‹ Les établissements de Saint LouisChapitre 299 sur 404 · Livre des droiz, 105, l^"" alinéa · texte numérisé non relu

Livre des droiz, 105, l^"" alinéa

Toutes choses qui adviennent entre frères de par bourse marchande sont frareschaux.

Liger, 834.

Toutes choses qui viennent à enffans de par bourse coustumiere, sont frareschaux et communs entre eux.

Le Livre des droiz supprime la formule II est usage que : Liger maintient cette suppression. De part et d'autre aussi, toutes choses au lieu de quanque^, etc., etc.

Si vous prenez la peine de comparer encore liv. I, ch. 61; liv. II, ch. 15; liv. II, ch. 16, 36 des Etablissements, et les art. 379, 39, 231, 368 (2' alinéa) du Livre des droiz avec les art. 385, 175 in fine, 231, 1434 de Liger, vous aurez la liste à peu près complète des emprunts que Liger a faits indirectement aux Etablissements par le canal du Livre des droiz^. Que, d'ailleurs, on ne perde pas de vue que, par la Coutume glosée, il a connu le livre P** des Etablissements moins les sept premiers chapitres.

Ce texte angevin du milieu du xv^ siècle est le dernier dans lequel j'aie été amené à reconnaître, d'une manière certaine, l'influence ordinairement indirecte, il est vrai, mais incontestable des Etablissements (livre II aussi bien que livre P'"). •

1. Rapprochez encore Compilatio, 99; Livre des droiz, 405, et Liger, 1301.

2. Je n'ai pas à insister sur les emprunts que Liger a faits au Livre des droiz, sans que les Etablissements soient en cause ; car ce n'est pas ici le lieu de faire une étude critique ex professa sur Liger. Comparez pourtant Livre des droiz, art. 40, ^ 3, et Liger, art. 169, § clerc qui est ordonné, etc., etc.

l'influence. 381

2. IlistoyHque des Coutumes d'Anjou, Maine, Tour aine, Loudunois.

Sous peine d'envahir le domaine si vaillamment exploité par un savant magistrat, je serai ici très bref et me contenterai de tracer les lignes générales, de dire, en peu de mots, quelle fut, dans leur propre patrie, quelle fut sur place la végétation et la croissance de ces textes et de ce droit angevin dont je viens de suivre la fortune à travers toute la France coutumière.

Les Etablissements enveloppèrent V Usage d'Orlenois comme d'un linceul de mort : l'histoire du texte du livre II finit, en effet, pour nous avec l'histoire des Etablissements : nous ne voyons pas qu'il ait survécu isolé, ou qu'il ait eu aucun rejeton direct. Les Coutumes de 1494, 1509 sentent bien le même droit, mais ne dérivent ni directement ni indirectement du même texte.

Il en va tout autrement de la vieille Coutume d'Anjou du xnf siècle : la vitalité de ce texte est merveilleuse : c'est un aïeul, et ses derniers descendants vivront jusqu'en 1789.

Cette grande famille de textes se divise en deux groupes qui, sans doute, ne se développent pas dans l'isolement, se rapprochent parfois et se croisent, mais néanmoins, dans l'ensemble, restent assez sensiblement distincts : ce sont, d'une part, les Coutumes d'Anjou et du Maine, d'autre part, les Coutumes de Touraine et de Loudunois.

Les caractères extérieurs et pour ainsi dire physiques persistent davantage dans le groupe angevin-manceau ; les caractères moraux et internes davantage dans le groupe tourangeau-loudunois : je m'explique : entre la Coutume de Touraine-Anjou du xiif siècle et celles d'Anjou et Maine du xvi% en passant par les divers intermédiaires dont nous devons la publication à M. B.-B., la filiation matérielle des

textes reste souvent reconnaissable^ : mais de graves raodi-

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