‹ Les établissements de Saint LouisChapitre 190 sur 404 · Jostice et Plet, p · texte numérisé non relu

Jostice et Plet, p

leur langue, un effort nouveau de l'esprit qui travaille à saisir l'idée :

« Murtres si est d'orne ou de famé quant l'en la tue en son « lit ou en aucune meniere, por coi ce ne soit en mellée; « enmi sa voie porroit en i home murtrir, se l'en le feroit si « qu'il en mourust, sanz tencier à lui et sanz lui deffier^ »

Un autre texte angevin du xv^ siècle dira :

« Meurtre est celuy qui occist d'aguet-apensé, ou qui est « homicide de soy-mesmes^. »

Ici le meurtre est mieux défini, parce que les mots guetapens ont pris un sens un peu plus abstrait : mais le suicide est bizarrement assimilé au "tneurtre.

La nécessité d'être bref m'empêche de suivre les vicissitudes de cette notion du meurtre jusqu'à notre Gode pénal : mais, dans le Gode, je tiens à montrer la vieille idée germanique, le murdritum encore présent : c'est un curieux débris archéologique. (Le mot meurt7^e a perdu, dans ce texte, sa valeur originelle : il a pris le sens d'homicide simple volontaire : et c'est sous l'étiquette assassinat, mot relativement nouveau^, qu'il faut aller chercher la vieille notion du meurtre.)

« Tout meurtre commis avec préméditation ou de guetapens est qualifié assassinat. » (Gode pénal, art. 296.)

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