Jostice et Plet, p
cide simple^ : dans la loi des Frisons^ et dans la loi des Allemands 3, le wergeld en cas à' homicide odieux est neuf fois le wergeld de V homicide simple. U homicide simple n'a pas besoin de définition : mais qu'est-ce donc que Y homicide que pour un instant j'ai appelé homicide odieux? La loi Salique qui ne sait guère abstraire ne définit rien à ce sujet, mais nous fournit quelques exemples : le corps de la victime a été jeté dans un puits ou dans l'eau, ou caché de quelque manière sous des branches d'arbres par exemple ; voilà V homicide odieux d'après la loi Salique^ La loi des Frisons, moins riche d'exemples, va nous approcher d'une définition : « Si quis hominem occiderit et absconderit, quod « mordritum vocant, novem weregeldos componat. » Ainsi le nom germanique de l'homicide que j'avais un moment appelé odieux, c'est mordritum, c'est meurtre : et ce mot meurtre éveille une idée de secret, de mystère. Glanville, quelques siècles plus tard^ recueillera cette notion traditionnelle et la formulera en ces termes :
« Il y a deux espèces d'homicides; l'un est le meurtre, « c'est-à-dire l'homicide perpétré en secret sans que per- « sonne le voie, ni le sache, en dehors du meurtrier et de « ses complices ^ »