L'ANTIQUITÉ
LES volumina et les codices en papyrus, à cause de leur fragilité, ne permettaient que quelques peintures tracées légèrement au pinceau. On cite les Hebdomades de Varron, ornées par l'artiste grecque Lola de Cyzique. Les codices sur parchemin étaient au contraire fort faciles à orner. On commença à colorer leurs feuillets en jaune safran; puis, pour les livres de grand luxe, on teignit le parchemin en pourpre. Mais, comme l'encre noire aurait été peu distincte sur ce ton, l'on se servait, en ce cas. d'encre d'or et d'argent. Un évangile en lettres d'or fut ainsi donné par Constantin à Nicolas de j>J3're.
iMalheureusement, avec le temps, ces deux espèces d'encres se ternirent et noircirent.
Nous pouvons citer encore l'emploi de l'encre de cinabre pour les titres, et mentionner, à cet égard, le Tite-Liie de Vienne et le Virgile de Florence.
A ce luxe des encres, les Anciens joignirent le luxe de la peinture pour les manuscrits. Fort peu de ces œuvres sont parvenues jusqu'à nous, el encore sont-elles de la décadence. Citons la Genèse grecque de Vienne, et le Virgile du Vatican. Ce dernier renferme encore cinquante peintures et devait en contenir au moins deux cent cinquante. Elles sont de dimensions variables. Tantôt elles occupent une page entière, tantôt le haut, et parfois elles sont intercalées dans le texte. Encadrées de deux filets, l'un rouge et l'autre noir, elles portent des fleurons blancs à leurs coins. Les peintures sont de trois artistes différents. Nous pouvons mentionner encore, quoiqu'ils soient postérieurs de deux ou trois siècles, le Térence de la Bibliothèque Nationale, qui ne renferme que des dessins médiocres, à la plume, de personnages comiques avec des masques.