‹ Les établissements de Saint LouisChapitre 140 sur 404 · Défaut · texte numérisé non relu

Défaut

Que comportent au juste ces ajournements ? S'agit-il, comme à l'époque mérovingienne et comme le disent précisément les formules angevines, de l'obligation de comparaître tel jour, entre le lever et le coucher du soleil (« solem collo- « care^ — nunc usque ad vesperum^ »)? L'Usage d'Orléanais nous parle de 1' « hore par coi Venpert et gueaigne » ^, et ne détermine pas cette heure : mais une expression de Justice et Plet nous permet de supposer qu'il s'agit comme autrefois de la journée tout entière : car il est dit du défaillant qu'il lest le jour passer^. La Coutume de Touraine- Anjou emploie la même expression^ Nous nous trouvons donc dans les deux provinces en présence de la tradition germanique. L'usage germanique d'attendre jusqu'au coucher du soleil subsistait encore dans certaines localités au xv^ siècle^ : dès la fin du xiif siècle, Beaumanoir (beaucoup moins germanique que nos praticiens) déclarait le défaut encouru dès l'heure de midi^ : au commencement du xiv^ siècle, la

1. Sur l'expression solem collocare voyez Sohm, Procéd. de la loi Salique, trad. Thévenin, p. 18. — Rapprochez les usages de l'ancienne Rome : « Solis occasus suprema tempestas esto. » {Douze tables, I, 9, d'après Aul.-GelL, XYII, 2.)

2. Form. d'Anjou, xn, dans Giraud, Essai sur lliist. du droit fr., t. II, p. 439.

3. Usage d'Orlenois §9; Et., liv. II, ch. 11 (ci-après t. II, p. 354).

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