‹ Les étapes d'un livreChapitre 1 sur 101 · FKAGMENT DE RITUEL FUNERAIRE SUR PAPYRUS · texte numérisé non relu

FKAGMENT DE RITUEL FUNERAIRE SUR PAPYRUS

LT NE histoire générale des Arts du Livre, telle que nous nous j proposons de la retracer dans cet ouvrage, doit commencer nécessairementpar une histoire du papier. C'est, en effet, cette industrie qui a fourni à la pensée humaine comme son soutien et son support, et qui a permis de donner à la découverte de l'imprimerie, ainsi qu'aux arts graphiques qui en dérivent, toute une série d'applications pratiques.

Quelle est donc l'histoire de cette industrie? Comment fabriquet-on le papier? Vous êtes-vous jamais demandé d'où venait et comment on obtenait ces feuilles sur lesquelles vous écrivez vos lettres, rédigez vos devoirs, et qui, lorsqu'elles sont imprimées, représentent pour vous le pénible labeur d'une leçon à apprendre ou la distraction d'une lecture à faire?

C'est à vous raconter cette histoire que sera consacré le premier chapitre de ce volume.

L'histoire du papier remonte au plus lointain des âges. Le procédé de fabrication le plus ancien paraît être celui que pratiquent encore, à l'heure actuelle, les peuples de l'Asie, et qui repose sur la transformation en bandes maniables des feuilles de certains palmiers, capables de recevoir une écriture à la pointe. Ce procédé se retrouve encore aujourd'hui dans les livres venant de Cochinchine et de l'Inde. Leurs feuilles ont été préparées de la même manière qu'on les eût fabriquées voici deux eu trois mille ans. Et si, voyageant de nos jours à Ceylan, vous visitez une pagode, un Hindou vous offrira sur le seuil, pour quelque menue monnaie, un livre de prières fait de feuilles tressées et attachées ensemble, couvertes de fins caractères noirs, et en tout point semblable aux vieux livres sacrés.

Comment obtient-on ces feuilles?

Les Asiatiques choisissent des feuilles de palmier aussi parfaites que possible ; puis ils les trempent dans l'eau bouillante pour les amollir, les aplanir, et les préserver de la corruption; et, tout humides encore, ils les frottent et les assouplissent à l'aide d'un bâton arrondi. Ce travail achevé, ils mettent les feuilles sous presse et les laissent sécher; puis on les sort raffermies, mais toujours souples et polies, prêtes à recevoir l'écriture. Celle-ci se dessine au moyen d'une aiguille qui permet de tracer des caractères d'une netteté incomparable. A voir ces feuilles, vous croiriez un dessin, délié, menu, et pourtant d'une clarté parfaite.

C'est de cette manière que les anciennes légendes et les contes de l'Asie nous ont été transmis'.

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