Ends
Voici encore un autre crime très nettement germanique, Vends :
Chez les Germains, la femme a une valeur toute particulière, parce qu'elle est productive : son wergeld est donc l'objet de prescriptions spéciales. Le wergeld de l'homme libre est de 200 s. dans la loi Salique : dans la même loi, la femme libre qui ne peut plus avoir d'enfants est assimilée à l'homme : son wergeld est de 200 s. ; mais la femme libre féconde vaut beaucoup plus : son wergeld est le triple de celui de l' homme libre, 600 s.
La valeur de Tembryon ou de l'enfant qui n'a pas encore reçu de nom est tout juste la moitié de la valeur de l'homme : 100 s. ; par suite, le wergeld de la femme libre qui était grosse quand on l'a tuée s'élève à 600 sous pour elle-même, plus 100 sous pour son fruit, soit au total 700 sous^ Un texte qui se joint à la loi Salique s'occupe d'une façon toute particulière des délits contre les femmes enceintes^.
Chez les Thuringes, la femme féconde vaut également trois fois plus que l'homme^.
Je retrouve encore une application de la même idée dans le titre De via lacina de la loi Salique, aux termes duquel un coup porté à une femme donne lieu à une composition trois fois plus forte que le coup porté à un homme'*. Il serait facile de multiplier ces exemples : ils suffisent pour constater que les délits contre les femmes et surtout contre les femmes enceintes ont une gravité particulière et constituent une catégorie à part. De cette idée toute barbare dérive dans le droit