Marculfe, II, 12 dans Roz., 136 (t. I, p
4. Voyez notamment édit de Kiersy de 877, art. 9, 10, dans Pertz, Leg., t. I, p. 539.
5. Voyez des exemples pour l'Anjou dans d'Espinay, Les Cartul. angev., pp. 232, 233.
proprement dit, grand nombre de terres libres, de ces terres qu'on appelait des alleux, parce qu'elles étaient héréditaires de droit (a/, totus, integer. — od, bonum, possession), grand nombre de terres libres devinrent fiefs par voie d'assimilation. On doit admettre que les familles qui transformèrent ainsi la nature de leurs propriétés ne renoncèrent pas facilement aux usages tout à la fois germains et romains qui régissaient les successions : le partage égal ici était la loi : il est évident à priori que les cadets tendirent à ne pas se laisser dépouiller. Et voilà comment dans des documents fort anciens nous les voyons en possession d'un droit successoral plus ou moins important. Au xf siècle, toute une famille noble du Berry, deux frères, deux sœurs et leur mère possèdent en commun une église dépendant de l'abbaye de Saint-Sulpice de Bourges^ Les faits de ce genre abondent. Des textes champenois antérieurs^ aux ordonnances de 1212 et de 1224 nous parlent de successions féodales qui ont été ou qui seront divisées entre les enfants : et, à regarder de près, ces deux dernières ordonnances^, au lieu de restreindre le droit d'aînesse, comme on l'a dit, le favorisent plutôt et fixent, en sa faveur, une jurisprudence encore incertaine. Ce droit n'est établi en Bretagne qu'à la fin du xif siècle, en l'année 1185^. Quant à l'Anjou,
1. Trad. latine sors. — Cf. Zoeptl, Alterthwner des deiitsclien Reichs und Rechts (t. IT, p. 344); Zoepfl adopte une autre étymoiogie.