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CHAPITRE VII

LA PÉRIODE D’OUTAMARO

i» YEISHI. || 2» OUTAMARO. || 3° TOYOKUNI.

i°Yeishi. — Quand, vers la fin de 1790, Kiyonaga se retira, il distribua son héritage à trois maîtres, qui s’étaient perfectionnés entre 1780 et 1790, avaient pris la direction du courant artistique et qui la gardèrent jusqu’au commencement du xixe siècle. Ces trois maîtres sont Yeishi, Outamaro et Toyokuni. Ils représentent non plus la grande force et la richesse, mais l’extrême raffinement de la gravure japonaise, surtout Outamaro.

Yeishi et Outamaro introduisirent un nouvel élément dans l’art populaire, car ils descendaient tous deux de cette aristocratique école de Kano instruite d’après des modèles chinois. A la place de la charmante délicatesse dont Harunobu, l’héritier des primitifs, dotait ses femmes, et de la saine rondeur qui distinguait les figures de Kiyonaga, nous rencontrons alors un raffinement dans la stature, le port et l’expression, qui est Tindice d’un changement général dans les manières et d’une modification de l’idéal de beauté. La femme, bien qu’elle ne soit souvent que la simple femme du peuple ou la courtisane, con-

tinue à jouer, comme pendant tout le xvme siècle, st même dans une plus grande mesure, le rôle principal dans les œuvres d’art. Elle y apparaît toujours comme une princesse, grande et mince, au port de reine, et d’une grâce d’autant plus captivante qu’elle est timide et réservée. Certainement cette tendance dégénéra bientôt en exagération; mais à ses débuts elle servit sûrement à enrichir le domaine de l’art.

Hosoi Yeishi était élève du peintre de cour Kano Yeisen (de Yedo)(i). Sonnom de famille était Osoda, son nom d’artiste Tomisamburo et aussi Shobunsai (Catalogue Hayashi). Ce fut vers 1780 qu’il commença sa carrière, qui dura jusqu’au début du xixe siècle. Se sentant alors moins populaire qu’Outamaro et Toyokuni, il s’adonna complètement (de 1805 à 1815 environ) à la peinture et représenta d’un pinceau rapide, mais toujours distingué, les beautés de l’époque. Son activité se développa presque parallèlement à celle de Shunman, dont il trouva aussi plus tard les tons gris tendre, avec une plus forte accentuation de couleur. Comme Shunman, il inclina vers la manière simple et naturelle et la large composition de Kiyonaga ; mais, en comparaison avec ce premier, il eut un domaine plus grand, ne se contentant pas de dessiner des groupes plaisants, mais étudiant la vie actuelle sous toutes ses phases, dans les différentes classes et occupations du peuple, et par là nous offrant une peinture

(1) Fenollosa, Catal., n°5 284-299; Anderson, Japanese Wood-Engraving; Bing, Catal., n° 33 1 ; Catal. Goncourt. — Le Catalogue Gillot mentionne comme avant été son maître : Michinobu, de l’école de Kano.

Outamaro (1753-1806). — Grande tête de femme.

Collection H. Vevcr, Paris.

Pl. 46. Pag. 166.

LA PÉRIODE D’OUTAMARO

fidèle, variée et animée de son temps. Ses gravures de 1780 à 1790 sont particulièrement fameuses (1); une d’elles, de 1 78 ^ , est citée dans le Catalogue Hayashi (n° 966), ainsi qu’un livre illustré de 1788 (n° 1 677).

f Ce fut probablement Yeishi qui popularisa la combinaison de jaune, carmin et noir. Fenollosa ( Outline ) reproduit une de ses estampes, dans laquelle il s’est servi des tons ternes de Toyokuni, qui restèrent à la mode jusqu’au commencement du xixe siècle. A cette époque, Yeishi fut, lui aussi, incapable de résister au maniérisme qui se glissait dans l’art et qui, vers 1800, atteignait son plus haut degré, caractérisé par l’allongement des figures et leur manque d’expression. Et pourtant, malgré l’arbitraire des formes, il garda toujours une maîtrise extraordinaire de dessin.

Il est particulièrement noté pour ses grands triptyques, restreints pour la plupart à quelques tons sobres, comme les suivants :

Intérieur d’une maison du Yoshiwara (d’après Fenollosa, n° 294, qui le désigne comme une de ses plus belles œuvres, vers 1792);

Visite d’une dame à un jeune homme ;

Jeune homme entouré par des femmes, près d’un puits dans un jardin ;

Jeunes femmes sur une véranda, au bord de la mer ;

Quatre jeunes femmes sur une véranda, dominant une rivière couverte de bateaux ;

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