ÉPOQUE MÉROVINGIENNE
Au v' siècle, les invasions barbares détruisirent l'Empire romain, et, par contre-coup, ruinèrent les arts et les sciences. Les vaincus n'eurent plus le loisir de s'occuper d'art ou de cultiver leur esprit. Les écoles se fermèrent. Cependant, les Germains envahis-
seurs avaient un art national, avec des goûts bien différents des traditions grecques ou latines. Il y eut donc conflit entre l'art germain et l'art gréco-latin. Et l'histoire du manuscrit, de l'an 400 à l'an 500, montre le heurt de ces deux traditions. On y voit également l'invasion progressive de l'art germanique, mais tempérée par l'influence subsistante de la tradition latine. L'art carolingien va sortir de là. Dans l'ornementation des manuscrits mérovingiens, il nous faudra
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INITIALES MEROVINGIENNES.
donc reconnaître deux écoles, ou plutôt deux tendances : la première, qui est celle de l'art romain dégénéré; la seconde, qui, dans le choix des ornements et des couleurs, n'obéit pas aux règles classiques.
La première est plus sobre, elle a plus de tenue. Elle présente quelques lettres de couleur, des feuilles de lierre, des lettres capitales, des lignes en vermillon ayant l'aspect de cordes ou de tresses. On employait encore le parchemin pourpré, l'encre d'or et d'argent. En somme, c'était le même genre d'ornementation que dans les manuscrits antiques. Tel est le Prudence de la Bibliothèque Nationale, écrit en capitales élégantes et régulières. Les vers du poète latin sont
transcrits au milieu d'une large page blanche. Les titres sont en rubriques.
Le plus célèbre de tous est le Pentateuque de Tours. Il date vraisemblablement du VI" ou du VII* siècle. Les peintures sont au nombre de dix-neuf; elles sont de l'école romaine dégénérée. Elles présentent des fonds d'une seule couleur, rouge, bleue, verte. Quant aux cos-
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