Et., liv I, ch
l'ancien wergeld limité à deux circonstances dans lesquelles la peine de mort pourrait sembler de droit strict, mais aurait un caractère odieux, excessif. Ce tarif de 100 sous est, lui aussi, un tarif traditionnel et qui remonte à plusieurs siècles*. Les Angevins l'appliquent encore au cas d'injure déloyale, assimilant en quelque façon cette injure mortelle à un homicide ^
La persistance de ces tarifs en plein moyen âge et même jusqu'au xvif et au xviii'' s. est assurément un des faits les plus singuliers de l'histoire du droit pénal. Le tarif subsiste : il est rigide et immobile : la peine varie, au contraire, précisément par suite de cette immobilité, car le pouvoir de l'argent va sans cesse diminuant , et , par conséquent , l'amende décroît chaque jour.
Cet amoindrissement insensible mais continu des amendes est-il après tout plus extraor Jinaire que le choc qu'elles subirent au commencement de la période carolingienne^? Les Carolingiens décrétèrent qu'elles seraient désormais payables en sous d'argent (monnaie de compte) de la valeur de 12 deniers, au lieu de l'être en sous d'or valant 40 deniers.
Les amendes étaient ainsi abaissées des sept dixièmes environ'*. Et pourquoi ce changement? Parce que, depuis longtemps, on ne fabriquait plus de sou d'or et qu'il était plus
1. Behrend, Lex Salica, p. 110; Edict. Roth., 14 dans Pertz, Leg., t. IV, p. 15; Gap. de 803 (inlegeRib. mitt.), c. 2 dans Pertz, Leg., t. I, p. 117.