‹ Les établissements de Saint LouisChapitre 90 sur 404 · Et., I · texte numérisé non relu

Et., I

2. Tout en admettant pour l'époque tout à fait primitive ce fait contesté, suivant moi, à tort (voyez notamment Loi des Saxons, tit. XVIII, I dans Walter, Corpus, t. I, p. 389, etc., etc.), je ne prétends pas qu'il subsiste dans sa crudité, au ix^ siècle; mais il

consentement mutuel, et imagine cette combinaison d'idées propre à lui donner quelque satisfaction : « Sciscitandum est si vult, pater virginis quia caput mulieris vir. Requirenda est a pâtre voluntas virginum*... » On pourrait croire, à première vue, qu'à quatre siècles de distance les mœurs ne se sont pas modifiées, car la fille est toujours, dans la Coutume d'Anjou, donnée^ par son père. Assurément il y a beaucoup de vérité dans ce mot donnée, et aujourd'hui encore notre langue, par l'usage qu'elle en fait, peint bien l'état de nos mœurs : c'est toujours, comme au ix"" siècle, le père qu'on interroge et qui décide : « Quia caput mulieris vir. » Il ne faudrait cependant pas s'attacher trop exclusivement à ce mot donnée et supposer que la volonté personnelle de la jeune fille ne jouait, au xiii^ siècle, absolument aucun rôle : notre Coutume prévoit quelque part ^ l'hypothèse d'un projet de mariage rompu par la volonté de la fiancée.

Les familles nobles ont une haute idée de la vertu de la femme : toute fille qui manque à son devoir perd ses droits successoraux'^. Les lois barbares reflètent le même respect de la femme et lui imposent la même sévérité de mœurs ^. Plusieurs textes Scandinaves vont plus loin que la Coutume d'Anjou et privent de tous ses droits successoraux^ la fille

laisse, à cette époque, des traces très remarquables. Le texte que je signale est peut-être un des plus piquants.

\. Pseudo-capit. de Benoît le Lévite, liv. III, art. 455 dans Pertz, Leg., t. II, pars II, p. 131.

2. « Je vos doing ceste damoisele et tant de ma terre » {Et., I, 119). Joignez Et., I, 63 : les négociations pour le mariage d'une fille noble orpheline de père y sont décrites : la fille ne joue aucun rôle. Tout se passe au-dessus d'elle.

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