‹ Les étapes d'un livreChapitre 37 sur 101 · Lecoy de la Marche et A. Molinier, op. cit · texte numérisé non relu

Lecoy de la Marche et A. Molinier, op. cit

tialesse composent de rinceaux de couleur. On en rencontre souvent au XIV' siècle, sur un fond d'or, dans un encadrement de filets en couleurs claires, avec des rinceaux de vigne, bleus, roses, ou blancs.

Quant à la peinture, sa tendance est vers le réalisme. Il y a encore un peu de gaucherie chez les premiers artistes du xiv"^ siècle, qui s'attachent surtout à reproduire les costumes et les objets de leur époque, plus que les traits ou les expressions de personnages. Le nu n'est pas encore traité avec une grande sûreté, mais les miniaturistes cherchent à varier leurs types, à les draper, à marier le jeu des ombres et des lumières. C'est un progrès. Un autre perfectionnement se manifeste aussi dans l'apparition du portrait. Nous connaissons de cette manière ceux de Charles V et celui de Jean de Berry, par André Beauneveu, dans Les Heures de Bruxelles.

A la fin du XIV' siècle, on commence à établir une distinction entre les écoles de peinture qui resplendirent pendant toute la Renaissance. On peut ramener ces écoles à quatre : les écoles française, italienne, allemande et flamande. L'école française a été la première formée; elle est dans tout son éclat vers 1350. Les miniaturistes parisiens sont réputés en Angleterre, en Italie et en Flandre ; on vient leur acheter de beaux manuscrits. La caractéristique de cette école est le bon goût, la délicatesse des couleurs et la gaucherie du dessin.

Quant aux peintres italiens, élèves de Giotto ou de l'école de Vienne, ils semblent rechercher davantage l'idéal. Leur dessin est plus correct, mais souvent banal. En s'mspirant de l'antique, ils paraissent avoir plus de science que les Français. Leur couleur est cependant moins belle. Ce qu'ils ont de préférable, c'est leur grisaille avec rehauts de bistre et de vert. Quant à l'école allemande elle est inférieure. Ses miniatures restent toujours hiératiques et convenues. Les dessins sont incorrects et la couleur est fade.

La plus florissante et la plus féconde de ces écoles fut l'école flamande. Les tendances réalistes de son art se manifestent plus qu'en France ou en Italie parce que les artistes, n'ayant pas de modèles antiques sous les yeux, se tournent vers l'imitation directe de la nature. L'influence des artistes de Flandre et de Hainaut s'exercera en France et en Allemagne pendant deux siècles. Elle pénétrera en Italie et en Espagne, et les historiens attribueront à son action

le merveilleux essor de l'art vénitien, lombard et ferrarais du xv^ siècle *.

On a dit souvent que beaucoup des manuscrits appartenant à Charles V et à Jean de Berry étaient de taille moyenne. On ne pourrait cependant généraliser et pousser à l'extrême cette affirmation. Les grands exemplaires luxueux, rédigés souvent sur trois colonnes, étaient très recherchés au xiv* siècle. Tels sont Le Miroir historial, de l'Arsenal, exécuté pour le roi Jean; le Tile-Live de Charles V,

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