LES ATELIERS
Nous pouvons jeter à présent un coup d'oeil sur l'atelier où éciivaient ces patients artisans.
C'est le plus souvent dans le coin le plus retiré du couvent, loin du bruit et de l'animation de la vie humaine. C'est une grande salle, nommée scriptorium (écritoire). Le scriptorium est entouré de rayons, de bibliothèques, où sont rangés les manuscrits. De plus, ce n'était pas une salle ordinaire. Elle aA^ait été inaugurée et bénie par l'abbé. M. du Cange a conservé le texte d'une de ces bénédictions. « Daignez bénir. Seigneur, le scriptorium de vos serviteurs et tous ceux qui s'}^ trouvent, afin que tous les passages des livres saints qu'ils pourront lire ou écrire pénètrent dans leur intelligence, et qu'ils mènent leur tâche à bonne fin. » Et quel silence dans le scriptorium! Pas un mot, si ce n'est la prière que devaient murmurer les copistes avant de commencer leurs travaux. Ne pénétraient dans ce sanctuaire que l'abbé, le prieur, le sous-prieur, l'armarius ou bibliothécaire et lés copistes. C'était dans l'intervalle des pratiques de piété, que les moines écrivains travaillaient ciu scriptorium, et souvent pendant la nuit. Après la prière, ils vont s'installer sur leur banc sans dossier, devant des tables ou des pupitres à pieds. Comme on le voit, c'était loin d'être confortable, et plus d'un clerc dut souffrir de courbature, le manuscrit achevé. On raconte que le vieux Martin de Saint-Léon, qui travaillait à quelque long ouvrage, se faisait soutenir le corps et les bras par des cordes fixées à la voûte.
Pour les laïques, qui écrivent pour les princes, sera réservé beaucoup plus tard, un fauteuil confortable, avec tout ce qu'il faut pour écrire.
Mais les moines n'étaient-ils pas encore mieux installés sur leur escabeau que le pauvre scribe antique qui devait s'accroupir à terre, poser son papyrus ou son parchemin sur ses genoux, et écrire? C'est d'ailleurs la posture du fameux scribe accroupi de la salle
égyptienne au Louvre. Pour revenir au clerc écrivain, le voilà muni de sa plume de roseau et de son grattoir. Devant lui est une feuille de parchemin fixée par un fil à plomb. L'armarius lui indique la besogne du jour : tel manuscrit à recopier. Parfois même, l'armarius dicte le môme texte à plusieurs copistes, et ainsi, on obtient plusieurs manuscrits en même temps. Quand il s'agit d'un travail delongue haleine, la copie est distribuée entre plusieurs clercs. Voilà le manuscrit achevé. Ce travail a duré pendant des mois.
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CAHACTÈREs GOTHIQUES (Bible de Gutenberg).
des ans parfois. Le clerc, alors, s'il lui convient, révèle à la dernière page la date d'achèvement, et son propre nom. C'est ce qu'on appelle Vexplicit, abréviation de l'ancienne locution employée pour les volumens : explicitus est liber. Il est regrettable, toutefois, que la modestie des clercs ait laissé bien des manuscrits sans nom d'auteur. « Mais la modestie, écrit M. Lecoy de la Marche, n'arrête pas sous la plume de notre copiste, l'expression du plaisir qu'il éprouve en touchant au but, ni la plainte amère que lui inspire le souvenir des fatigues endurées. Sa joie déborde en prose et en vers, en distiques, en acrostiches, en plaisanteries plus ou moins originales. Il dissimule son nom sous le voile transparent de l'énigme; il écrit sa souscription en caractères grecs ; enfin il s'amuse et il l'a
certes bien gagné. Ses lamentations sont parfois presque aussi divertissantes que les naïfs témoignages de son bonheur. « Ami lecteur, dit un religieux de Corbie, en terminant la transcription d'un traité de Pascase liadbert, retiens tes doigts, prends garde d'altérer l'écrilure de ces pages, car l'homme qui n'exerce pas la calligraphie, ne soupçonne pas le mal que nous nous donnons. Autant le port est doux au navigateur, autant la dernière ligne est douce à l'écrivain. Trois de ses doigts tiennent le roseau, mais son corps
tarcm*Nam oan d mcof noffef motef^d illius natutâ S ignotares-n dubitabâ gd de boc fafto meo iudicaturus effcs^ Non tgit haf ad te fcnbo Iraf ^quo nouam tibi de rcbuf a me gcfttf opimoncm facia/fcd tit fi quando aliter homïcf noftcof de me lettre intelligcs' tu g probe caufam mea noftiidcfenCiGne mcS fufcipiaf ♦Haec fi fe/ cens* nibil cft quo ulterius offidum tu/ ton rcquitam* Valc ;