Lex Salica., tit. XLI
5. Il y a une courte interruption dans les textes : les Capitulaires semblent ne reconnaître qu'un seul homicide et ne pas distinguer l'homicide simple du meurtre (Allfeld, Die EntwicUung des Bcgriffcs Mord bis zur Carolina, 1877, p. 56, 57). C'est un effort passager contre la tradition germanique.
6. Glanville, liv. XIV, c. 3 dans PhiUips, Englisclw Reichs-und Rechtsgescliicliie, t. II, p. 471.
LE DHOIT. 237
La même pensée se retrouve de toutes parts au moyen âge.
A l'expression vague homicide odieux qui m'a servi, pour ainsi parler, h introduire le lecteur, je puis maintenant substituer celle à'ho^nicide secret, à' homicide avec mystère, calquée sur la définition donnée par les textes des mots mordritum, mordum, mordrida^ .
Mais je me persuade que ces textes ne m'ont pas encore fourni la traduction parfaite du sentiment profond que je cherche à analyser : on ne définissait pas encore avec une précision rigoureuse la répulsion particulière qu'on éprouvait pour toute une catégorie d'homicides : on y arrivera plus tard, lorsque l'esprit plus cultivé, la langue plus maniable et plus souple auront acquis une plus grande puissa nce : abordons l'école orléanaise du xiif siècle, nous y rencontrerons deux définitions du meurtre : l'une purement historique et traditionnelle, « homicide fait nuitantre faitmurtre^ » — Ceci est mauvais encore et ne fait pas faire un pas en avant dans le sens d'une expression suffisamment large, mais rigoureuse de l'idée qu'on veut rendre. — L'autre définition rend cette fois avec vérité le sentiment légué par la tradition et je n'en conçois pas de meilleure :
« Trahison et homicide mêlé ensemble fait murtre^^. »
Trahison, voilà l'élément secret, mystérieux du mwrc^rztum. Le meurtre, c'est l'homicide par surprise, l'homicide à r improviste, le guet-apens : tel est le véritable sens du mot trahison.
Quant aux Angevins, ils n'ont point encore, au xiii^ siècle, rencontré l'expression large et concise qui rend l'idée de yneurtre. Ils se traînent, dans les exemples et les détails, à la façon enfantine de la loi Salique; on sent toutefois, dans
1. Behrend, Lex Salica, p. 131; Lex Frisionum, tit. XX, 2 dans Pertz, Leg., t. III, p. 672.