LA FIN DU MANUSCRIT
AVEC l'invention de l'imprimerie, c'en était fait des manuscrits et de la miniature. Mais le goût des amateurs pour ce genre de travaux demeura si vivace qu'il mit près de trois siècles avant de disparaître. Pendant longtemps encore des lettrés et des amateurs trouveront plus de charme dans la possession d'un manuscrit que dans celle d'un livre bien imprimé. Et les bibliophiles les rechercheront chaque jour davantage. On enluminera jusqu'à la fin du xviii* siècle. En outre, beaucoup de princes, de nobles, de bourgeois préféreront avoir leurs livres de prières ou de messe en manuscrits ornés de miniatures.
Celles-ci, durant ces trois siècles, subiront une profonde évolution. Elles deviendront correctes, mais perdront de leur originalité. Les miniaturistes ne cherchent qu'à imiter les peintres en renom. Au xvi' siècle, on remarque la lutte du vieil art français avec l'art italien, nouvellement venu. Dans certains manuscrits comme le Josèphe de la Mazarine, les deux arts se mélangent. L'écriture et les initiales sont italiennes, les miniatures sont françaises, les encadrements tantôt d'un genre, tantôt de l'autre. Parmi les livres de style français, l'on peut remarquer à la Bibliothèque Nationale les Chants royaux, ainsi que deux manuscrits venant de Louise de Savoie, les Échecs amoureux et Le Livre des Nobles dames, de Boccace. Citons encore Le Livre d^ Heures de Claude de Lorraine, avec cinq gouaches fort belles : un Recueil d'emblèmes à l'Arsenal : les Recueils d'armoiries des chevaliers du Saint-Esprit, faits pour Henri III.
Comme fort beaux manuscrits, on remarque encore les œuvres de Godefroy. Nous en connaissons quatre volumes |datant de 1519 et 1520 : les Dialogues de François I" et de César, qui forment trois volumes, à la Bibliothèque nationale, à Chantillv et au Musée Bri-