Cf. Aimé Girard, Le papier. Ses ancêtres. Son histoire
sur la terre des Pharaons; plus récemment, après les fouille;? de Pompéi et d'IIercalanum, c'est le papyrus qui nous a révélé les œuvres des écrivains les plus parfaits de la Grèce et de Home.
Comment fabriquait-on le papyrus?
La matière première était représentée par une plante semi-aqua-
tique connue sous le nom scientifique de Cyperus papi/rus, et sous la dénomination vulgaire de souchet à papier.
Celle plante, nommée bihlos par les Grecs, est une espèce de roseau de la famille des Cypéracées. Elle croît dans les marais d'Egypte, de l'Abyssinie, de la Syrie, de la Sicile et de la Calabre. Sa racine est un rhizome féculent dont les anciens Egypliens se nourrissaient et sa tige est formée par une hampe triangulaire, haute de 2 mètres à 2 m. 50 environ, qui se termine par une large et élé-
gante ombelle. C'est avec la tige du papyrus que les anciens fabriquaient leur papier.
On commençait par fendre cette tige dans sa longueur, puis on enlevait ensuite des bandes de papier aussi minces et aussi larges que possible. Les latins nommaient ces bandes : j)1nlyrae . Les feuilles les plus recherchées étaient celles qui étaient détachées les premières de la tige, à l'intérieur de chaque section. C'étaient donc celles qui formaient le centre de la plante, les autres diminuant de valeur à mesure que l'on se rapprochait de l'écorce. Ces deux premières sections étaient destinées au papier de première qualité, les secondes formaient le papier de seconde qualité, et ainsi de suite.
Tout d'abord, cette première qualité de papyrus reçut le nom de hiératique ou sacrée, parce qu'elle était destinée aux livres saints. Plus tard, l'adulation et la flatterie s'y mêlant, on lui donna le nom de papyrus auguste ou royal. Le papier de seconde qualité fut appelé pour la même raison papier livien, du nom de Livie, femme de l'empereur Auguste, et le nom de hiératique ne fut plus accordé qu'au papier de troisième qualité. Quant à celui de quatrième qualité, il était connu sous le nom à' am'phithéàtrique. parce qu'il était fabriqué à Alexandrie, dans le quartier de l'amphithéâtre. Le grammairien Fannius, ayant réussi à l'améliorer, en étendant un peu sa largeur et en polissant sa surface, parvint par ce moyen à faire de èe dernier papyrus un produit de première qualité, si bien qu'il put riA'aliser avec l'auguste, et le supplanter même, en raison de son meilleur marché. Cependant, quand le papier n'avait pas subi cette préparation spéciale, il conservait alors le nom d'amphithéâtrique.
11 existait encore trois variétés de papyrus. Celui qui croissait en abondance en Egypte, dans les marais, autour de la ville de Sais, sur le delta du Nil, était de qualité inférieure et formait le papier de cinquième qualité, ou saïtique. La sixième était représentée par le papier ténéotique, du nom d'un quartier d'Alexandrie. On le vendait au poids. Quant au papier emporélique, de dernière qualité, il ne pouvait être employé pour l'écriture, et n'était utilisé que pour envelopper les autres papiers, ou emballer les marchandises'.
d. Cf. H. Géraud, Essai sur les livres dans iantiquilé; Daremberg, Sagllo et Pottier, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines ; Maspero, Histoire de VÉgypte; Aimé Girard, op. cit.