‹ Les établissements de Saint LouisChapitre 98 sur 404 · Veuvage de la ynère · texte numérisé non relu

Veuvage de la ynère

La mère noble devenue veuve n'acquiert pas toujours, par la mort de son mari, les droits qui lui manquaient pendant le mariage. Pour peu qu'elle ait un fils, elle n'a pas la libre disposition de ses propres biens : elle n'en est que bail, dit la Coutume d'Anjou ^ : déjà sa fortune appartient quasi à ses enfants. Ce chapitre de la Coutume respire évidemment le même esprit que les textes barbares qui placent la mère veuve sous la tutelle de son fils^. Au commencement du XI*" siècle, cette tutelle du fils est encore expressément mentionnée dans un texte breton^.

Ce principe de notre Coutume : « Dame n'est que bail de « son héritage, puis qu'ele a oir malle, ne ele ne puet doner, « ne changier pour quoi ce soit à l'amenuisemant de l'oir » ne pourrait-il pas servir à expliquer un fait que relate une charte angevine aujourd'hui détruite, mais dont nous possédons une analyse du xvii« siècle?

Un nommé Renaud Charpentier, soutenu dans cette reven-

1. Cf. Dig., XXIV, I (surtout loi 9, § 2). Voyez toutefois l'observation très juste de M. Laboulaye, p. 282.

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