HENRI IV
Sous ce règne, l'ornement de haut luxe est encore à la fanfare. Les volumes de richesse moyenne ne portent plus d'entrelacs, mais des branchages dont les feuilles se réduisent peu à peu.
On remarque aussi des reliures composées de couronnes de branchages. Au centre des couronnes est dessinée une fleur de lys, un chiffre ou un emblème. Au milieu du plat est une couronne plus grande entourant le monogramme.
A la même époque apparaissent les frises entourant les reliures, et formées de tortillons renaissant les uns des autres. Dans la suite les frises se construisent avec des petites branches; et l'on voit encore apparaître les petits vases. Pendant les premières années du XVII* siècle, ils serviront de fleurons aux dos des livres.
Le relieur le plus célèbre du temps paraît avoir été Clovis Eve, relieur du Uoy, qui exerça sa profession sous Henri IV et sous Louis XIII. On sait par un volume paru en 1596 : Le Thrésor des Prières, portant sa rubrique : « A Paris, pour Clovis Eve, relieur ordinaire du Roy, au Mont Saint-Hylaire » qu'il travaillait déjà à cette date. Il mourut vers la fin de 1634 ou au commencement de 1635.
Nous avons déjà parlé de la bibliothèque de la reine Margot. Citons encore celle d'Antoinette de Vendôme, tante d'Henri IV, avec ses chiffres AV enlacés et les deux X). de Lorraine alternant avec des fleurettes.
Mais le plus célèbre de tous les amateurs de livres de cette fin de siècle semble avoir été Jacques-Auguste de Thou. Il habillait ses volumes de maroquin rouge, maroquin vert, maroquin citron, celui-ci surtout pour les livres traitant des sciences e.xactes, veau
fauve avec filets d'or, malgré la difficulté de ce travail sur le vélin, et même dorait sur tranches ses livres ainsi vêtus.
A la fin du xvr siècle, florissait un bibliophile dont on retrouve encore quelquefois les livres avec la devise Virlus in ardiio. Ce collectionneur, qui marcha sur les traces de Grolier et de Maioli en faisant relier ses volumes avec grand soin, a pour nom Marc Laurin de Bruges'.