue Hayashi (n° 739). Kiyoyasu fut un de ses élèves (reprod., id ., n° 740).
Les artistes suivants semblent avoir aussi un rapport avec Kiyonaga : Santoun (reprod., id ., n° 76$) ; Ruinsai (id., n° 767); Gentei Munataka, (id., n° 768).
Des livres furent illustrés par les artistes suivants : Yamagushi Sojun, album de dessins, Kioto, 1804; caricatures, Yedo, 1799, 3 volumes ; Keisan Takusho, dessins de bambous, Yedo, 1804.
Il est nécessaire, ici, de revenir à un artiste qui, ainsi que Korin, occupa une position tout à fait unique dans le développement de la gravure japonaise, c’est-à-dire Kitao Keisai Masayoshi (non Keisai Kitao Masayoshi). Fils et élève de Shighemasa (Kosiusai), il naquit en 1761 et mourut en 1824; il commença à produire vers 1780, à l’époque où Kiyonaga était à son apogée (1). Entre 1787 et 1823, il fit un certain nombre de livres de reproductions de ses croquis débordants de vie et d esprit, par lesquels il influença considérablement le jeune Hokusai, qui, vers la fin du siècle, passait rapidement au premier rang. Avec Masayoshi s’éveillèrent à
(1) Anderson, Catal., p. 347 ; Catal. Burty, n° 204 ; Bing, Catal., 3o5 ; Fenollosa, Catal., n° 222. — La date de la naissance de Masayoshi est prise dans le Catal. Hayashi, n° 499.
ÜUTAMARO (1753-1806). YAMAUBA OFFRANT DES CHATAIGNES A KlNTOKI.
Impression polychrome.
Collection A. Rouart, Paris.
L’APOGÉE. KIYONAGA
nouveau l’amour et le respect de la nature et la conscience dans le rendu des détails, qui avaient disparu depuis le temps de Korin. A la même époque qu’Outamaro, il commença à donner une signification indépendante au paysage et à observer soigneusement les formes des animaux et des plantes; il ne les rend pas avec la vérité presque méticuleuse d’Outamaro, qui, avant tout, resta toujours un dessinateur, mais avec la force et la hardiesse d’un peintre qui ne perd pas de vue l’impression totale du coloris et comprend comment la rendre avec quelques larges touches, sans toutefois négliger la vérité du détail là où elle est nécessaire.
Il signe souvent ses livres Joshin. Un album de croquis de fleurs épanouies, sans contours, Yedo, 1813 (Berlin, Kunstgewerbemuseum), est particulièrement fameux, ainsi que le Choju riakugwashiki , animaux, 1797. Son premier ouvrage est le Yehon miyako no nishiki , vues de Kioto, 12 feuilles en couleurs, Kioto, 1787 (Gillot). En 1800, il publia quelques croquis de paysages, très impressionnistes, les Huit vues du lac Biwa , de format oblong.