Et., liv. I, ch
idées des peuples primitifs, il en est qui sont, k vrai dire, des nécessités de tous les temps ou des notions de sens commun : ces notions, nous ne devrions pas facilement les rejeter ou les délaisser : c'est l'histoire du cri ou de la clameur de haro qui m'inspire cette observation.
On a beaucoup disserté sur la clameur de haro , sans se douter assurément qu'elle est toujours inscrite dans nos codes : lorsqu'un voleur ou un assassin est poursuivi aux cris de « au voleur, à l'assassin », il y a cri, il y a clameur : et, dès lors, chacun est tenu de prêter mainforte et d'arrêter le coupable. Yoilà , en deux mots, toute la théorie du cri. Je la trouve dans les textes mérovingiens, dans les Gapitulaires*, dans les Coutumes de Touraine-Anjou^ dans l'Usage d'Orléanais^, dans les Coutumes de Normandie et de Bretagne^ dans les ordonnances royales^ et enfin dans nos Codes^; car ceux-ci, tout aussi bien que les lois anglaises"^, ont gardé avec beaucoup de raison la théorie traditionnelle et de sens commun du cri ou de la clameur publique. Par malheur, nos lois ne punissent plus que d'une peine absolument insignifiante^ le citoyen inactif
1. Pour les textes mérovingiens, carolingiens et normands, voy. une excellente dissertation de M. Guillouard dans les Mém. des antiquaires de Normandie, 3^ série, t. VIII, pp. 517-521. Joignez Coutume, style et usage au temps des échiquiers de Normandie, Gaen, 1847, p. 36. Le cri des sources françaises correspond au Gerucht des sources allemandes.